Lettre de Bernard Savary à ses parents (27 août 1940)

Lettre de Bernard Savary à ses parents (27 août 1940)

Lettre de Bernard Savary à ses parents (27 août 1940)

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Bernard Savary naît le 8 mai 1920 au Havre. Fils d’un charpentier, il travaille, de 1935 à 1938, dans une fabrique d’ouvrages pour dames, avant de s’engager pour quatre ans dans l’armée en novembre 1938. Formé au régiment d’infanterie coloniale du Maroc à Aix-en-Provence, il est envoyé au Levant. Il sert au 24e régiment d’infanterie coloniale (24e RIC), stationné depuis septembre 1939 à Tripoli (Liban).
Le 27 juin 1940, le capitaine Raphaël Folliot, commandant de la 3e compagnie du 24e RIC, reçoit un télégramme de l’état-major de Beyrouth, annonçant l’armistice. Rassemblant aussitôt ses hommes, il leur annonce sa décision de passer en Palestine, pour continuer le combat avec les Britanniques. Toute sa compagnie les suit, dont le caporal Bernard Savary. Une centaine d’hommes embarquent avec armes et bagages dans des camions, avec de faux ordres de mission, et rejoint la Palestine dans la nuit.
Installée à Ismaïlia, en Égypte, la compagnie est rejointe par des éléments du 3e bataillon du 24e RIC, qui ont rallié la France Libre depuis Chypre, où ils avaient été envoyés pour aider les Britanniques à protéger l’île contre les Italiens. Ces hommes forment le 1er bataillon d’infanterie de marine (1er BIM).
En décembre 1940, la compagnie de Bernard Savary est engagée en Tripolitaine contre les Italiens et participe au siège victorieux de Bardia (3-5 janvier 1941).
En mai 1941, il rejoint le camp de Qastina, où le gros des Forces françaises libres est regroupé, en vue de la campagne de Syrie (juin-juillet 1941). Après cette campagne fratricide contre l’armée vichyste de Syrie, le BIM repart en Égypte au sein de la 1re brigade française libre du général Kœnig, qui combat à Bir Hakeim. Fait prisonnier lors de la sortie de vive force le 11 juin 1942, il est embarqué à bord du cargo italien Nino Bixio, torpillé au large des côtes grecques par un sous-marin britannique le 17 août suivant, mais fait partie de ceux qui réchappent à la mort, ayant fait le choix de rester à bord.
Débarqué à Bari, il rejoint Bergame en train, où il est interné jusqu’en septembre 1943. Après la chute de Mussolini (juillet 1943), l’Italie signe un armistice avec les Alliés, rendu public le 8 septembre. Première conséquence : Les portes du camp de Bergame s’ouvrent.
En tentant de rejoindre la Suisse, Bernard Savary est repris par les Allemands et envoyé au Stalag IV B, à Mühlberg, près de Dresde. En juin 1944, les conditions de détention se dégradent. Profitant d’un transfert vers un kommando, dans une carrière à Halle-sur-Saale, il s’évade et rejoint la France en vélo.
À Charmes (Meurthe-et-Moselle), il intègre le maquis du même nom, qui fait partie du groupe Lorraine 42, avec lequel il effectue des sabotages, en qualité de chef de section et sous le pseudonyme de « Leleu » (nom de jeune fille de sa mère). Le 3 septembre 1944, un détachement allemand de 250 hommes attaque le château de Ménil-Mitry, où est réuni l’état-major du maquis. Bernard Savary est tué durant les combats.

