Fred Scamaroni. Une passion : la France

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Fred Scamaroni. 20 ans à Charleville-Mézières… déjà dans le vent vers la victoire (RFL).

Une ville : Ajaccio.
24 octobre 1914 – 19 mars 1943.
Entre ces deux dates, la vie, la passion et la mort d’un jeune homme : Fred Scamaroni.
Envoyé spécial du général de Gaulle en Corse (mission Sea Urchin) le 16 décembre 1942, chef du réseau R 2 Corse (alias réseau Scamaroni), il trouve la mort à 29 ans dans sa ville natale. Il a été emporté par la force irrésistible et sublime des êtres purs qui ont sacrifié leur vie au service de la cause la plus grande de leur temps ; pour lui, la libération de la France opprimée.
Pourtant, quelle enfance, quelle adolescence furent chargées de plus de promesses ?
Pendant que son, père, Jules Scamaroni, jeune avocat parisien, fait son devoir au front, sa mère, Charlotte, le met au monde dans la maison familiale de ses parents, 8, rue Maréchal Ornano à Ajaccio. Son autre grand-père, François Scamaroni, habite la même ville, dans une solitude noblement acceptée depuis la mort de sa femme, d’origine normande.
Fred est entré dans le monde d’amour d’une famille insulaire.
11 Novembre 1918… la victoire !
Jules Scamaroni, dont le cabinet d’avocat a sombré dans la tourmente, est admis dans l’Administration préfectorale. Il y fait une brillante carrière, brisée prématurément par la mort, en 1938, à l’âge de 47 ans, alors qu’il était préfet du Loiret.
Donc, dès 1918, c’est l’envol d’un enfant attentif dans une grande promenade à travers une France provinciale dont il va découvrir la fascinante variété et trouver l’accueil chaleureux de petits camarades qui ne l’oublieront pas.
Il reçoit également l’enseignement libéral et tolérant d’instituteurs et de professeurs, formés à l’école de la République, que ce soit à Saint-Brieuc, à Brive ou à Charleville-Mézières.
Écolier ou lycéen sans histoires, que le proviseur du lycée de Charleville mènera vers la mention « bien » au bachot math élém., par une simple annotation sur son livret scolaire : « Fait figure d’amateur éclairé ».
Fred s’oriente ensuite vers les études de droit. À 20 ans, licencié de la Faculté de Droit de Paris, il devance ses obligations militaires, entre à Saint-Maixent, en sort sous-lieutenant d’infanterie, et se dirige à son tour « sans imagination » vers la carrière préfectorale.
Chef de cabinet du préfet du Doubs qu’il suit dans le Calvados, il est mobilisé en 1938, au moment de Munich dont il condamne l’esprit d’abandon. Qui s’en étonnerait ?
2 septembre 1939 : la France déclare la guerre à l’Allemagne.
« Affecté spécial » à son corps défendant, le sous-lieutenant Fred Scamaroni refuse ce qu’il considère comme une désertion et rejoint le 119e régiment d’infanterie basé à Cherbourg le 3 septembre.
La guerre ne va être pour lui ni fraîche, ni joyeuse.
Républicain dans l’âme et patriote, il souffre depuis 1934 qu’un certain Hitler ait pris le pouvoir Outre-Rhin, il souffre des abandons successifs et de l’aveuglement des différents gouvernements qui se sont succédé.
En décembre 1939, ne supportant pas l’inaction de son régiment dans cette période que l’on appellera « la drôle de guerre », il demande et obtient de passer dans l’aviation où, selon ses propres termes, « un homme peut se battre seul » !
À Tours, il prépare le brevet d’observateur en avion. Il y rencontre ses meilleurs camarades qui deviendront presque tous des héros et lui resteront fidèles dans le souvenir, tel le futur général Jean Simon : amitié d’enfance née en Bretagne, devenue fraternité d’hommes.
Breveté le 17 mai 1940, Fred est blessé à l’œil et à la jambe le 19 mai en combat aérien, décoré de la croix de guerre, évacué sur Caen au début de juin ; Caen où il retrouve sa mère, ses deux sœurs et une petite nièce qui vient de naître.
C’est la dernière réunion d’une famille aimante, déjà cruellement privée d’un père. Car l’heure de la dispersion va bientôt sonner pour elle, comme pour des milliers, dans tout le pays livré à l’envahisseur.
Juin 1940, le mois tragique, Paris déclarée « ville ouverte », l’exode sur les routes bombardées, la défaite, malgré la courageuse défense de plus de 100 000 soldats qui sauvent, par leur héroïsme l’honneur de la France.
Fred Scamaroni, sans contact avec son escadrille, se bat dans une compagnie d’infanterie, puis parvient à rallier, en camion, Pau où il a appris que se trouve sa formation aérienne.
C’est là que le 17 juin, il entend, en serrant les poings, un maréchal de France, chef d’un « gouvernement de rencontre » (général de Gaulle), solliciter de l’ennemi un armistice honteux.
Il n’entend pas le 18 juin l’appel à la résistance en France et dans l’empire que lance de Londres un général à peu près inconnu. Mais très vite, de bouche à oreille, les paroles d’espoir de celui-ci se répandent parmi ces jeunes gens qu’elles galvanisent.
À Saint-Jean-de-Luz, deux croiseurs polonais vont appareiller pour l’Angleterre avec, à leur bord (1), une division polonaise.
Avec 110 de ses camarades aviateurs, Fred Scamaroni réussit à embarquer sur l’un d’eux, le Sobieski, Maurice Schumann, qu’il retrouvera dans la capitale anglaise, se trouve aussi sur le Sobieski. C’est le 21 juin 1940.
