André Weil-Curiel

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Il était bien seul le général de Gaulle lorsqu’il reçut dans un modeste appartement de Seymour Groves, Curzon Street à Londres, le 19 juin 1940 à midi, André Weil-Curiel. Un des premiers volontaires venait répondre à l’appel qu’il avait lancé la veille sur les ondes de la BBC.
C’était une recrue d’importance. Avocat au Barreau de Paris, ancien secrétaire de la prestigieuse conférence du stage, agent de liaison auprès du corps expéditionnaire britannique pendant la bataille des Flandres, il était tout désigné pour diriger la propagande dans les camps Arrow Park et Trentham où, par dizaines de milliers, étaient regroupés les Français, soldats et aviateurs, rescapés de Dunkerque ou retour de Narvik.
Mission difficile, mission impossible.
Les hommes assommés par la débâcle, désorientés par la personnalité du maréchal Pétain, généralement recrus de fatigue, à bout de forces et de nerfs, n’aspiraient qu’à rentrer dans leurs foyers. Les ralliements furent rares, quelques centaines à peine. Il fallait faire porter l’effort ailleurs.
André Weil-Curiel, avec l’assentiment du Général, regagne la France dans un contingent de rapatriés. À Vichy d’abord, en zone occupée ensuite, il prend des contacts, organise la distribution de tracts ronéotypés pour tenter de réveiller une opinion publique assoupie ou résignée. Il prend l’initiative de gestes symboliques. Le 14 juillet 1940 il dépose nuitamment une gerbe au pied de la statue de Clemenceau.
Le 11 novembre suivant il est l’un des animateurs de la grande manifestation patriotique sur les Champs-Élysées.
Avec le recul on mesure combien son entreprise était courageuse, sinon téméraire. Au Palais, malgré son jeune âge, il a tout juste 30 ans, sa notoriété est déjà affirmée. Ses nombreuses relations familiales, professionnelles et politiques – il avait participé aux campagnes électorales d’avant-guerre – allaient faciliter ses démarches mais dangereusement compliquer sa tâche quand il sera traqué par la police allemande et par celle de Vichy.
Dénoncé par un agent double il est bientôt arrêté par la Gestapo et emprisonné dans l’isolement le plus complet rue des Saussaies. À vrai dire, son dossier est mince. Aucune preuve n’a été apportée contre lui. Il parvient même à intoxiquer ses geôliers en rappelant, par touches légères, qu’il avait milité naguère en faveur du rapprochement franco-allemand, se gardant bien d’ajouter que c’était sous la République de Weimar.
Finalement relâché, il commence une « longue marche » pour retrouver l’Angleterre et reprendre sa place au combat.
Aventure picaresque si elle ne se déroulait sur un fond tragique. Il tente d’embarquer en Bretagne sur un bateau de pêche : échec ; il essaie une filière espagnole : il est reconduit en France par la Garde civile ; reste l’évasion sur un cargo de la Croix Rouge à Sète ; se débat durant des mois dans une immense toile d’araignée, de Toulouse à Cannes, de Paris à Vichy, de Clermont à Perpignan. Enfin, presque miraculeusement, il traverse les Pyrénées et, via Gibraltar, regagne Londres où Churchill disait qu’il ne promettait « rien sinon de la sueur, du sang et des larmes ». Car la guerre continue. Il demande obstinément à servir sur un théâtre d’opérations exposées. L’occasion se présente bientôt et il partira comme adjoint de l’amiral Thierry d’Argenlieu, représentant de la France Libre dans le Pacifique où, parfait bilingue, il fera apprécier son entregent et son inlassable activité, aussi bien en Australie qu’en Nouvelle-Zélande et en Polynésie.
À la fin des hostilités, il reprend tout naturellement son cabinet et entre au conseil municipal de Paris où il accède à la vice-présidence, mais il n’oubliera jamais sa vocation et contribuera, par la parole et par la plume, à maintenir vivantes les grandes idées du général de Gaulle sur la justice sociale par la participation des salariés aux responsabilités et aux fruits de l’entreprise.
Il était officier de la Légion d’honneur, décoré de la croix de guerre et de la médaille des Évadés.
Le 11 janvier dernier, à 5 heures du matin, le cœur d’André Weil-Curiel a cessé de battre.
Ses amis en éprouvent un grand chagrin.

Edmond Nessler
Compagnon de la Libération

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 262, 2e trimestre 1988.

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