Le combat de l’Appel à la victoire

Le combat de l’Appel à la victoire

1940

18 juin : le général de Gaulle lance son premier appel à la radio de Londres.
28 juin : le gouvernement britannique reconnaît de Gaulle comme le «chef de tous les Français libres, où qu’ils se trouvent, qui se rallient à lui pour la défense de la cause alliée».
1er juillet : l’amiral Muselier crée les Forces navales françaises libres (FNFL) puis les Forces aériennes françaises libres (FAFL) le 8 juillet.
14 juillet : de Gaulle passe en revue à Londres un détachement des Forces françaises libres.
Fin juillet : les effectifs totaux de la France Libre s’élèvent à 7000 hommes.
2 août : de Gaulle est condamné à mort par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand.
7 août : de Gaulle signe un accord avec le gouvernement britannique consacrant la reconnaissance de la France Libre par la Grande-Bretagne et en définissant les règles.
26-28 août : ralliement du Tchad, du Cameroun, du Congo et de l’Oubangui-Chari lors des «Trois Glorieuses de l’Empire».
5 septembre : début à la BBC de l’émission «Les Français parlent aux Français».
9 novembre : ralliement du Gabon à la France Libre.
11 novembre : manifestation des étudiants parisiens à l’Étoile.
26 novembre : Rémy met sur pied la Confrérie Notre-Dame (CND).
29 novembre : de Gaulle annonce qu’il dispose de 35.000 hommes sous les armes.
9 décembre : les premières troupes FFL (1er BIM) entrent en ligne à Sidi Barrani (Libye).
En décembre : débuts de Ceux de la Libération (CDLL) et de France-Liberté, futur Franc-Tireur.

1941

14 février : le bataillon de marche n°3 (BM 3) de Garbay s’empare du fort italien de Kub-Kub
(Érythrée).
1er mars : la colonne Leclerc s’empare de l’oasis italienne de Koufra (Libye) avec l’appui de la
formation FAFL qui deviendra le groupe Bretagne.
27 mars : les FFL s’emparent de Keren (Érythrée).
8 avril : la Brigade française d’Orient (BFO) entre à Asmara et enlève Massaouah (Érythrée).
11 avril : mise sur pied de la 1re division légère française libre (1re DLFL).

18 juin 1941

Discours prononcé au comité national français d’Égypte et diffusé par la radio de Londres

[…] Une année a passé, dans le combat, la douleur, l’espérance. […]

Grâce à nous, des territoires français, des forces françaises, des pensées françaises, ont recommencé de jouer un rôle digne de notre pays. […]

Nous avons ranimé l’esprit de résistance de la France et rassemblé les espoirs d’une immense majorité nationale. […]

Le monde a frémi d’horreur en apprenant que les gens de Vichy faisaient combattre contre nous et contre nos alliés des soldats de l’Empire en combinaison avec des escadrilles allemandes, dans le but de garder au Levant une tête de pont aux armées du Führer. […]

Une pareille machination porte la signature d’Hitler. […] Mais rien […] ne peut affermir davantage les Français Libres dans leur volonté d’arracher leur pays à sa domination et de lutter de toutes leurs forces aux côtés de ceux qui ont juré de la briser. En ce moment, devant Damas comme au Tchad, en Libye, en Abyssinie, sur toutes les mers et dans tous les ciels, nos soldats, nos marins, nos aviateurs, en fournissent glorieusement la preuve.

Jusqu’à la mort ou jusqu’à la victoire, nous resterons liés dans cette guerre de libération à l’admirable Empire britannique, dont Winston Churchill incarne magnifiquement la puissance et la résolution. […]

8 juin-12 juillet : intervention franco-anglaise en Syrie et au Liban (opération Exporter).
6 juillet : le général Valin est nommé commandant en chef des FAFL.
2 septembre : création à Rayak (Liban) des groupes d’aviation Lorraine et Alsace.
20 septembre : création à Londres du Comité national français, présidé par de Gaulle.
5 novembre : de Gaulle accrédite Jean Moulin auprès des mouvements de résistance.
24 décembre : une flotte française libre commandée par l’amiral Muselier, rallie l’archipel
Saint-Pierre-et-Miquelon.
24 décembre : Jean Moulin est nommé délégué du CNF en zone sud.

1942

17 janvier : la 1re brigade française libre (1re BFL) obtient la reddition de la garnison allemande d’Halfaya (frontière égypto-libyenne).
17 janvier : création du Bureau central de renseignement et d’action militaire (BCRAM), dirigé
par le capitaine Dewavrin (Passy).
28 mars : arrivée à Londres de Rémy et du socialiste Christian Pineau, chef de Libération-Nord.
28 avril : Pierre Brossolette arrive à Londres et remet à de Gaulle un important «Rapport politique» sur la situation de la France.
27-mai-11 juin : siège de Bir-Hakeim (Libye) par les forces germano-italiennes.

18 juin 1942

Discours prononcé à Londres à l’Albert Hall à l’occasion du deuxième anniversaire du mouvement de la France Libre

18_juin_42[…] Les millions d’entre nous qui restent debout, […] ne veulent rien que servir la France, ne rêvent que lui être fidèles. […]

Nous n’avons jamais admis que la France fût sortie de la guerre. Pour nous, la défaite dans la bataille de 1940, le soi-disant Armistice, la prétendue neutralisation de nos forces et de nos territoires, l’abdication dans la panique et sous la menace, de ceux qui avaient reçu du peuple mandat de la représenter, […] la violation de nos alliances pour le compte de l’envahisseur, ne sont que des péripéties effroyables certes, mais passagères, dans la lutte que la France mène, […] à l’avant-garde des démocraties. […]

Pour nous, c’est notre droit et c’est notre obligation, non seulement de combattre l’ennemi partout où nous pouvons l’atteindre, mais encore de ramener dans la lutte toutes les terres, toutes les forces françaises. Nous ne prétendons être rien d’autre que les Français qui combattent pour le salut de leur pays et sur l’ordre qu’il leur en a donné. Mais cela, nous prétendons l’être et nous en tirons toutes les conséquences sans reculer devant aucune. […]

Un élément […], dans ces terribles épreuves, s’est révélé à la nation comme essentiel à son avenir et nécessaire à sa grandeur. Cet élément, c’est l’Empire. […], parce que c’est dans l’Empire que s’est constitué la base de départ pour le redressement de la France. […]

Dans la détresse inouïe qui est celle de la France, les populations de l’Empire lui ont partout manifesté une fidélité magnifique. […]

Pour reconstruire le monde, devenu tout à la fois si troublé, si complexe et si petit, il faudra bien que les peuples qui furent unis dans l’effort sanglant le demeurent dans l’effort bienfaisant. En combattant depuis la première et jusqu’à la dernière heure dans le parti de la liberté, la France aura maintenu son droit et proclamé son devoir de participer à l’oeuvre commune qui, sans sa présence active, serait d’avance très compromise. […]

Invinciblement, la France Combattante émerge de l’océan. Quand, à Bir-Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats, le monde a reconnu la France. […]

13 juillet : le CNF décide que la France Libre prendra le nom de « France Combattante ».
17 septembre : Charles Vallin, adjoint du colonel de La Rocque, amené à Londres par Brossolette, rejoint la France Libre.
18 septembre : arrivée à Londres d’Henri Frenay et d’Emmanuel d’Astier de La Vigerie.
2 octobre : création d’un Comité de coordination des mouvements de résistance de la zone sud.
23 octobre : les FFL sont engagées dans la bataille d’El-Alamein.
8 novembre : débarquement anglo-américain en Afrique du Nord.
11 novembre : les Allemands envahissent la zone sud. Les premiers éléments du groupe Normandie, basé à Rayak, rejoignent le front russe.
22 décembre : la colonne Leclerc (4 600 hommes), appuyée par le groupe Bretagne, entreprend la conquête du Fezzan.
27 décembre : le « Conseil impérial » (composé des proconsuls vichystes) nomme Giraud « commandant en chef civil et militaire » en Afrique du Nord.

1943

11 janvier : arrivée à Londres de Fernand Grenier, venu annoncer l’adhésion du PCF à la France Combattante.
1er février : création de la 1re DFL sous le commandement du général de Larminat.
9 février : de Gaulle nomme Jean Moulin seul représentant permanent du CNF en France occupée.
5 mars : le BIMP et la « colonne volante » remportent la victoire de Medenine (Tunisie).
11 mars : la corvette Aconit coule deux sous-marins allemands dans l’Atlantique Nord. La colonne Leclerc (Force L) s’empare de Ksar Rhilane (Tunisie).
13 mai : capitulation des troupes germano-italiennes en Tunisie.
15 mai : création du CNR, sous la présidence de Jean Moulin.
3 juin : formation du Comité français de la Libération nationale (CFLN), qui succède au CNF, sous la coprésidence de De Gaulle et de Giraud.
16 juin : la Force L devient la 2e DFL (future 2e DB).

