Les deux premiers groupes
: Alsace et Lorraine
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| Le colonel Valin
et le lieutenant-colonel Pijeaud. |
Le colonel Valin avait fini par quitter le Brésil
le 11 février 1941, mais il lui fallut 45 jours
pour atteindre Londres. Une lettre de De Gaulle - qui
se trouvait alors à Khartoum, au Soudan britannique
- lui annonça qu'il prendrait bientôt le
commandement des FAFL. En attendant, il était nommé
chef d'état-major des FAFL et sa première
décision fut de désigner comme adjoint le
lieutenant-colonel Charles Pijeaud.
Le 6 juillet, au Caire, de Gaulle nomma Valin général
de brigade et chef des FAFL, et lui fixa sa première
mission : la francisation des noms de Squadrons
et de Flights français en leur donnant des
noms de provinces françaises.
La campagne de Syrie entraîne beaucoup moins de
ralliements que de Gaulle l'a espéré ; en
revanche, elle fournit aux FAFL l'infrastructure qui leur
manquait. Ainsi la 1re escadrille de chasse, renforcée
d'éléments venus d'Angleterre, d'Afrique
du Nord et même de France, affectée à
Rayak (Syrie), y constitue, dès le 15 septembre
1941, le groupe "Alsace", placé sous
le double commandement des capitaines Pouliquen et Tulasne
; à la tête de ses deux escadrilles, les
lieutenant Littolff et Denis (bientôt remplacé
par Yves Ezanno) sont chargés de l'entraînement
des hommes. Le groupe "Alsace" n'accomplira
que des missions secondaires en Egypte et en Libye avant
de gagner l'Angleterre (septembre 1942).
Trois semaines après "Alsace", est
créé le groupe
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| Hawker "Hurricane"
du groupe "Alsace" en Libye. |
de bombardement "Lorraine", héritier
du GRB1. D'abord basé près de Damas, sous
les ordres du commandant de Saint-Péreuse, il est
ensuite transféré en Egypte, où le
lieutenant-colonel Corniglion-Molinier prend son commandement
(24 octobre 1941). Ses premiers objectifs sont les colonnes
blindées de Rommel en Cyrénaïque. En
décembre, le colonel Pijeaud, son nouveau chef,
sera abattu et capturé au cours d'une mission au-dessus
de Benghazi*. A nouveau
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| Commandant Yves Ezanno, un des as de l'aviation française. |
commandé par Saint-Péreuse, "Lorraine "harcélera les poches de résistance
ennemies de Halfaya et Bardia : "Ces missions se
ressemblaient, racontera Yves Ezanno.
On allait délivrer des bombes et les gars d'en
face nous recevaient à coups de canon et de mitrailleuses.
(…) Et ceci pendant 43 missions. "Après
380 missions, le groupe sera affecté à
mes missions de surveillance côtière le
long des côtes de Palestine jusqu'à son
départ pour l'Angleterre (automne 1942).
Création des groupes Île-de-France,
Bretagne, Artois et Picardie
Le 7 novembre 1941, le groupe "Île-de-France" est
créé ; équipé
de Spitfire, composé
de deux escadrilles, "Paris" (capitaine
Mouchotte) et "Versailles" (capitaine Dupérier),
il
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| Commandant Bernard
Dupérier. |
est commandé à partir du 31 janvier suivant
par le capitaine de vaisseau Philippe de Scitivaux, ancien
aide de camp de Muselier. Il accomplira sa première
mission de guerre au sein d'une formation alliée
le 10 avril ; Scitivaux sera abattu et fait prisonnier
au cours d'un engagement avec la chasse allemande au-dessus
du Touquet. Il remportera ensuite plusieurs victoires
sous les ordres de Dupérier ; le 19 août
1942, il accompagnera l'opération Jubilee
de débarquement à Dieppe, au cours de laquelle il abattra
trois avions ennemis mais perdra quatre hommes.
Quelques jours plus tard, Mouchotte se vit proposer le
commandement d'un Squadron
de la RAF - proposition flatteuse mais qu'il déclina
car il s'agissait d'un Squadron
de bombardement : "Il me faudrait faire la guerre
à bord de lourds appareils sans grande vitesse,
bombarder des objectifs ennemis en piqué à
basse altitude et ne pas avoir même la chance de
pouvoir lutter au cas d'une attaque de chasseurs allemands.
(…) Je n'avais pas l'âme d'un bombardier*."
( Les Carnets de René Mouchotte)
Le 1er janvier 1942, un nouveau groupe fut constitué
au Tchad,
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| B-26 "Marauder"
du groupe "Bretagne". |
afin d'appuyer l'action de Leclerc au Fezzan ; baptisé
"Bretagne", commandé par Saint-Péreuse
puis par le commandant de Maismont, il comprenait deux
escadrilles : "Nantes" et "Rennes".
Deux autres groupes chargés de la surveillance
côtière verront le jour en 1942 : "Artois",
pour l'Atlantique-Sud ; "Picardie", pour la
Méditerranée orientale.
Le groupe Normandie
Toujours en janvier 1942, afin de renforcer les
relations de la France Libre et de l'URSS, de Gaulle décida
d'envoyer un groupe de chasse sur le front de l'Est. la
négociation conduite par le général
Petit, chef de la mission militaire française à
Moscou, se poursuivit jusqu'en novembre. Le "groupe
de chasse n° 3", comprenant 30 aviateurs et 30
techniciens, emmené par le commandant Pouliquen,
quitta Rayak le 12 novembre pour rejoindre la base d'Ivanovo,
au nord-est de Moscou. Successeur de Pouliquen, Tulasne
lui trouvera bientôt
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| Commandant Jean
Tulasne. |
un nom : "Normandie"
et ses trois escadrilles furent baptisées "Le
Havre", "Rouen" et "Cherbourg".
La première mission de guerre sera effectuée
le 26 mars 1943. En juillet, une quinzaine de Français
furent engagés dans la grande offensive d'Orel
: il y eut plusieurs tués, dont le commandant
Tulasne,
remplacé à la tête de "Normandie" par
le commandant Pouyade. A l'automne 1943, au
moment où il sera envoyé au repos à
Toula, le groupe était crédite 77 victoires,
mais déplorait la perte de 21 pilotes.
* Il s'évadera de l'hôpital
de Derna et marchera trois jours dans le désert
avant d'être recueilli par une patrouille alliée.
Il mourra d'épuisement à l'hôpital
d'Alexandrie le 6 janvier 1942.
Origines
des FAFL (1940-1941)
Suite
: Préparation des débarquements en France
(1943-1944) |