Le 18 juin 1940

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance un appel à la poursuite du combat qui préfigure le combat de la France Libre puis Combattante.

Dès le 18 juin 1941, l’anniversaire de l’Appel donne lieu à une célébration durant laquelle le Général prononce au Caire, devant le Comité national français d’Egypte, un discours diffusé par la BBC. Le même jour, à Londres, se tient au Cambridge Theatre une « manifestation pour commémorer le premier appel du Général de Gaulle : la France a perdu une bataille, mais elle n’a pas perdu la guerre » organisée par l’Association des Français de Grande-Bretagne.

Le 18 juin 1942, le général de Gaulle prononce un grand discours lors d’un rassemblement des Français de Grande-Bretagne à l’Albert Hall de Londres.

Le 18 juin 1943, le Général est à Alger, où il vient de constituer avec Giraud le Comité français de Libération nationale. Dans ce contexte, il va déposer une gerbe au monument aux morts et prononce un discours « à l’occasion du troisième anniversaire du mouvement de la France Libre » à travers lequel il rappelle l’antériorité de l’Appel. Puis il inaugure le poste émetteur algérois de Radio-Brazzaville, voix de la France Libre depuis quatre ans, devenue station de puissance internationale. Le même jour, à l’Albert Hall de Londres, Pierre Brossolette et Pierre-Bloch prononcent des discours commémoratifs devant la foule des Français de Grande Bretagne.

Le 18 juin 1944, douze jours après le débarquement de Normandie et quatre jours seulement après sa visite à Bayeux, de Gaulle est de retour à Alger. Intervenant devant l’Assemblée consultative, il revient par deux fois sur le sens de l’acte fondateur du 18 juin et célèbre « le rassemblement national pour la guerre, pour la liberté et pour la grandeur que les Français ont commencé le 18 juin 1940 et qu’ensuite, pas à pas, ils ont poussé jusqu’à son terme ».

En 1945, le 18 juin, qui intervient quarante jours après la fin des hostilités en Europe, est l’occasion d’une immense célébration de deux jours qui n’a de comparaison qu’avec le défilé de la victoire de 1919. C’est d’ailleurs au lendemain de cette commémoration que sont jetées les bases de l’Association des Français libres, lors d’une assemblée à l’amphithéâtre de la Sorbonne.

Après son départ du pouvoir, le général de Gaulle amorce en 1946 un nouveau rituel. L’année précédente, il a signé un décret aux fins d’ériger sur le site du Mont Valérien un monument dédié aux « Morts pour la France » ; le 11 novembre 1945, quinze corps de Français Libres et de résistants ont été déposés dans une crypte transformée en caveau provisoire. Le 18 juin 1946, il va raviver la flamme devant cette crypte, comme il le fera désormais chaque année. De retour au pouvoir, il inaugure au Mont Valérien, le 18 juin 1960, le Mémorial de la France combattante, où sont transférés les corps des quinze martyrs et devant lequel, chaque année, est perpétuée depuis lors la commémoration de l’Appel.

De leur côté, les Français libres inaugurent, le 18 juin 1948, un monument destiné à commémorer le sacrifice des « volontaires des Forces françaises libres ». Le choix se porte alors sur un monument et un emplacement : la statue de la France réalisée dans l’entre-deux-guerres par Antoine Bourdelle, et le parvis du Musée d’Art moderne, où elle avait été exposée lors de l’exposition universelle de 1937.

En 2000, soixantième anniversaire de l’Appel, c’est tout naturellement cette date qui est choisie pour l’inauguration du Musée de la Deuxième guerre mondiale et du général de Gaulle à l’Hôtel national des Invalides, ainsi que pour la sublimation de l’Association des Français libres. Si la statue du général de Gaulle sur les Champs-Elysées, réalisée par Jean Cardot, n’a pu être inaugurée le même jour, pour des raisons techniques, mais le 9 novembre, pour le trentième anniversaire de la disparition de l’« Homme du 18 Juin », elle n’en est pas moins devenue un lieu de commémoration, tous les 18 juin, pour les Français libres.

Depuis le décret du 10 mars 2006, le 18 juin est célébré dans l’ensemble de la France en tant que « journée nationale commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi ».