Le 3 juin
1942 l'autorité du Comité national
Français et de son président, le général
de Gaulle, est officiellement reconnue par tous les
mouvements de la Résistance intérieure.
La « France libre » devient
la « France combattante » le
22 juillet 1942.
Le décret signé du général
de Gaulle et approuvé par le Comité national
définit la France Combattante en ces termes : « Ensemble
des ressortissants français où qu'ils
soient, et des territoires français qui s'unissent
pour collaborer avec les Nations Unies dans la guerre
contre les ennemis communs ; et symbole de la
Résistance à l'Axe de tous les ressortissants
français qui n'acceptent pas la capitulation
et qui, par les moyens à leur disposition, contribuent ,
où qu'ils se trouvent, à la Libération
de la France par la victoire commune des Nations Unies ».
Si la France Libre devient la France Combattante dans
les actes officiels , le qualificatif de « Français
libres » reste admis pour les combattants,
les unités, les navires, les réseaux
et les territoires qui l'ont acquis.
Le premier numéro du Journal Officiel de la
France Combattante, édité à Londres,
homologue ce changement de nom et publie cette circulaire
de l'Etat-major du général de Gaulle : « En
prenant la décision de substituer l'appellation « France Combattante » à l'appellation « France
Libre », le Comité national, prenant
acte de l'adhésion de tous les groupements qui, à l'intérieur
même du pays, participent activement à la
Résistance, a voulu marquer que la « France
Combattante » groupait à la fois
la France Libre représentée par les Forces
Françaises Libres, les possessions d'Outre-mer
et les Français de l'étranger , et la
France Captive qui lutte contre l'envahisseur et l'autorité usurpée
du pseudo gouvernement fonctionnant sous le contrôle
de l'ennemi ».
Le 29 juillet 1942 le gouvernement de Grande-Bretagne
reconnaît la France Combattante et le Comité national
Français comme son organe directeur. Il sera
suivi par la Nouvelle-Zélande le 18 août,
l'URSS le 28 septembre, le 24 octobre par tous les
gouvernements en exil à Londres.
De Gaulle, Jean Moulin et l'unification de
la Résistance
Avant de rejoindre Londres, Jean Moulin avait pris
contact avec certains des chefs des premiers mouvements
de résistance, et en particulier avec Henri
Frenay, chef de "Combat", qu'il avait rencontré à Marseille
chez le Docteur Recordier. Son but était de
rassembler les résistants de l'intérieur
autour du général de Gaulle. Le retour
de Laval au pouvoir en 1942, les persécutions
antisémites, la création, après
l'échec de la "Relève" du "Service
du Travail Obligatoire" (STO), commencent à ébranler
l'opinion. Le STO en particulier sera à l'origine
des "maquis" où seront accueillis
de nombreux réfractaires.
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Jean Moulin, obtient conformément aux consignes
de Londres, une séparation au sein de chacun
des mouvements, de l'action militaire et de l'action
politique. C'est le préalable nécessaire à la
création d'une "Armée Secrète" résultant
de la fusion des formations paramilitaires des mouvements
de zone Sud : "Combat", "Libération" et "Franc-Tireur",
et des cinq mouvements de zone Nord : "Organisation
Civile et Militaire", "Libération
Nord", "Ceux de la Résistance", "Ceux
de la Libération" et le "Front National".
Le général Delestraint accepte d'en assumer
le commandement et se place ainsi sous les ordres du
général de Gaulle, qu'il avait eu, avant
la guerre, sous son autorité.
Simultanément Jean Moulin crée, sous
son autorité directe, deux services techniques
: le "Service des Opérations aériennes
et maritimes" (SOAM) qui deviendra plus tard le "Service
des Atterrissages et Parachutages" (SAP) et le "Service
Radio" dit WT. Il crée aussi deux organismes
qui auront un rôle plus politique : le "Bureau
d'Information et de Presse" (BIP), véritable
agence de presse clandestine qui sera dirigé par
Georges Bidault et le "Comité Général
d'Etude" (CGE) chargé de préparer
des mesures législatives et administratives à prendre
lors de la libération. Enfin, Jean Moulin parvient à rassembler
dans un même "Conseil national de la Résistance" le
27 mai 1943 les représentants des huit principaux
mouvements de résistance, des deux centrales
syndicales reconstituées dans la clandestinité (CGT
et CFTC) et des six partis ou tendances politiques
ayant eu un groupe parlementaire sous la IIIe République
(parti communiste, parti socialiste, parti radical,
Parti démocrate populaire, Alliance démocratique
et Fédération républicaine).
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