La presse de la France Libre

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Quand il lance son appel à poursuivre le combat, à la radio de Londres, le 18 juin 1940, à 22 heures, le général de Gaulle est un inconnu pour le grand public, malgré un bref passage au sous-secrétariat d’État à la Guerre et à la Défense nationale du 5 au 17 juin. Soumis à des pressions du gouvernement britannique, soucieux de ne pas hypothéquer l’avenir du côté du gouvernement de Pétain, de Gaulle doit atténuer son texte (1).

L’Appel lui-même est peu entendu. En France, quelques journaux le reprennent (Le Petit Provençal, Le Petit Marseillais, Le Progrès de Lyon). De même, a contrario de ce que Vichy escomptait, sa condamnation à mort, le 2 août 1940, par le tribunal militaire permanent de la 13e Région séant à Clermont-Ferrand, annoncée en une de Paris-Soir et du Figaro, contribue à faire connaître son combat.

De Gaulle a immédiatement compris l’intérêt des médias pour diffuser ses idées parmi les opinions publiques française et internationale. Sa correspondance témoigne de l’attention vigilante qu’il n’a cessé d’accorder au contenu des publications et des radiodiffusions de la France Libre.

Le jour même de l’Appel, il en communique la version originale aux quotidiens londoniens ; elle est reproduite le lendemain dans le Times et le Daily Express (2). Le 2 juillet, une version légèrement différente – longtemps considérée à tort comme une ébauche de l’Appel – est filmée pour les actualités cinématographiques.

Puis une affiche tricolore « À tous les Français » est imprimée à 1 000 exemplaires dans la seconde quinzaine de juillet et placardée sur les murs de Londres et des grandes villes anglaises les 3 et 4 août, suite à la reconnaissance, le 28 juin, du Général comme chef des Français Libres par le gouvernement britannique (3).

À l’occasion du 14 juillet, au cours duquel 300 militaires français défilent à travers Londres, il rédige un éditorial pour une feuille intitulée Quatorze juillet, tirée à 70 000 exemplaires, selon les autorités de la France Libre, et mise en vente dans les kiosques du Royaume-Uni.

Au lendemain de l’accord Churchill-de Gaulle du 7 août, relatif à l’organisation, à l’utilisation et aux conditions de service des Forces françaises libres, le mouvement publie un Bulletin officiel des Forces françaises libres. Le premier et unique numéro paraît le 15 août 1940 ; l’appel du 18 juin et l’affiche « À tous les Français » figurent en première page, avec le texte de la reconnaissance du 28 juin. Puis, le 20 janvier 1941, la France Libre se dote des attributs d’un État en éditant le Journal officiel de la France Libre, qui devient Journal officiel de la France Combattante en juillet 1942.

Le service d’information de la France Libre de Londres joue un rôle important dans l’entreprise de la France Libre, en s’efforçant d’informer et de convaincre Français de l’étranger et opinions internationales du bien fondé des objectifs de la France Libre.

À partir du 20 janvier 1941, la « French Information Mission » publie en anglais La Lettre de la France Libre : News of the Free French movement. En août 1942 (volume 2, n° 21), après que la France Libre a pris le nom de France Combattante, celle-ci est rebaptisée La Lettre de la France Combattante : News of Fighting France. Puis, en août 1943 (volume 3, n° 7), lors de la constitution du Comité français de Libération nationale, elle se fait appeler La Lettre de la France au combat : News of France at war. Enfin, de mars 1944 (volume 4, n° 1) à décembre 1945 (volume 5, n° 4), elle adopte le nom de Tricolore : New of France at war.

À partir de l’automne 1941, le service d’information de Londres publie en français une revue d’information bimensuelle intitulée Documents d’information. En juin 1942, au n° 20, cette revue, distribuée aux délégations pour alimenter leur effort de propagande à l’étranger, devient Les Documents, avec en sous-titre : « recueillis par le Service des publications de la France Combattante ». Le 1er juin 1943, au n° 43, elle prend le nom : Les Cahiers Français, le sous-titre étant désormais : « Revue d’information éditée par la Société des Éditions de la France Libre » puis, après décembre 1943, « par le Comité Français de Libération Nationale, Commissariat à l’Information ».

