Lettre de Philippe Béraud à Jeanne Moorsom (mars 1941)

Lettre de Philippe Béraud à Jeanne Moorsom (mars 1941)

Lettre de Philippe Béraud à Jeanne Moorsom (mars 1941)

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Philippe Béraud naît à La Rochelle le 22 décembre 1919 dans une famille de sept enfants. Son père est médecin pédiatre. Après un long internet dans une institution religieuse de Bayonne, il prépare un baccalauréat technico-commercial, afin de devenir gérant-comptable. En parallèle à ces études, il s’inscrit en 1937 au club d’Aviation populaire de Lagord, où il assouvit son besoin d’aventure. Breveté pilote à 18 ans, il décide de faire de sa passion son métier.
En novembre 1938, il s’engage pour cinq ans dans l’armée de l’air. Ayant réussi le concours de recrutement de l’école des sous-officiers de carrière du personnel navigant, il intègre la 1re compagnie du bataillon de l’air n° 105 à Lyon-Bron, où il démarre sa formation. En décembe, il est détaché au centre de perfectionnement de l’Aviation populaire d’Aulnat, où il se lie d’amitié avec Henri Laffont, qu’il retrouvera en Angleterre.
En janvier 1939, il réussit le peloton des caporaux, dont il sort 8e sur 41 candidats. Le 30 mars, il reçoit son macaron de pilote : n° 26 991.
Toutefois, quelques jours avant de rejoindre Istres, où il doit achever sa formation, une pleurésie est décelée. Sa convalescence dure jusqu’en juin 1940.
Suite à l’offensive allemande, sa promotion est repliée à Angoulins-sur-Mer. Malgré la maladie, Béraud les rejoint, mais, terrassé par une nouvelle crise, est placé en observation à la clinique du Mail, à La Rochelle.
Le 17 juin, il s’échappe de la clinique, passe à la propriété familiale des Gonthières, où il prend sa moto, et rejoint sa promotion, qui doit se regrouper plus au sud, à Saubrigues (Landes). Le 23, ayant appris que des navires doivent embarquer des troupes à Saint-Jean-de-Luz, il emprunte une voiture avec quelques camarades et s’enfuit vers la côte basque.
Dans la cohue, il parvient à embarquer à bord de l’Arandora Star qui le conduit à Liverpool, avec une cinquantaine d’autres élèves pilotes français, dont Roland de La Poype ou Jean Maridor.
En Angleterre, les Français sont regroupés au camp d’Arrow Park, où ils sont interrogés individuellement par des officiers de l’Intelligence Service. Le 27 juin 1940, il signe, sous le nom d’emprunt de « Philippe Dubare », un engagement dans la Légion de Gaulle. Après un passage par Olympia Hall, à Londres, il est envoyé à Saint-Athan, au sud du Pays de Galles, avec les autres aviateurs.
Nommé sergent le 1er octobre 1940, il reprend alors l’entraînement dans les écoles de la Royal Air Force (RAF) : à l’école franco-belge d’Odiham, en novembre, où il reçoit la formation initiale, au No. 5 Service Flying Training School de Ternhill en juin 1941, puis à l’Operational Training Unit (OTU) de Crosby-on-Eden en septembre 1941.
Promu Sergent-chef en octobre 1941 et sous-lieutenant en décembre, il est affecté en novembre au 132 squadron à Peterhead, en Écosse. Son unité est déplacée à Tain, au nord de l’Écosse, en février 1942, puis dans les Orcades et les îles Shetland, en mars, avant de rejoindre Martelsham Heath, dans le Suffolk, au sud-est de l’Angleterre, le 24 septembre 1942.
Le 21 janvier 1943, il est affecté au groupe de chasse n° 1 Alsace des Forces aériennes françaises libres, de retour du Proche-Orient et en cours de reformation à Turnhouse, près d’Édimbourg, sur Spitfire V en tant que 341 squadron de la RAF. Béraud devient le rédacteur du journal de marche du groupe, illustré par Pierre Clostermann et l’Anglais William Hooper.
En mars, le groupe Alsace remplace à Biggin Hill le groupe de chasse n° 2 Île-de-France (340 squadron de la RAF), mis au repos, et hérite de ses Spitfire IX.
Le 17 avril 1943, au cours d’une mission de couverture de bombardiers sur la gare de triage de Caen, le lieutenant Béraud est abattu. Son avion s’écrase à Cuverville (Seine-Maritime). Il est le premier mort du groupe Alsace en Grande-Bretagne.

