Les volontaires féminines de la France Libre

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Par Jeanine boulanger-Hoctin

Au moment où l’on reparle de la féminisation de certains postes, il est curieux de constater que la plupart de nos compatriotes ont oublié qu’il y eut pendant de nombreuses années, des femmes en uniforme et que les armées en ont toujours compté depuis. Aujourd’hui, le processus va seulement en s’amplifiant et en s’accélérant.

Bien sûr, l’esprit latin est ainsi fait que les Français ne sont pas allés jusqu’au bout de leur logique et que les premières n’ont pas formé de groupes de combat. Mais l’ingratitude et, quelquefois, les dangers des tâches à terre en zone de l’avant ont tout de même laissé quelques souvenirs.

Le corps des Volontaires Féminines Françaises

La nécessité d’un corps de Volontaires françaises s’est fait sentir dès le début de la création des Forces Françaises Libres. En effet, il s’agissait de libérer au plus tôt des combattants utilisés dans les divers services. Les emplois pouvant être repris par des femmes étaient les suivants : employées de bureau, téléphonistes, conductrices de véhicules, contremaîtresses – tailleurs, plantons, traductrices –, interprètes, cuisinières, serveuses de mess.

Cette énumération d’emplois est indicative et non limitative.

L’effectif initial ne peut dépasser 100. Plus tard, il sera fixé à 200. Entre temps, des femmes n’auront pu être acceptées, à leur grand regret.

Le lieutenant Simone Mathieu (championne de tennis) est placée à la tête de ce corps. Elle recueillera aussitôt toutes les fiches de renseignements qui ont manifesté le désir de se faire militariser dans les FFL, puis elle ira s’installer à Westminster House, où elle recevra personnellement toutes celles qui sont prêtes à se faire incorporer.

Un stage de 14 jours à Bournemouth s’ouvre alors. Toutes les Volontaires se présentent au dépôt central (Gordon Street), où elles accompliront les formalités suivantes :

– présentation des pièces d’identité et autres documents, acte ou certificat ou papiers de famille, diplômes, brevets ou équivalence, permis de conduire, attestations ;

– signature de l’acte d’engagement ;

– établissement de la fiche signalétique. Renseignements à la sécurité ;

– photographie d’identité ;

– prise en charge du carnet de solde – pay book.

Sauf cas exceptionnel, elles devront être de nationalité française, âgées de 18 ans au moins et 43 ans au plus.

En cas de départ aux TOE, une nouvelle visite médicale sera exigée, et la Volontaire devra se soumettre aux règles médicales concernant la vaccination et l’inoculation.

Au début du mois de novembre 1940, le lieutenant est entourée du sous-lieutenant Volontaire française Burdet, du sous-lieutenant Volontaire Hackin, des adjudantes Volontaires françaises de l’Epine et Belhomme (admises exceptionnellement après accord avec les Britanniques qui n’ont pas dans les ATS (Auxilliary Territorial Service) le grade d’adjudant. Le lieutenant Deaner (ATS) remplit les fonctions d’officier de liaison du War Office britannique (ministère de la Guerre) et, pendant deux mois, se tiendra en rapports constants avec le lieutenant Mathieu pour la mise en marche, l’organisation des stages, les divers détails.

Soixante-dix volontaires sont incorporées en quelques jours (trois contingents) ; le nombre passera à 100 (limite maximum) en janvier 1941.

Les règlements de discipline générale des militaires des FFL demeurent applicables aux Volontaires Féminines, qui sont sous le contrôle direct du commandement. Elles doivent consacrer tout leur temps au service, de jour comme de nuit.

Si les circonstances le permettent, elles recevront des permissions dans les mêmes conditions que les autres membres des FFL ; ces permissions ne constituant jamais un droit.

La radiation d’une Volontaire peut être prononcée dans les circonstances suivantes :

– mauvaise conduite, manque de discipline, faute contre l’honneur, incapacité notoire ;

– raison personnelle notoire (sur la demande de l’intéressée) ;

– maladie ou accident entraînant une incapacité de servir.

Dans les deux premiers cas, pas de préavis ; dans le troisième cas, préavis de 28 jours, après que l’autorité médicale aura statué. Le port de l’uniforme est obligatoire. Il est conforme au modèle des ATS (militaires anglaises). Il comprend :

– tunique et jupe kaki, boutons de cuivre ;

– écussons bleu ciel, avec croix de Lorraine blanche ;

– casquette et bonnet de police kaki ;

– manteau de drap kaki ;

– bas kaki et souliers cuir fauve.

Le port d’effets civils peut être autorisé aux Volontaires en permission, hors de leur affectation. La hiérarchie est la suivante : volontaire de 2e classe, volontaire de 1re classe, caporal, sergent, adjudant, adjudant-chef, sous-lieutenant, lieutenant, capitaine.