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Dès l’été 1940, parallèlement au mouvement français libre, une presse française se développe à Londres. C’est d’abord le quotidien France, dirigé par Pierre Comert (4), dont le premier numéro paraît le 26 août 1940. Tirant à trente deux mille exemplaires, il reçoit une subvention du ministère de l’Information britannique de trois mille deux cents livres par mois, les recettes de vente et de publicité – elles ne couvrent qu’un peu plus d’un quart du budget à la fin de 1940, et demeurent inférieures aux dépenses durant toute la durée de la guerre – étant versées au Trésor britannique.

Ce journal offre une réelle proximité avec la France Libre ; un message du général de Gaulle figure en première page du premier numéro ; il consacre une large place dans ses colonnes à la vie de la France Libre et joue un grand rôle dans la construction de son image ; André Rabache, l’un des deux rédacteurs en chef initiaux avec Charles Gombault, est détaché par le mouvement ; enfin, pendant quatre ans, la France Libre se fait envoyer deux milles exemplaires distribués au quartier général de Carlton Gardens, dans les camps et aux unités.

Également financée grâce à des subventions britanniques, la revue mensuelle La France Libre est tirée pour le premier numéro, daté du 15 novembre 1940, à dix mille exemplaires et réimprimé à huit mille exemplaires. Pour comparaison, dans l’avant-propos d’une anthologie lancée sur la France occupée en avril 1944, la revue revendique un tirage mensuel de quarante mille exemplaires.

Lors de la création de cette revue, le directeur de publication André Labarthe est directeur du service de l’armement à l’état-major de la France Libre. Quant au secrétaire de rédaction, qui signe une « chronique de France » sous le pseudonyme de René Avord, il s’agit de Raymond Aron, précédemment passé par la 1re compagnie de chars de combat de la France Libre. Parmi les contributeurs, on signale Georges Bernanos, Albert Cohen, Ève Curie, Henri Focillon, Camille Huysmans, Jacques Maritain, Robert Marjolin, Jules Roy, Thomas Mann, John Dos Passos ou Herbert George Wells.

En dépit de cette proximité initiale du journal France ou de la revue La France Libre avec le mouvement du général de Gaulle, le premier ne tarde pas à exprimer ses désaccords avec les positions du général de Gaulle dans plusieurs de ses éditoriaux. Quant à La France Libre, les relations entre Labarthe et de Gaulle s’envenimant au cours de l’année 1941, elle prend, selon le mot de Raymond Aron, une tournure « agaulliste ».

Dès février 1941, la France Libre songe à se doter d’un organe de presse, mais la parution en est retardée par des difficultés d’ordre technique, mais aussi du fait des exigences de son directeur-rédacteur en chef, le sous-lieutenant François Quilici (5), ancien de l’Agence Havas.

Finalement « organe de combat de la France Libre », selon le cahier des charges (corrigé par le général de Gaulle lui-même), le premier numéro de cet hebdomadaire paraît à Londres le 14 juin 1942 sous le titre : La Marseillaise. Ce titre est financé par Carlton Gardens, son directeur-rédacteur en chef nommé par le général de Gaulle – qui peut seul le révoquer – et il doit maintenir « des contacts étroits » avec le Comité national français (CNF), afin que « l’orientation générale du journal » soit en accord avec son action.

Les éditoriaux sont supervisés – avec laxisme, selon Jean-Louis Crémieux-Brilhac – par Gaston Palewski, directeur du cabinet civil du général de Gaulle. Bernanos, Henri de Kérillis, Jules Romains y signent des articles, de même que le Belge Arthur Wauters (1890-1960), le Tchèque Hubert Ripka (1895-1958), l’Anglais Wickham Steed (1871-1956) ou le Soviétique Ilya Ehrenbourg (1891-1967), correspondant spécial du journal à Moscou. Georges Boris y publie sous le nom d’Alain Chambrey trente-deux articles économiques dans la rubrique « Ordre nouveau ou monde meilleur ». Tout juste évadé de France, Adalbert de Segonzac, qui vient de Paris-Soir, est nommé d’office par le général de Gaulle dans l’hebdomadaire, alors qu’il aurait préféré combattre, mais il se fâche avec Quilici et parvient finalement à se faire affecter aux Forces aériennes françaises libres (FAFL).

