Le "French Squadron" en
action en Crête
Le premier raid des français fut confié au capitaine Bergé. Avec trois de ses hommes, le capitaine Lord Jollicoë et Petrakis, un Grec agent de l'IS, sa mission était d’attaquer dans la nuit du 12 au 13 juin 1942, l’aérodrome de Héraklion en Crète, Ile située au large de la Grèce. Un sous-marin dépose le stick sur une plage à cinquante kilomètres de l’objectif. Protégés par la nuit, s’infiltrant sur le terrain, les cinq hommes se partagent les destructions. Ils sont déjà loin lorsque les explosions des bombes à retardement détruisent 22 avions de combat, et les dépôts de carburant et de munitions. Dans la traque qui suivra le jeune Léostic, qui n’avait pas 18 ans, sera tué en refusant de se rendre aux forces allemandes qui l’encerclaient. Bergé, Sibard, Mouhot sont pris, mais ce dernier après trois tentatives d’évasion avortées, réussira la 4ème et après un parcours extraordinaire, traversant seul l'Allemagne, la Hollande, la France, l’Espagne, arrivera à Gibraltar, parvenant, un an après sa capture, à Londres.
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| Dernière
lettre de Pierre Léostic à sa mère
avant de s'engager dans la France Libre. |
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Pierre
Léostic - Déposé par un sous-marin
dans l'île de Crète pour attaquer l'aérodrome
de Héraklion. Après la destruction
de 22 avions, pourchassé, il refusera de
se rendre et sera tué dans le combat qu'il
livrera à ses poursuivants. Il n'avait pas
18 ans. |
L'extraordinaire raid sur Sidi Hanneisch
Un mois plus tard le major David Stirling, lui-même, prend la tête d’un nouveau raid avec des moyens complètement différents car les Allemands, compte tenu des graves pertes subies, ont considérablement renforcé la protection de leurs avions au sol.
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| Les SAS dans
le désert se coiffaient du keffieh pour mieux
résister aux ardeurs du soleil. |
La surprise ne pouvant plus complètement jouer, il décide de lui ajouter la force. Pour cela il équipe des jeeps de plusieurs mitrailleuses. Avec un équipage de trois ou quatre hommes, chaque voiture a une puissance de feu redoutable. Le major Stirling se propose en passant par le sud saharien de traverser le désert en remontant vers la côte où sont situés les principaux aérodromes de l’ennemi, pour les attaquer en force, par surprise.
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| Ailes égyptiennes.
Distinction obtenue après avoir accompli
au moins une mission SAS. |
C'est ainsi que dans la nuit du 21 au 22 juillet 1942
le chef des SAS débouche, à une heure du
matin, sur l'aérodrome de Sidi Hanneisch avec
seize
jeeps soit un armement de plus de cinquante mitrailleuses.
Trois des jeeps font partie du "French SAS Squadron" sous
le commandement du lieutenant Jordan, qui a pris la succession de Bergé.
Infiltrées sur l’aérodrome, les jeeps
remontent la piste, toutes les armes tirant des balles
incendiaires et explosives.
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| Aspirant André
Zirnheld, parachutiste français libre du
"Special Air Service" , Compagnon de la
Libération. Il succomba à ses blessures
après le raid victorieux sur Sidi Hanneisch
avec David Stirling et la destruction de 35 avions
de combat ennemis. |
Elles détruisent un à un les avions de combat
alignés sur la piste d’envol, laissant 35
avions en flammes quand elles quittent les lieux, pour
s’évanouir dans la nuit. Lorsque le jour
se lève elles sont loin mais des escadrilles d’avions
d’observation sont déjà dans les airs
à leur recherche. Presque toutes ont atteint une
région montagneuse offrant des caches.
Deux voitures manquent à l’appel, dont
celles d’André Zirnheld, qui a cassé
un essieu. Elles sont dans le lit d’un oued desséché
où elles essaient de se camoufler en attendant
la nuit pour repartir. L’un des petits avions
qui les recherchent, volant à basse altitude
les repère en début d’après-midi.
Une demi-heure plus tard des avions de chasse allemands
les attaquent à la mitrailleuse. L’aspirant
André Zirnheld est tué atteint de trois
balles. L’ennemi parti, ses camarades, avant d’enterrer
son corps en le recouvrant de pierres pour empêcher
les chacals de le dévorer, découvre dans
ses papiers ensanglantés une poignante prière
qu’il avait écrite :
PRIERE
Je m’adresse à Vous, mon Dieu
Car Vous seul donnez
Ce qu’on ne peut obtenir que de soi.
Donnez-moi, mon Dieu ce qu’il Vous reste
Donnez-moi ce qu’on ne Vous demande jamais.
Je ne Vous demande pas le repos,
Ni la tranquillité,
Ni celle de l’âme, ni celle du corps.
Je ne Vous demande pas la richesse,
Ni le succès, ni peut-être même la
santé.
Tout ça, mon Dieu, on Vous le demande tellement
Que Vous ne devez plus en avoir.
Donnez-moi, mon Dieu ce qu’il Vous reste,
Donnez-moi ce que l’on vous refuse.
Je veux l’insécurité et l’inquiétude,
Je veux la tourmente et la bagarre,
Et que vous me les donniez, mon Dieu,
Définitivement,
Que je sois sûr de les avoir toujours,
Car je n’aurai pas toujours le courage
De Vous les demander.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qu’il Vous reste,
Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas,
Mais donnez-moi aussi le courage
Et la force et la Foi !
Car Vous seul donnez
Ce qu’on ne peut obtenir que de soi.
Après l’offensive victorieuse de la 8ème
Armée à El-Alamein, le "French SAS
Squadron" poursuivra ses missions à travers
la Libye et jusqu Tunisie. Deux jeeps commandées
par Martin et Legrant parties du Caire six semaines
plus tôt, seront même les premières
à faire la jonction avec les forces alliées
venues d’Algérie. Les rescapés seront
regroupés pour rentrer en Angleterre mais un
autre "French SAS Squadron" commandé par le lieutenant de Sablé sera constitué
pour poursuivre avec les Britanniques leurs missions
en Italie où la guerre va être portée.
Création
du "Special Air Service" (1941)
Suite : Les premiers engagés dans la bataille
de France (1944) |