Les promotions ont lieu exclusivement au choix et sont faites suivant la nécessité du service.

Fin 1940, le contingent des Volontaires Françaises régulièrement incorporé est caserné à Hill Street n° 42 (Mayfair) et employé de la manière suivante dans les emplois prévus :

– au dépôt central (Gordon Street) : 15 ;

– au quartier général (Carlton Gardens) : 12 ;

– à Westminster House (Marine) : 5 ;

– à l’hôpital de Beaconsfield : 3 ;

– à Hill Street (casernement des Volontaires) : 35 ;

– en stage et en cours : 20.

Le personnel du Dépôt central à Barnes, en octobre 1941. Les Volontaires Féminines de la France Libre étaient 70 en 1940, elles se retrouvèrent à plus de 400 en août 1948. Dès leur engagement,
ces jeunes femmes subissaient un entraînement militaire
de six semaines dans un centre de formation britannique, avant d’être réparties entre les différentes armes (ECPAD).

« La France a perdu une bataille, mais elle n’a pas perdu la guerre… » Cette phrase a résonné dans beaucoup d’oreilles et l’intuition des femmes leur dictait qu’elles auraient un rôle à jouer et une place dans ce combat particulier qui déferlait sur le monde.

Le désastre de juin 1940 donnait une impression d’écroulement et de fin du monde. Le mot « Français » nous apparaissait entouré d’une auréole d’invincible courage, notre armée était notre orgueil et ses chefs avaient la confiance de la nation française et de ses Alliés. Tout cela venait de s’effondrer en quelques jours et nous laissait douloureusement désorientés (…)

J… travaillait dans une poudrerie en Bretagne, elle se révoltait contre l’inertie de ses collègues qui se résignaient à ce désastre. Munie d’un léger bagage, elle parcourut les quais du port de Brest en quête d’un bateau qui rallierait l’Angleterre. Elle le trouva, monta à bord avec quantité de réfugiés et de soldats polonais. Ils arrivèrent à Plymouth le lendemain.

J…, M…. toute une famille de marins-pêcheurs du Portel, accostèrent sur les côtes anglaises. Parmi elles, quatre futures VF.

P… embarquée à Bordeaux, habillée en soldat polonais.

Fuyant les bombardements, trois jeunes Brestoises rejoignirent des frères et des cousins sur le port et embarquèrent sur un bateau qui levait l’ancre pour l’Angleterre.

À Saint-Nazaire, une secrétaire de l’ambassade britannique gagna l’Angleterre à bord d’un cuirassé avec, pour tout bagage, son sac à main !

Certaines, ayant fui Paris en mai 1940 avec leurs parents, traversèrent la France et l’Espagne. Elles trouvèrent, au Portugal, la possibilité de rallier, via Gibraltar, les côtes anglaises. Mais les toutes premières Volontaires furent des résidentes en Angleterre : jeunes filles au pair ou en collège pour étudier la langue anglaise, Françaises mariées à des sujets britanniques.

Les Volontaires Féminines à l’entraînement au camp de Camberley. Toutes surent tenir leur place avec courage, dévouement et efficacité, remplaçant les hommes dans de multiples tâches indispensables (ECPAD).

Les Anglaises étaient mobilisées. Elles avaient le choix entre l’armée, l’aviation, la marine et les travaux agricoles. À la fin de l’année 1940, le QG du général de Gaulle créa un « Corps féminin ». L’appellation qui suscita des quiproquos devint : Volontaires Françaises Féminines.

En Haïti, G… vivait avec ses parents en poste de fonctionnaires. Elle s’engagea au Comité de soutien de la France Libre et transita par l’Amérique pour se retrouver parmi les VF de Djibouti. J… fit le tour par le cap de Bonne-Espérance et des escales dans différents ports anglais de la côte africaine avant d’être incorporée.

S… de Calais, déjà engagée à la Croix-Rouge aux premières heures de la guerre et soignant les blessés sur le front de l’est, se replia avec son équipe en se cachant dans des trains de marchandises pour aboutir à Bordeaux. Elle eut la chance de pouvoir monter à bord de l’un des derniers bateaux français quittant notre pays avec à son bord une partie de l’état-major de l’armée tchèque qui fuyait le sol ami après l’invasion de son pays par les nazis. À bord de ce bateau, S… rencontra la femme du commandant, également infirmière de la Croix-Rouge, qui plus tard s’engagea en tant que « maître infirmier » à bord d’un transport de troupes commandé par son mari : son voyage dura un an.

