Le 25 juillet 1940, à Londres, le
capitaine Philippe de Hauteclocque, évadé
de France par l'Espagne, se présente à de
Gaulle (sous le pseudonyme de "Leclerc" afin
de ne pas compromettre sa femme et ses enfants restés
en France). De Gaulle le nomme aussitôt chef d'escadron
(commandant) et décide de l'envoyer à Lagos
(Nigeria) pour y préparer le ralliement de l'Afrique
équatoriale française, en compagnie de trois
autres envoyés spéciaux : René Pleven,
André Parant et
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| Le général
de Gaulle avec le colonel Leclerc à Douala. |
Claude
Hettier de Boislambert. La mission dont est chargé
le commandant Leclerc consiste à rallier le Cameroun
à la France Libre. Il débarque à
Douala dans la nuit du 26 au 27 août, avec 22
compagnons et prend immédiatement contact avec
le commandant Louis Dio, qui arrive de Fort-Lamy à
la tête d'un détachement du régiment
de tirailleurs sénégalais du Tchad. Le
29 août, les autorités fidèles à
Vichy s'effacent ; Leclerc prend le commandement militaire
du territoire. De Gaulle le nomme colonel et commissaire
général du Cameroun. Il y accueillera
de Gaulle le 8 octobre, après l'échec
de la tentative de ralliement du Sénégal.
C'est à Douala - dont la population a réservé
au chef de la France un accueil enthousiaste - que de
Gaulle met au point avec le général de Larminat,
haut commissaire pour l'Afrique équatoriale, et
le colonel Leclerc un plan d'action fondé sur une
offensive directe contre la Libye sous domination italienne
: "Mon intention, expliquera de Gaulle, était
d'établir aux confins du Tchad et de la Libye,
un théâtre d'opérations sahariennes,
en attendant qu'un jour l'évolution des événements
permît à une colonne française de
s'emparer du Fezzan * et d'en déboucher sur la
Méditerranée." (Mémoires
de guerre) Pour cela, il fallait préalablement
contrôler l'ensemble de l'AEF. Les "Trois
Glorieuses" d'août avaient permis de rallier
quatre territoires (Tchad, Cameroun, Congo, Oubangui-Chari)
; seul le Gabon résistait encore.
Une première tentative, commandée par Dio,
échoue ; une seconde tentative, déclenchée
le 27 octobre sous le commandement de Leclerc, assisté
du capitaine Kœnig, est couronnée de succès
(9 novembre 1940). Le commandant Parant, avec une douzaine d'hommes, occupe en quelques jours plusieurs postes, puis, regroupant sous ses ordres les colonnes venant du Moyen-Congo, contraint Libreville à capituler. Nommé par la suite gouverneur du Gabon, il devait mourir à la suite d'un accident d'avion en 1941 et être fait compagnon de la Libération à titre posthume le 13 mai 1941. "Au total, si notre entreprise
africaine n'avait pas atteint tous les buts qu'elle avait
visés**, du moins la base de notre effort de guerre
était-elle solidement établie, du Sahara
au Congo et de l'Atlantique au bassin du Nil." (Mémoires
de guerre)
* Le Fezzan est la région
saharienne du Sud-Ouest de la Libye ; sa superficie est
égale à celle de la France. Les troupes
italiennes l'avaient occupée dès 1913 et,
depuis, y tenaient solidement garnison, notamment dans
les trois grandes agglomérations de Ghadamès,
Mourzouk et Sebha.
** Allusion à l'échec de la tentative de
rallier l'Afrique occidentale française.
Suite
: La "Colonne du Tchad" s'empare de Koufra
et du Fezzan (décembre 1940-janvier 1943)
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