18 juin 1943

Discours prononcé à Alger à l’occasion du troisième anniversaire du mouvement de la France Libre

[…] Nous voici au moment où tout l’Empire libéré, depuis Alger jusqu’à Tananarive, depuis Tunis jusqu’à Brazzaville, depuis Dakar jusqu’à Djibouti, depuis Rabat jusqu’à Nouméa, où tous nos territoires, nos soldats, nos marins, nos aviateurs en mesure de combattre, sont prêts à assembler leurs efforts et leurs ardeurs et à les lier à la résistance nationale. […]

C’est une France sanglante, mais c’est une France rassemblée, consciente de ce qu’elle devra aux autres, mais consciente aussi de ce qui lui est dû, qui sera demain, à sa place, parmi les vainqueurs.

21 juin : arrestation de Jean Moulin à Caluire (Rhône) ; torturé, il mourra le 8 juillet.
26 août : le CFLN est reconnu par les grandes puissances alliées.
9 septembre-4 octobre 1943 : soulèvement de la Corse, premier territoire de France métropolitaine libéré, par ses habitants et des soldats français sans aide alliée.
9 novembre : de gaulle devient seul président du CFLN.

1944

1er février : création des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
23 mars : le général Koenig est nommé commandant en chef des FFI.
10 mai : le Corps expéditionnaire français en Italie (CEF), rejoint par la 1re DFL, déclenche la bataille du Garigliano.
3 juin : le CFLN devient le gouvernement provisoire de la République française (GPRF).
4 juin : le CEF fait son entrée dans Rome.
6 juin : débarquement allié en Normandie (opération Overlord) avec la participation de forces navales et aériennes françaises, du commando Kieffer et de parachutistes SAS.
14 juin : de Gaulle débarque à Courseulles (Calvados), installe le premier commissaire de la République en territoire libéré (François Coulet) et prononce à Bayeux son premier discours.

18 juin 1944

Discours prononcé devant l’Assemblée consultative

[…] Vieux peuple façonné par les leçons d’une dure Histoire, ils n’ignoraient pas combien il est pénible de remonter la pente de l’abîme. Nation qu’une longue expérience humaine a éclairée sur la psychologie des autres, ils savaient bien que l’appui extérieur serait quelquefois tâtonnant, que leurs meilleurs amis, si nombreux qu’ils fussent dans le monde, ne leur fourniraient pas toujours un concours immédiat et complet. La France peut le regretter, elle ne s’en trouble ni ne s’en étonne. Si les obstacles qui lui barraient la route, le 18 juin 1940, ne l’ont pas empêchée de se remettre en marche, comment ceux qu’il lui reste à franchir pourraient-ils maintenant l’arrêter ? […]

15 août : début du débarquement allié en Provence (opération Anvil).
16 août : l’armée B (de Lattre) débarque dans les baies de Cavalaire et de Saint-Tropez (plus de 250 000 hommes).
25 août : la 2e DB et la Résistance libèrent Paris.
3 septembre : libération de Lyon par la 1re DFL et les SAS.
23 novembre : la 2e DB libère Strasbourg.

1945

18_06_45_paris1er février : la 1re armée française libère Colmar.
12 février : les trois grandes puissances alliées réunies à Yalta (Crimée) décident que la France disposera d’une zone d’occupation en Allemagne.
15 mars : la 1re DFL relève une brigade américaine sur le front des Alpes.
31 mars : la 1re armée française franchit le Rhin.
4 mai : la 2e DB hisse le drapeau français sur le « nid d’aigle » de Hitler à Berchtesgaden.
7 mai : reddition allemande à Reims, en présence du général Sevez.
8 mai : signature officielle de la capitulation allemande à Berlin, en présence du général de Lattre.
2 septembre : capitulation japonaise à bord du Missouri (en rade de Yokohama), en présence du général Leclerc. La Seconde Guerre mondiale est terminée.

< Portée de l'Appel
< La reconnaissance des puissances alliées
> Mémoires de l’appel du 18 juin 1940