Un peu plus tard, lorsque les îles Saint-Pierre-et-Miquelon furent ralliées à la FL, une trentaine d’îliennes postulèrent pour un engagement ; mais sept d’entre elles seulement furent envoyées en Angleterre. Les conditions de voyage sur l’Atlantique n’étaient pas dénuées de difficulté en 1942. Les autres jeunes femmes furent mobilisées sur place ou envoyées en Amérique et au Canada dans différents services.

Le lieutenant Simone Mathieu, ancienne championne de tennis et premier chef de corps des Volontaires Féminines (DR).

Des territoires lointains de la Nouvelle-Calédonie, à cinq mille lieues de l’Europe en guerre, plus d’une centaine de jeunes femmes se portèrent volontaires ; mais étant donné les dangers du voyage et la précarité des transports, il fut convenu que les deux premières sur la liste des engagées seraient les représentantes de ces îles lointaines.

T…. conductrice pendant la Drôle de Guerre et qui devait devenir notre second chef, eut toutes sortes de péripéties pour quitter le territoire occupé. À son arrivée en Angleterre, elle fut mise sous séquestre car ce que craignaient le plus les autorités anglaises, c’était l’infiltration d’agents. Aussi bon nombre d’émigrés passaient par des centres de tri : Patriotic School, par exemple.

Début novembre 1940, lors de l’appel des premiers contingents de VF, après un examen d’aptitude physique, les Volontaires signèrent un engagement à suivre les armées de la France Combattante sur tous les fronts pour la durée de la guerre plus trois mois. Leur vie militaire débuta par un entraînement de plusieurs semaines dans des camps de l’armée anglaise féminine (ATS) : Bournemouth, Aldermaston et Guilford. L’accueil des Britanniques fut très sympathique ; elles s’efforcèrent de nous faciliter le contact avec les rudiments de la vie militaire. Pour certaines, il y avait la barrière du langage puisque les cours étaient en anglais… mais nous avions toutes un moral terrible et nous nous appliquions à faire de notre mieux ; même pour les corvées inévitables : balayages, lavage des sols, cuisine, vaisselle, pluches, etc.

Remise du fanion des Volontaires Féminines au capitaine Hélène Terré, second chef de corps, par le général de Gaulle à Londres, le 11 novembre 1942 (ECPAD).

Le jour où nous avons « touché » notre uniforme compta beaucoup pour nous toutes et l’émotion fut intense quand nous avons cousu le mot « France » sur le haut de notre manche. Nous nous sentions des soldats à part entière. Pensez, pour la première fois des femmes étaient enrôlées régulièrement dans l’Armée française – hormis les infirmières qui pendant les deux dernières guerres avaient tenu un rôle efficace.

Il y eut beaucoup à dire au sujet de nos uniformes, mais avec les retouches que nous y avons apportées la coquetterie ne perdait pas ses droits… Cela devenait très acceptable.

Nous vivions dans une très belle demeure en plein cœur de Londres (Mayfair) et l’apprentissage de la vie en commun se faisait progressivement. Les journées étaient bien remplies puisque nous étions toutes occupées par des travaux divers. Certaines, sachant taper à la machine, travaillaient dans les bureaux des états-majors ; celles qui conduisaient étaient au volant et se familiarisaient avec la conduite à gauche ; nous remplacions les hommes envoyés dans les unités combattantes. Il y avait des centres d’accueil où les arrivants de France et d’ailleurs étaient regroupés en vue de leurs engagements à la France Libre. Beaucoup de personnel féminin dans ces centres : les cantines mobilisaient des cuisinières, des serveuses.

Les jeunes VF qui parlaient couramment la langue anglaise étaient employées comme « plantons » (on dirait maintenant hôtesses), d’autres étaient envoyées dans des collèges dans les grandes villes du pays pour y donner des conférences sur la France Libre et sur les conditions d’existence en territoires occupés. Les infirmières avaient immédiatement des affectations tant les besoins étaient importants.

Le service « Z », c’est-à-dire tout ce qui avait trait à la guerre chimique, gaz principalement, demandait à former du personnel dans cette éventualité. Le travail quotidien des VF réalisé simplement, crânement, avec abnégation parfois, était renforcé par des « tours de garde » de nuit car la bataille d’Angleterre faisait rage et les bombardements allemands étaient terrorisants. Chaque nuit, une équipe était de garde sur les toits afin d’éteindre les bombes incendiaires (avec un sac de sable). Puis, lorsque les évacuations des immeubles éventrés étaient en cours, une autre équipe sortait dans les rues du quartier afin de distribuer du thé que nous portions dans des seaux, et réconforter les sinistrés et les blessés. Il y eut des nuits très dures à vivre, mais les VF étaient des soldats et n’eurent jamais de défaillances. Même pendant la nuit du 17 avril 1941 où une bombe tomba sur leur « caserne ». Une VF fut tuée, une dizaine d’autres blessées mais l’évacuation se fit dans le calme.

