Leclerc au Cameroun et au Gabon (septembre-novembre 1940)

Leclerc au Cameroun et au Gabon (septembre-novembre 1940)

Leclerc au Cameroun et au Gabon (septembre-novembre 1940)

Le 25 juillet 1940, à Londres, le capitaine Philippe de Hauteclocque, évadé de France par l’Espagne, se présente à de Gaulle (sous le pseudonyme de « Leclerc » afin de ne pas compromettre sa femme et ses enfants restés en France). De Gaulle le nomme aussitôt chef d’escadron (commandant) et décide de l’envoyer à Lagos (Nigeria) pour y préparer le ralliement de l’Afrique équatoriale française, en compagnie de trois autres envoyés spéciaux :1_1_3_1_b_image_1 René Pleven, André Parant et Claude Hettier de Boislambert. La mission dont est chargé le commandant Leclerc consiste à rallier le Cameroun à la France Libre. Il débarque à Douala dans la nuit du 26 au 27 août, avec 22 compagnons et prend immédiatement contact avec le commandant Louis Dio, qui arrive de Fort-Lamy à la tête d’un détachement du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Le 29 août, les autorités fidèles à Vichy s’effacent ; Leclerc prend le commandement militaire du territoire. De Gaulle le nomme colonel et commissaire général du Cameroun. Il y accueillera de Gaulle le 8 octobre, après l’échec de la tentative de ralliement du Sénégal.

1_1_3_1_map1C’est à Douala – dont la population a réservé au chef de la France un accueil enthousiaste – que de Gaulle met au point avec le général de Larminat, haut commissaire pour l’Afrique équatoriale, et le colonel Leclerc un plan d’action fondé sur une offensive directe contre la Libye sous domination italienne : « Mon intention, expliquera de Gaulle, était d’établir aux confins du Tchad et de la Libye, un théâtre d’opérations sahariennes, en attendant qu’un jour l’évolution des événements permît à une colonne française de s’emparer du Fezzan* et d’en déboucher sur la Méditerranée. » (Mémoires de guerre) Pour cela, il fallait préalablement contrôler l’ensemble de l’AEF. Les « Trois Glorieuses » d’août avaient permis de rallier quatre territoires (Tchad, Cameroun, Congo, Oubangui-Chari) ; seul le Gabon résistait encore.

Une première tentative, commandée par Dio, échoue ; une seconde tentative, déclenchée le 27 octobre sous le commandement de Leclerc, assisté du capitaine Kœnig, est couronnée de succès (9 novembre 1940). Le commandant Parant, avec une douzaine d’hommes, occupe en quelques jours plusieurs postes, puis, regroupant sous ses ordres les colonnes venant du Moyen-Congo, contraint Libreville à capituler. Nommé par la suite gouverneur du Gabon, il devait mourir à la suite d’un accident d’avion en 1941 et être fait compagnon de la Libération à titre posthume le 13 mai 1941. « Au total, si notre entreprise africaine n’avait pas atteint tous les buts qu’elle avait visés**, du moins la base de notre effort de guerre était-elle solidement établie, du Sahara au Congo et de l’Atlantique au bassin du Nil. » (Mémoires de guerre)

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* Le Fezzan est la région saharienne du Sud-Ouest de la Libye ; sa superficie est égale à celle de la France. Les troupes italiennes l’avaient occupée dès 1913 et, depuis, y tenaient solidement garnison, notamment dans les trois grandes agglomérations de Ghadamès, Mourzouk et Sebha.
** Allusion à l’échec de la tentative de rallier l’Afrique occidentale française.

> Suite : La « Colonne du Tchad » s’empare de Koufra et du Fezzan (décembre 1940-janvier 1943)

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