Le BIM en Libye,
la BFO en Erythrée (décembre 1940-avril
1941)
Le 1er BIM est la première unité FFL à
combattre l’ennemi : il prend part à l’attaque
britannique contre les troupes italiennes de Sidi Barrani
(Libye), au début de décembre 1940 ; il
participe également à la prise des positions
de Sollum, Fort-Capuzzo et Bardia. Ces premières
campagnes sont plus symboliques que réellement
significatives, mais elles suffisent à renforcer
une conviction et une espérance : «Il
se trouve, déclare de Gaulle le 8 décembre,
que les événements présentent en
ce moment une occasion magnifique de faire rentrer la
force française non seulement dans la guerre
mais encore de plain-pied dans la victoire.»
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| Le général
de Larminat, commandant supérieur des Forces
françaises libres en Afrique équatoriale
française. |
Le 21 octobre, de Gaulle a nommé le général
de Larminat commandant supérieur des FFL en AEF
et au Cameroun et décidé la formation
d’une «Brigade française d’Orient» (BFO), sous les ordres du colonel Magrin Vernerey
(Monclar). Toutes les forces disponibles seront employées
en Erythrée (province nord-est de l’Ethiopie
sous domination italienne). Le gros de la BFO s’embarque
à Douala (Cameroun) pour le Soudan, où
elle retrouvera au début de février le
BM 3, venu directement du Tchad. À la mi-janvier,
de Gaulle envoie le général Paul Legentilhomme,
ex-commandant des troupes françaises de Djibouti,
à Khartoum pour prendre le commandement de l’ensemble
des FFL en Afrique orientale : elles se composent alors
de la 13e demi-brigade de Légion, du BIM, de
l’escadron Jourdier, du BM2 et du BM3.
Le 22 février, le BM3 du commandant Pierre Garbay
s’empare du fort italien de Kub-Kub. Dans les
premiers jours de mars, la BFO est rassemblée
au camp de Chelamet. Le 27 mars, après les combats
de l’Engiahat, la BFO entre à Keren ; le
30 mars, de Gaulle la passe en revue à Chelamet.
Les 7 et 8 avril, les troupes de Monclar prennent successivement
Montecullo, Fort-Umberto et surtout Massaouah, capitale
et principale base éthiopienne sur l’océan
Indien ; l’amiral italien est obligé de
se rendre au chef de la BFO. «Au total, de détachement
français avait fait, au combat, plus de 4000
prisonniers et reçu, à Massaoua, la reddition
de 10.000 autres.» (Mémoires
de guerre)
La 1re DLFL et la campagne de Syrie
(mai-août 1941)
Dès le 11 avril, de Gaulle annonce à Legentilhomme
qu’il a décidé de créer une
«division française libre» avec
toutes les unités présentes au Moyen-Orient,
chargée de combattre en Cyrénaïque
aux côtés des troupes britanniques. Il
est
 |
| Toutes
les nationalités présentes à
Bir Hakeim. |
également préoccupé par la situation
au Levant (Syrie et Liban), où les Allemands, qui
viennent de prendre Athènes, se préparent
à prendre pied, avec la complicité des autorités
françaises fidèles à Vichy (général
Dentz, haut commissaire ; général de Verdilhac,
commandant les troupes du Levant). À la fin d’avril,
il prépare avec le général Catroux,
haut commissaire de la France Libre au Moyen-Orient, l’opération
Georges, destinée
à rallier les deux territoires et à convaincre
l’armée du Levant (35.000 hommes) de rallier
la France Libre.
Le 17 mai, les troupes FFL se rassemblent au camp de Qastina
(Palestine) ; de Gaulle les passe en revue le 26 et ordonne
la mise sur pied de la 1re «division légère
française libre» (1re DLFL). L’intervention
franco-anglaise au Levant est déclenchée
le 8 juin, quelques jours après la signature des
«protocoles de Paris», par lesquels l’amiral
Darlan, alors chef du gouvernement de Vichy, concède
aux Allemands l’utilisation des bases navales et
aériennes françaises du Levant. La 1re DLFL
entre à Damas le 21 juin. Les affrontements franco-français
sont durs et meurtriers ; leur bilan est mitigé.
Certes les deux territoires échappent à
Vichy, mais 6.000 hommes seulement rejoignent les FFL
; en outre, le caractère fratricide de la campagne
laissera des traces.
La 1re BFL dans le désert libyen
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| Discussion avant
la bataille. |
La 1re DLFL est dissoute le 20 août. De Gaulle charge
Larminat, adjoint de Catroux, de mettre sur pied deux
nouvelles unités («divisions légères»
ou «brigades») : l’une destinée
à maintenir l’ordre au Levant, l’autre
à participer à l’effort de guerre
en Libye – l’ensemble de ces unités
étant baptisée «Force L» (comme
Larminat).
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| Bir Hakeim, une
bataille livrée dans un désert qui
n’offrait aucune protection. |
La 1re brigade française libre (1re BFL), commandée
par Larminat, avec Kœnig comme adjoint, fait mouvement
vers l’Egypte à la fin décembre 1941
; le 17 janvier, elle obtient la reddition de la garnison
allemande d’Halfaya (frontière égypto-libyenne).
Un mois plus tard, elle prend position à Bir Hakeim,
à 80 km au sud de Tobrouk. Durant un peu plus de
trois mois, elle va mener contre les forces ennemies une
guerre de course dans le désert libyen, faite de
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| Fanion de la
Légion étrangère en Libye (1942). |
missions de reconnaissance, de patrouilles et de coups
de main, qui va lui permettre de s’aguerrir. Au
début d’avril, Kœnig en devient officiellement
le chef – Larminat étant nommé
commandant en chef des Forces françaises dans le
Western Desert. Du 27 mai au 11 juin 1942, les hommes
de la 1re BFL vont tenir tête victorieusement à
l’Afrikakorps de Rommel.
Premiers ralliements : hommes, unites, territoires (été
1940)
Suite : La 1re DFL dans la campagne de Tunisie (février-mai
1943)
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