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En Grande-Bretagne, Philippe Béraud retrouve Jeanne Moorsom (1913-2012). Née Phelippon à La Rochelle dans une famille de la bourgeoisie aisée liée d’amitié à la famille Béraud, elle est mariée à Frederick Moorsom, un armateur gallois, et s’établit à Cardiff, où elle a trois enfants ; Philippe Béraud devient le parrain du dernier, Patrick, né en 1943.
Dans la lettre qui suit, écrite alors qu’il est en formation à Odiham, Philippe Béraud exprime son malaise, celui d’un jeune homme exilé, souffrant du mal du pays, condamné à mort et redoutant le jugement des siens.

« Mars 1941
Je suis maintenant le seul absent de la famille et malgré les soucis qu’on doit se faire à mon sujet, ils sont certainement tous heureux après cette terrible épreuve qu’a été la guerre. Heureux autant qu’on puisse l’être dans de telles circonstance. Vous voyez, si je ne rentrais pas ce serait sans grande importance. Les parents m’aiment tellement que quand ils savent que je vole, ils sont heureux ; c’est toute ma vie de piloter et ils l’ont bien compris. Si je meurs, tous savent que c’est comme je l’entendais et que c’est heureux. Tandis que si l’un de mes beaux-frères n’était pas revenu, il y aurait eu beaucoup de choses à jamais brisées à la maison.
Je n’ai plus maintenant qu’une seule petite inquiétude, je vous dis tout, notre amitié m’est si agréable et ça me fait tellement de bien de vous dire mes pensées. Cette inquiétude, c’est le regret que j’ai de n’avoir pas trouvé dans leur lettre un seul mot pour me dire, sinon qu’on m’approuve, tout au moins qu’on ne me désapprouve pas. J’aurais été heureux de savoir que les miens étaient de mon côté. Je sais qu’ils me comprendront toujours, ils sont très compréhensifs, mais j’aimerais plus que de la compréhension. Peut-être Jacqueline ne se rend-elle pas compte de ce qu’un mot dans ce sens aurait représenté pour moi, qui suis parti sans même qu’on s’en doute. Ils ne doivent pas savoir en France ce que c’est pour nous, si nous les sentons derrière nous. C’est tout ce qu’on leur demande. Nous sommes dans une situation tellement bizarre, voire critique… Personnellement, je suis trois fois condamné à mort. Ce qui m’est du reste tout à fait égal. Mon nom s’accompagne des doux qualificatifs de déserteur et de mauvais Français, voire traître (pour avoir fait bombarder des usines en France). Je suis déchu de la nationalité et mes quelques biens me sont théoriquement confisqués. La France, aussi bien libre qu’occupée, m’est interdite sauf pour être exécuté. Enfin tout ceci n’a pas une très grosse importance et n’a surtout rien de déshonorant. Mais quand on se met tout ça « sur le dos » une nuit au ciel bas, déguisé en Polonais en traversant une rangée de sentinelles après s’être fait « flanquer » entre quatre hommes baïonnette au canon, et après avoir déjà manqué un embarquement, on aimerait savoir que les siens pensent qu’on a raison, ou tout du moins, pas tort.
Enfin si on gagne la guerre un jour, tout ça s’arrangera tout seul. Si on ne la gagne pas, il y aura toujours assez de pagaille en France pour que je puisse aller de temps en temps embrasser mes parents sans me faire prendre. L’armistice viendra par la suite mais je n’accepterai que la réhabilitation. Ce n’est pas déserter que d’abandonner une armée qui pose les armes. Ce n’est pas être mauvais Français que de vouloir chercher le bien de son pays, dans ce qu’on croit être l’honneur. »

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Patrick Collet, Portés disparus : Claude Raoul-Duval, Philippe Béraud, destins croisés 1940-1943, Heimdal, 2014, p. 93-94.

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