Dans l’Empire, de nombreuses publications voient le jour. Ainsi, à Brazzaville (Moyen-Congo), France d’abord, un journal bimensuel publie son premier numéro le dimanche 12 janvier 1941. Imprimé sur les rotatives de L’Avenir colonial belge, à Léopoldville, il a pour gérante Lucienne Droux et pour directeur, à partir du n° 16 du jeudi 25 septembre 1941, Louis Durox (6). Si l’actualité de l’Afrique équatoriale française y est présente, une large place est accordée à la vie de la France Libre et aux discours de ses dirigeants, en premier lieu le général de Gaulle, qui, dès le premier numéro, occupe toute la première page.

Des titres plus anciens demeurent. À Tahiti, le journal mensuel Te Vea Maohi (en français, « Le Messager tahitien »), rédigé en tahitien, tient ses lecteurs informés sur les combats de la France Libre, Ainsi, dans son numéro de janvier 1943, il reproduit une lettre de René Hintze à sa famille, dans laquelle le jeune volontaire du bataillon du Pacifique évoque la bataille de Bir Hakeim.

Les militaires des Forces françaises libres sont également concernés par ce mouvement. Les élèves aspirants de l’École spéciale militaire de Brazzaville, le camp « Colonna d’Ornano » (décembre 1940-décembre 1941), publient à partir d’avril 1941 La Catapulte, un journal bimensuel, qui affiche un fort esprit potache et des convictions « Free French » affirmées.

Entre janvier 1944 et août 1945, le service de propagande de l’état major de l’Air, installé Queensberry Way, à Londres, fait paraître vingt numéros d’un mensuel intitulé le Bulletin des Forces aériennes françaises en Grande-Bretagne. Dans l’équipe figurent Louis Masquelier (1898-1961), qui s’y distingue par ses talents de dessinateur, et Pierre Clostermann, affecté au quartier-général des forces aériennes françaises, à Londres, de septembre 1944 à février 1945.

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À l’étranger, une poignée de Français expatriés improvisent des comités de la France Libre, afin d’assister le général de Gaulle dans son combat. Cet engagement se traduit par un triple effort : favoriser le recrutement dans les Forces françaises libres, participer au financement du mouvement et susciter l’adhésion des opinions publiques. Il passe par l’organisation de manifestations publiques et d’événements culturels, des interventions radiophoniques et la publication d’ouvrages et de publications périodiques (bulletins, journaux, revues). Bien souvent, on retrouve les mêmes équipes d’un média à l’autre.

À la mi-1942, il a été créé des comités nationaux dans trente-neuf pays. Avec les comités locaux, les groupements professionnels et les comités d’entraide affiliés, cela représente près de cinq cents comités.

En Égypte, le « comité national », fondé par le baron Louis de Benoist, agent supérieur de la Compagnie du canal de Suez, nommé délégué général de la France Libre en juillet 1941, rallie à la France Libre les deux tiers de la colonie française en 1942. Sous l’égide du normalien Georges Gorse, membre de la délégation et du comité, les Français Libres publient France toujours, une revue mensuelle de grand format tirée à cinq milles exemplaires, créée en octobre 1941, et une édition cairote de l’hebdomadaire londonien La Marseillaise (7), lancée par Georges et Nadine Gorse avec le concours de Jacques Lassaigne en septembre 1942. « Journal local de bonne tenue » de l’avis de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, il est dirigé par Jean Le Guével jusqu’au début de 1944, puis Henri Vignes, et paraît tous les dimanches sur six à huit pages, grâce au soutien matériel de l’imprimerie du Journal d’Égypte. Par ailleurs, le comité patronne la fondation de l’Agence française indépendante (AFI) pour diffuser les informations de la France Libre à la place de l’Agence Havas et concurremment à l’Agence Reuter.

En Gold Coast (actuel Ghana), le comité crée un journal, Le Trait d’union, diffusé sur toute la côte d’Afrique occidentale.

À l’Île Maurice, le comité mauricien d’aide aux volontaires français à Vacoas crée en 1941 la « Maison de France », un centre qui accueille une librairie et assure la distribution des journaux, périodiques et ouvrages ayant trait à la guerre.