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Ismaïlia le 27 août 1940
« Bien chers parents
Quand vous recevrez cette lettre, je serais certainement porté disparu dans les noms des hommes qui font actuellement partie du 1er BIM d’Infanterie de Marine. Aussi je veux vous mettre au courant de tout ce qui s’est passé depuis le 27 juin.
Vous savez aussi bien que moi que la France a signé cet odieux pacte que signifiait l’Armistice.
Qu’auriez-vous fait à ma place ! Le vôtre aussi, pour l’avoir fait. Je ne dois pas rester inactif. Non, je ne devais pas laisser ces Boches (…).
À ma place tu en aurais fait tout autant, et toi Maman tu m’approuves, j’en suis sûr.
Aujourd’hui nous nous apprêtons à partir pour la Libye pour combattre les Italiens.
Ah je vous assure que nous partons avec un moral formidable. Et si l’on revient, je crois que j’aurais fait avant tout ce que je devais faire.
C’est pourtant un engagement qui vous soucie aujourd’hui.
Cette lettre vous parviendra par les soins de M et Mme M., des Français du Havre que j’ai rencontrés ici.
Remerciez-les car ils m’ont accueilli comme leur enfant. J’ai été reçu chez eux et je me croyais chez nous.Car ils ont fait tout pour me rendre gai le jour où j’avais le cafard, les mains sur ma Normandie…
Non je ne devais pas accepter le régime hitlérien, placé sous les ordres de ce salaud et obéir à ce (…).
Je ne veux pas certes mourir de (…) alors que je peux faire quelque chose, une bien petite chose, pour aider nos amis les anglais, non pas les amis anglais mais nos frères les anglais, à gagner cette guerre pour permettre à la France d’être un jour libre à nouveau et retrouver cette liberté que nous avons perdue.
Aussi le 27 juin je passais avec 80 de mes camarades avec armes et bagages en Palestine.
Puis le 28 juillet je partais pour l’Égypte, pays duquel je vous écris cette dernière lettre.
J’espère et je crois que vous m’approuvez, Toi Papa…
Je voudrais aussi que vous voyiez tous mes amis : Monsieur Tacaud, Monsieur Guillaumette, Barthe, pour leur dire que si j’ai cessé de leur écrire c’est parce que j’y étais forcé.
Et puis à Janine, dites-lui que son grand frère, son parrain a fait son devoir de vrai français, qu’il est mort en vrai français et que si la France est tout pour moi, elle avait une part de vous dans mon cœur.
Et pour Gérard, élevez-le comme vous avez fait pour moi. Dans les principes que vous m’avez donnés, et faites-lui comprendre qu’avant tout, tout doit s’effacer, rien ne doit plus compter quand la Patrie est en danger et que lui aussi fasse toujours son devoir de Français.
Et toi Papa, je sais que tu m’approuves et que tu es fier pour moi. Je ne suis peut-être pas grand-chose mais tu m’as élevé dans des principes qui maintenant m’ont en tout dicté mon devoir.
Je me souviens que je n’ai pas donné toujours satisfaction mais quand on est gosse, on ne se rend compte de rien, mais si tu pouvais savoir comment je regrette maintenant tout ce que j’ai fait.
Ah ! Tu sais, on ne pense pas assez à ses parents, mais dans le fond du cœur, ils trouvent eux aussi une grande place.
Quant à toi ma petite Maman Chérie, je t’ai souventes fois fait pleurer pour des bagatelles, et depuis deux mois, tu dois te rendre malade de ne plus avoir de nouvelles de moi, mais je t’en prie, je t’en supplie, approuve moi, approuve ce que j’ai fait et dis-toi que partout où j’irai ma pensée sera imprégnée de toi.
Pardonne-moi tous les tourments que je t’ai causés, que je te cause, pour ne plus songer qu’à notre France qui sera et que vous verrez à nouveau libre de faire ce qu’il lui plaira sans demander comment à Hitler.
Je vous quitte mes chers parents en vous demandant pardon pour la peine que je vous cause. Et je vous embrasse de tout mon cœur. Embrassez bien pour moi Janine et Gérard.
Votre gars qui vous aime et vous embrasse de tout son cœur.
Vous trouverez ci-joint ma plus récente photo.
Bernard. »

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Archives de Janine Savary-Buhot
Florence Roumeguère, L’Odyssée air, mer, terre 1940-1945 des 500 Français Libres du Havre, Le Havre, Association des anciens et amis de la France Libre du Havre, p.44-45.
Florence Roumeguère, « Bernard Savary. Un jeune héros havrais dans la France Libre et la Résistance (9 mai 1920 – 3 Septembre 1944) », Amicale de la 1re DFL, 2013.

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