Lors des grands meetings organisés à l’Albert Hall, sous la présidence du général de Gaulle, elles étaient désignées pour faire la haie d’honneur sur son passage, puis distribuaient les programmes et de belles photos des unités des Forces Françaises Libres (ressemblant à une magnifique plaquette). Au défilé du 14 juillet et du 11 novembre, les VF étaient très applaudies parmi les soldats de la France Libre.

« Ce sont des rebelles », disaient de nous les Anglais qui nous voyaient dans les rues de Londres. Ces jeunes femmes de France qui ont rejoint les FFL au même titre que les hommes ont été destituées de leur nationalité. Si elles étaient capturées sur un sol étranger (on s’attendait à une invasion des troupes allemandes dans les derniers mois de l’année 1940), elles seraient passibles, en tant que francs-tireurs, d’être fusillées. Aucune n’a jamais attaché d’importance à ce fait.

Première inspection par le général de Gaulle des Volontaires Féminines à Camberley, en 1942 (DR).

Une grande, belle mais austère maison nécessite de l’entretien, et des tâches ingrates incombaient à quelques-unes : ménage, cuisine et ravitaillement. Une de nos chefs de cuisine était une charmante et distinguée personne (la quarantaine). Elle possédait, avant la guerre, une maison de couture à Londres et, ayant été sinistrée en juillet 1940, elle n’eut qu’une pensée : « servir ». Elle s’engagea pour n’importe quel boulot ingrat et c’est ainsi qu’elle dirigea une équipe de jeunes filles qui n’avaient, elles non plus, jamais été habituées à de tels travaux. Aussi étaient-elles désignées et non pas volontaires, mais l’envie de bien faire les animait et l’ambiance était excellente. Les repas étaient sobres et variés, malgré les difficultés d’approvisionnement.

Les années de guerre nous apportaient l’espoir d’une victoire avec les valeureux combats de nos troupes en Afrique et les bombardements intensifs que les pilotes britanniques et alliés infligeaient à l’Allemagne. Fin 1942, le débarquement allié en Afrique du Nord modifia quelque peu notre vie, car des VF se préparaient à partir à Alger, du fait que les EM allaient s’installer pour « fusionner » avec l’armée d’Afrique.

Entre temps, en France, la Résistance prenait une ampleur considérable. De nombreuses VF étaient employées au service du chiffre pour le décryptage des messages reçus de France occupée par les soins des émetteurs radios clandestins. Nombreuses furent celles qui postulèrent pour se faire parachuter, mais un tout petit nombre (cinq ou six) fut retenu pour passer de l’autre côté de la Manche.

Dans les camps d’entraînement de la France Combattante, un personnel nombreux avait suivi des cours de conduite : voitures, camions, motos, n’avaient plus de secret pour elles. Puis, en liaison avec l’armée britannique, il leur fallait programmer la future organisation de l’administration française, au fur et à mesure de l’avance des armées alliées ; et, surtout, les missions de liaison entre les armées américaines et anglaises sur les territoires occupés. Aussi, la façon de gérer les camps de réfugiés et de « personnes déplacées ». Il leur fallut apprendre à lire des cartes, à faire la cuisine pour des groupes importants, à se familiariser avec l’armement qui leur était confié : carabines, mitraillettes.

Au débarquement, une équipe de VF fut intégrée parmi le personnel administratif et mit en pratique l’instruction qui leur avait été donnée.

Entre temps et sur le modèle anglais, plusieurs sections avaient été formées selon les besoins des services de la France Libre.

Certaines se retrouvèrent en section Terre, Marine, Aviation ou service social, mais toutes travaillaient avec la même fougue.

Des VF Marine furent envoyées en Corse, lors de sa libération, d’autres incorporées à un régiment de fusiliers marins comme personnel médical. Elles furent très exposées au combat pendant la campagne d’Italie. D’autres suivirent la progression des troupes françaises au-delà du Rhin et découvrirent avec effroi l’horreur des camps de concentration.

Mais, on le sait, il faut une maintenance et les VF, dont les tâches obscures ne les mirent pas au premier plan de la victoire finale, surent vaillamment tenir jusqu’à la fin des hostilités et subirent les attaques des armes secrètes allemandes, les V1 et les V2 : ces bombes volantes qui en chutant désintégraient tout. On pourrait en conclure que ces valeureuses combattantes retrouvèrent leurs familles, mais la vie en France libérée n’était pas facile : familles dispersées, déportées pour certaines ; destructions dans les villes et les campagnes. Un contingent fut mis sur pied pour le départ en Indochine.

Le fanion que nous avons reçu du général de Gaulle en novembre 1942 est déposé au Musée de la Libération, à l’Hôtel des Invalides à Paris.

 

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 295, 3e trimestre 1996.

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