En Amérique latine, le comité de Mexico organise un service d’articles adressés aux journaux, publie un hebdomadaire bilingue – France Libre – tiré à quarante mille exemplaires, tandis que l’association culturelle Pro Francia, dirigée par l’écrivain-diplomate José de Jesús Núñez y Dominguez (1887-1959), organise conférences, soirées à l’opéra et veillées dans les quartiers et que René Étiemble dirige la collection Renaissance à la maison d’édition Quetzal. La propagande du comité est également assurée par la tenue d’expositions ou la création d’insignes métalliques sous la forme d’une boutonnière et de décalcomanies pour les pare-brises des voitures.

En Argentine, on l’on trouve la plus importante colonie française, Albert Guérin fonde dès l’été 1940 la Voix d’Argentine, dont la couverture présente sur un fond tricolore le visage de la Marseillaise de Rude. Il lance également un bulletin, La France Libre, imprimé à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et diffusé sur l’ensemble du continent américain. L’hebdomadaire France nouvelle tire à quinze mille exemplaires. Parmi les membres de ce comité, Roger Caillois anime une revue littéraire, Lettres françaises, éditée par Victoria Ocampo et financée par un groupe d’Argentins francophiles.

Au Brésil, le comité diffuse, entre le 14 juillet 1940 et le 4 juin 1943, des lettres rédigées par un groupe de Français signant collectivement « Constantior » ; elles sont éditées sous la forme de deux pages ronéotypées, avec l’aide du service d’information britannique. Puis le comité central de Rio de Janeiro fait paraître un bulletin périodique en français, tiré à trois milles exemplaires, du 31 mai 1941 au 18 août 1945, et un autre en portugais, tiré à cinq mille exemplaires, du 15 août 1941 au 8 juillet 1944 – à cette date, un bulletin imprimé en portugais par le service d’information français lui succède ; le comité central en diffuse quatre mille cinq cents exemplaires par semaine.

En parallèle, le comité brésilien publie trente-six tracts et documents, seize brochures en français et en portugais, plusieurs affiches, des cartes de vœux au jour de l’An, mais aussi des foulards de soie tricolores dessinés en mai 1941 par Nane Maurice Blum et vendus à travers le pays. À l’occasion du 14 juillet 1944, le comité de Rio de Janeiro fait tirer en grand format le fac-similé d’une gravure d’époque reproduisant les tables de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793.

La France Libre s’appuie aussi sur le soutien de plusieurs journalistes brésiliens, en particulier Pedro da Costa Rego (1889-1954), rédacteur en chef du Correio da Manhã, et de l’écrivain Georges Bernanos, qui entame dès juin 1940 une campagne dans la presse brésilienne « pour défendre l’honneur français aux yeux du pays dont il [est] l’hôte », rédigeant des « Lettres aux Anglais ».

Au Canada, Élisabeth de Miribel crée un service d’information de la France Libre, qui diffuse des nouvelles à partir de février 1941. Installé à Ottawa en juillet, et assisté du Bureau de l’information publique canadienne, celui-ci publie de deux à cinq bulletins par semaine, jusqu’à douze quotidiens et soixante-neuf hebdomadaires de langue française et soixante-huit quotidiens de langue anglaise. C’est notamment le cas de la revue France-Canada. Dans le même temps, il fournit des émissions aux radios et assure quatre-vingt-deux conférences en neuf mois, édite une quinzaine de brochures – parmi elles, le numéro du Témoignage chrétien paru clandestinement en France : « France, prends garde de ne pas perdre ton âme », tiré à vingt-cinq mille exemplaires. Ce service devient centre de réédition et de diffusion à travers l’ensemble du continent américain en décembre 1942.

Aux États-Unis, où 5 % seulement des expatriés français adhèrent à France Forever en 1941, dont moins d’un quart des membres sont de nationalité française, l’hebdomadaire new-yorkais Pour la victoire, repris par Geneviève Tabouis en janvier 1942, tire à vingt mille exemplaires ; à partir de septembre, il reproduit dans chacun de ses numéros deux pages de La Marseillaise de Londres, hebdomadaire gaulliste de François Quilici, qui en paye l’impression. Henri Laugier multiplie les publications, faisant passer France Forever de 13 500 adhérents en août 1942 à 16 500 à la fin de l’année. À Los Angeles, l’acteur Charles Boyer crée à ses frais, en juillet 1942, un centre d’information français à destination des cinéastes américains.

