| Après la défaite militaire
et l’armistice du 22 juin, seule une poignée
de volontaires décident de rester en Angleterre
; ils seront rejoints par quelques centaines d’évadés
de France par des moyens de fortune (barques ou derniers
bateaux quittant le continent, avions…). «Ils venaient un à un, individuellement, personnellement», écrira l’un d’eux, l’aviateur
et futur écrivain Romain Gary. Beaucoup arrivaient
par petits groupes, mais cela ne faisait pas encore une
armée – ni même une «légion», selon le mot employé au cours des premières
semaines pour qualifier la petite troupe venue se ranger
sous la bannière de De Gaulle.
Les premières unités à rallier
sont :
- en Angleterre, une partie de la 13e demi-brigade de
Légion étrangère (13e DBLE),
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| Le général
Pierre Koenig. |
commandés par le lieutenant-colonel Raoul Magrin Vernerey
(le futur général Monclar) et par son adjoint,
le capitaine Pierre Kœnig (900 hommes environ) et
une partie du 6e bataillon de chasseurs alpins (230 hommes)
; ces troupes ont participé à la campagne
de Norvège et aux combats de Narvik (avril 1940).
Il faut y ajouter des éléments d’une
compagnie de chars de combat, des sapeurs, des artilleurs
et près de 200 marins, qui constitueront le bataillon
de fusiliers marins mis à la disposition des forces
terrestres, commandés par le lieutenant de vaisseau
Robert Détroyat. En tout, environ 1300 hommes,
qui viennent tous de Norvège, où ils ont
participé aux opérations contre les troupes
allemandes.
- au Moyen-Orient, une compagnie du régiment d’infanterie
coloniale qui se trouve au Liban, sous le commandement
du capitaine Raphaël Folliot (120 hommes), et une
compagnie d’un régiment d’infanterie
coloniale cantonné à Chypre (350 hommes),
sous le commandement du capitaine Jean Lorotte. Constitués
en
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| Ismailia 28 juin
1940 : l'escadron Jourdier du 1er Régiment
de Spahis Marocains rejoint la France Libre. Au
centre le brigadier Brahim. |
«bataillon d’infanterie de marine»
(1er BIM), Lorotte et les «chypriotes» se
rallient immédiatement à de Gaulle ; à
la fin de juillet 1940, ils débarquent en Egypte,
où ils seront rejoints par la compagnie Folliot,
ainsi que par des légionnaires espagnols du 6e
régiment étranger d’infanterie, des
marins de l’escadre française d’Alexandrie
(parmi lesquels le lieutenant de vaisseau Honoré
d’Estienne d’Orves) et un escadron à
cheval du 1er régiment de spahis marocains, commandés
par le capitaine Jourdier.
- en Afrique Noire, les cinq régiments de marche
des territoires de l’Afrique équatoriale
française qui rallient la France Libre à
la suite des «Trois Glorieuses» (26, 27,
28 août 1940) : BM1 (Gabon), BM2 (Oubangui-Chari,
aujourd’hui : Centrafrique), BM3 (Tchad), BM4,
BM5 (Cameroun). Ils apportent aux premières FFL
le nombre qui manque encore : 16.500 hommes en tout
(mais il leur manque l’entraînement et l’armement).
Le 28 juin, de Gaulle annonce : «La France
Libre n’a pas fini de vivre. Nous le prouverons
par les armes.» Quinze jours plus tard, il constatera,
non sans optimisme : «Il existe déjà
sous mes ordres une force militaire appréciable
(…). Français, sachez-le, vous avez encore
une armée de combat.» Le 14 juillet 1940,
à Londres, il passe en revue les premières
troupes dont il dispose en Angleterre : 1500 hommes
en tout, mais c’est un début. À
la fin de juillet, l’ensemble des FFL est estimé
à 7.000 hommes – en majorité des
jeunes qu’il faut encadrer, former, orienter,
armer. Depuis le début du mois, de Gaulle a fait
placarder une affiche qui proclame : «La France
a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas
perdu la guerre !» Le 31 août, il s’embarque
à Liverpool pour Dakar, en compagnie d’un
corps expéditionnaire qui sera le noyau de la
future 1re division française libre (1re DFL)
; l’objectif de cette opération conjointe
franco-britannique (baptisée Menace) est de rallier
par la persuasion l’Afrique occidentale française
à la France Libre. C’est un échec
total.
En septembre 1940, deux nouveaux territoires rallient
la France Libre : Tahiti et la Nouvelle-Calédonie.
Ils fourniront un nouveau bataillon de volontaires (600
hommes), le bataillon du Pacifique, formé et
commandé par le commandant Félix Broche
(qui rejoindra le Moyen-Orient en juillet 1941).
Suite : Premiers combats
en Afrique orientale et au Moyen Orient (décembre
1940-juin 1942) |