Il y a quarante ans, Koufra

Il y a quarante ans, Koufra

Il y a quarante ans, Koufra

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Dans l’histoire de la France Libre, 1941 est une année où bien des nuages cachent encore le soleil de la réussite.

Exécutée du 10 février au 1er mars 1941, l’opération de Koufra est la seule initiative militaire purement française dont il est possible de fêter aujourd’hui le quarantième anniversaire. Certes, le général de Gaulle avait déjà eu la satisfaction de pouvoir faire reprendre le combat à des unités françaises libres de terre, de mer et de l’air. Mais la prise de Koufra, germe de la libération de Strasbourg, est bien le premier succès conçu, préparé et exécuté par un chef militaire français après le désastre de 1940.

Nous devons le texte qui suit au Service d’information et de Relations publiques des armées. Cette rédaction, d’une concision toute militaire, nous est apparue comme la meilleure façon de faire revivre un fait d’armes qui fut surtout un acte de foi.

Montées dans des délais rapides (décembre 1940-février 1941), avec des moyens modestes et disparates, l’expédition et la prise de Koufra, entre le 10 février et le 1er mars 1941, ont été une magnifique affirmation de la volonté de la France Libre.

Koufra, située à proximité de la frontière soudano-égyptienne, était une sentinelle avancée dans le Sud-Est libyen et un relais entre la Méditerranée et l’Éthiopie pour l’aviation et les transmissions italiennes. Occupée depuis seulement 1931, cette oasis s’étend sur une cinquantaine de kilomètres de long et une vingtaine de kilomètres, à 250 km du poste italien le plus proche, Tazerbo au Nord, et à 800 km de Tekro, premier poste frontière français au Tchad, au sud-ouest. Regroupant plusieurs petites agglomérations, Koufra est défendue par une garnison fixe d’un petit bataillon d’Askaris libyens avec des cadres italiens et par une compagnie saharienne qui escadronne autour de l’oasis, sous la protection d’une petite escadrille d’avions légers.

Après le succès du raid de Mourzouk où le colonel Colonna d’Ornano a trouvé la mort (janvier 1941 ), Leclerc, commandant militaire du Tchad depuis décembre 1940, décide de s’engager sur Koufra, dont les forces anglaises d’Égypte avaient déjà envisagé de s’emparer. Dans un premier temps, Leclerc rassemble à Ounianga, à 600 kilomètres au nord-est de Largeau, les éléments de son expédition : un P.C., une compagnie indigène portée sur camions (deux pièces de 75 mm sur Laffly). Entre le 31 janvier et le 10 février, Leclerc pousse l’ensemble jusqu’au puits de Sarra, en territoire libyen, d’où se détachent deux patrouilles du Long Range Desert Group : elles se font repérer et mettre à mal par la Sahariana et l’aviation italienne. Malgré cet échec, Leclerc prend lui-même le commandement d’un détachement léger et se porte en avant sur la palmeraie de Koufra qu’il parcourt du 5 au 10 février. À l’issue de cette reconnaissance et après un bref séjour à Largeau pour la mise au point des conditions de l’attaque, Leclerc regagne Sarra et lance, le 17 février, toutes ses forces contre Koufra, soit une centaine d’Européens et 300 combattants et conducteurs indigènes avec un seul canon de 75 mm, le nombre de véhicules disponibles s’étant amenuisé sur cette longue marche d’approche dans des conditions invraisemblables.

l’avant-garde se heurte les 18 et 19 février à la Sahariana au djebel Ez Zurgh, alors qu’elle amorce un mouvement de débordement de l’oasis par l’est et le nord. l’ennemi est repoussé malgré des retours en force appuyés par son aviation légère, et doit se replier sur Tazerbo. Dès lors, la garnison de Koufra, enfermée dans le fort d’EI Tag, situé sur un plateau rocheux et bénéficiant d’excellents champs de tir, est assiégée par nos forces, moins nombreuses mais très actives : harcèlement de jour et de nuit avec la pièce de 75, infiltrations de patrouilles, tirs de mortiers, tandis que la population indigène, restée neutre, poursuit, indifférente, ses travaux dans la palmeraie. Dans les derniers jours de février, le commandant du fort, le capitaine Colonna, propose une trêve pour mettre ses blessés à l’abri et en profite pour sonder le parlementaire français, le capitaine de Guillebon, sur les modalités d’une capitulation.

Le 28 février, la trêve s’achève sur la reprise de notre tir d’artillerie. Le 1er mars, le drapeau blanc est hissé sur le fort El Tag. Leclerc, abrégeant une discussion incertaine, pénètre dans le fort et impose par son attitude la capitulation immédiate de la garnison soit 64 militaires italiens, qui sont dirigés sur Faya et Fort Lamy, et 300 Askaris libyens renvoyés sans armes vers leurs oasis d’origine. S’y ajoute un important butin : sept mitrailleuses lourdes, 50 mitrailleuses légères et plusieurs véhicules.

Le 2 mars, à 8 heures du matin, le drapeau français monte solennellement au grand mât. Une prise d’armes simple et émouvante marque cette cérémonie. Face au drapeau, le colonel Leclerc prononce ces quelques paroles qui deviendront le fameux serment de Koufra : « Nous ne nous arrêterons que quand le drapeau français flottera aussi sur Metz et Strasbourg ».

Aux côtés d’une petite garnison britannique, un détachement français restera en permanence à Koufra et les couleurs françaises y demeureront arborées jusqu’à ce que l’Histoire, marchant à grand pas, en impose le départ en 1951. Quoi qu’il en soit, Koufra, initiative purement française, menée par un chef exceptionnel, est un succès modeste mais plein d’avenir car, première victoire française libre, elle annonce les lendemains glorieux de Bir-Hakeim, du Garigliano, de Paris et de Strasbourg.

 

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 234, 1er trimestre 1981.

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