Deux jours après, le 23, les bateaux abordent les côtes anglaises. Fred signe aussitôt son engagement dans les Forces Françaises Libres. Mais son état de santé nécessite une hospitalisation immédiate.
Rapidement remis sur pied, grâce aux soins prodigués et à sa farouche volonté, il rejoint ses camarades au camp d’entraînement de Saint-Atham.
Le général de Gaulle a commencé la réalisation de son plan de guerre.
Premier but : rallier l’Afrique occidentale française à la France Libre. L’opération s’appelle « Menace » ! Hélas ! Elle n’en aura que le nom.
Le Général a demandé des volontaires. Fred en fait partie, Tout naturellement…
Le 31 août 1940, il embarque à Liverpool sur le croiseur Australia, avec ce que le chef de la France Libre appelle « la fortune de la France ». Le 13 septembre, il touche Freetown en Sierra Leone.
De là, huit aviateurs volontaires s’envolent pour une mission de « fraternisation » avec les soldats de Vichy à Dakar. C’est à Fred que le Général a confié son message.
Hélas ! Vichy ne pardonne pas à ceux que l’on considère comme des « déserteurs ». L’échec est cruel. À peine arrivés, ils sont arrêtés, enchaînés, incarcérés dans des conditions inhumaines (Fred partage la cellule d’un lépreux) le 23 septembre.
Dans une autre cellule de cette prison se trouve le commandant Hettier de Boislambert, envoyé du Général et fort mal traité, lui aussi.
Condamnés à mort, menacés d’exécution, ils sont enfin sauvés par un message du chef de la France Libre, le 22 novembre.
On les ramène en France où ils arrivent en plein cœur d’un hiver rigoureux.
On consent cependant à hospitaliser Fred Scamaroni atteint de malaria. Il est enfin libéré le 7 janvier 1941.
Mais dans quelle situation ! Révoqué de son poste de chef de cabinet, sans lien avec sa famille, sans argent, il finit par trouver un emploi de commis au ministère du Ravitaillement à Vichy même. Pour survivre…
Car, en lui, subsiste une seule passion servir la France. Alors, il observe, il écoute, il tisse des liens. Très vite, il comprend que la Résistance intérieure est un complément naturel et obligé de la France Libre. Il s’y jette à corps perdu.
Par deux fois, en 1942, il se rend en Corse. À la suite de ces voyages, il se pénètre de plus en plus de l’importance stratégique de son île natale pour la libération de la France : elle doit en être le détonateur.
Cette idée ne va plus le quitter et, revenu à Londres sur ordre, il va s’employer à en persuader son chef. Le Général l’approuve enfin.
Alors, commence pour Fred le rigoureux entraînement des chefs de mission en territoire occupé.
Dans la nuit du 6 au 7 janvier 1943, un sous-marin anglais, le HMS Tribune, dépose, dans le sud de la baie d’Ajaccio, le capitaine François Edmond Severi, chef de la mission Sea Urchin, accompagné du radio Hellier et d’un officier de l’Intelligence Service.
Severi va réaliser rapidement la partie technique de sa mission : celle de faire de la Corse la tête de pont du débarquement allié en Méditerranée pour la France.
L’autre partie est plus délicate à jouer. Il s’agit de faire reconnaître par les différentes forces de résistance de l’île la globalisation de cette même Résistance en les rassemblant et les unifiant. Or, elles sont fort enclines, autant qu’elles sont, à faire « cavalier seul ».
Le 18 mars 1943, c’est la trahison… Severi est arrêté dans la nuit du 18 au 19 au domicile qu’il occupe à Ajaccio.
Son radio, arrêté la veille et abominablement torturé pendant trente heures, le reconnaît pour son chef devant les policiers de l’OVRA, émule italienne de la sinistre Gestapo. Il sera fusillé.
Soumis à son tour à d’atroces tortures, Severi reconnaît être le chargé de mission du général de Gaulle. Ramené dans sa cellule de la citadelle d’Ajaccio, il se donne la mort en s’ouvrant la gorge avec un fil de fer trouvé dans celle-ci. Ses derniers mots, écrits avec son sang sur un morceau de papier – « Je n’ai pas parlé. Vive la France, vive de Gaulle » – seront rapportés par l’ennemi. Lui qui savait tout, a sauvé par son silence les secrets qu’il détenait, ses compagnons de lutte et sa famille tant à Ajaccio qu’à Paris.
C’est le 19 mars 1943. Il est inhumé à même la terre dans la fosse commune du cimetière de sa ville natale.
Non loin de là, se dresse aujourd’hui le mausolée qui a rendu son vrai nom à Fred Scamaroni et où il repose en paix, face à la mer qui l’a amené vers la mort et d’où est venu, comme il l’avait prédit, la libération de sa patrie.
En octobre 1943, dans Ajaccio, première ville française libérée, le général de Gaulle, qui l’a nommé Compagnon de la Libération à titre posthume, en déposera lui-même la décoration sur son cercueil, au milieu d’un grand concours de peuple qui lui rend hommage.
Le 16 mars 1948, le général de Gaulle écrira et signera de sa propre main les mots suivants :
« À la mémoire de Fred Scamaroni, combattant exemplaire, esprit libre et cœur fort ! Mort pour la France et vainqueur pour elle. En souvenir et en témoignage de son compagnon. »

Marie-Claire Scamaroni

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 274, 2e trimestre 1991.

(1) Croiseurs, il s’agissait en fait de navires marchands qui furent transformés en transports de troupes (NDLR).

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