En Turquie, le comité central des Français Libres, implanté à Istanbul, Izmir et Ankara, créé dès la fin de 1940, édite bientôt un bulletin modeste intitulé France et sous-titré : « organe des Français Libres de Turquie et des Balkans ».

Aux Indes britanniques, à l’initiative du lieutenant-colonel Wheeles, chef des services d’information britanniques, le lieutenant de vaisseau Robert Victor, officier du Félix Roussel, prend la tête d’une section française en février 1941 et crée, par l’intermédiaire du comité local, une revue, France-Orient. Publiée à partir de mai 1941, son tirage passe de deux à huit mille exemplaires et son contenu de 64 à 114 pages ; la section presse est assurée par Jacques Marcuse, représentant de l’Agence française d’information (AFI) à New York. Cinq mille exemplaires sont diffusés au Moyen-Orient, en Afrique équatoriale française, dans le pourtour de l’Océan Indien (Le Caire, Madagascar, l’Afrique du Sud, la Réunion, l’Arabie, Djibouti, l’île Maurice, l’Australie) et en Nouvelle-Calédonie. Une édition abrégée est envoyée par avion à Tchong-King, via Calcutta, pour être diffusée en Chine.

À Bombay, le comité local publie un bulletin mensuel, La Revue des Français Libres, remplacée au bout de deux ans par la revue France at War.

En Chine, dans la concession internationale de Shanghai, le comité « France quand même » publie, d’août 1940 jusqu’à l’occupation japonaise (8 décembre 1941) un bulletin hebdomadaire éponyme, ronéotypé d’abord, puis imprimé à partir du n° 8 du 7 octobre 1940. Le principal animateur et rédacteur en est Charles Grosbois (1893-1972), ancien combattant de 14-18 et mutilé de guerre, inspecteur de l’enseignement installé en Chine depuis 1919, vice-président du comité « France quand même » et responsable de son comité de propagande (8).

Aux Philippines, Gaston Willoquet, consul de France et délégué de la France Libre, fait imprimer et distribuer sur les navires de commerce, au début de 1941, un « tract aux navigateurs » annonçant : « Le moment est venu de choisir : vous ne pouvez pas vivre plus longtemps dans l’inaction, dans la résignation, tandis que les êtres qui vous sont chers et qui souffrent sous la botte allemande attendent de vous leur délivrance ». Il fonde également un hebdomadaire, baptisé, non sans provocation, On les aura – en référence à l’ordre du jour n° 14 du général Pétain, « Courage, on les aura ! », signe lé 10 avril 1916, durant la bataille de Verdun -, et diffusé dans l’archipel.

En Australie, Le Courrier australien, journal édité à Sydney en français, devient l’organe des Français Libres, à l’initiative d’André Brénac (1902-1999), un importateur nommé délégué du général de Gaulle le 30 novembre 1940.

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Hommes de plume, les journalistes de la presse écrite n’en négligent pas pour autant le média radiophonique. Henri Vignes signale que le rédacteur en chef de La Marseillaise du Caire intervient à la radio égyptienne, où sont diffusées deux émissions quotidiennes de dix minutes. Aux Indes, Robert Victor, en parallèle de son rôle à la revue France-Orient, participe à l’émission radiophonique hebdomadaire française de la radio de Delhi, à partir de 1941, et apporte sa collaboration au poste de Bombay, dirigé par le marquis de La Valette.

À Londres, André Labarthe, directeur de la revue La France Libre, intervient à plusieurs reprises dans l’émission « Les Français parlent aux Français », diffusée sur les ondes de la BBC. On retient particulièrement l’émission du 8 août 1942, au cours de laquelle il dénonce la déportation des Juifs de France et appelle à « la chaîne des braves gens » pour empêcher le crime.

La radio trouve également un relais dans la presse écrite. En 22 mai 1942, l’émission de la BBC « Les Français parlent aux Français » diffuse anonymement le récit de l’exécution des otages de Châteaubriant rédigé par Aragon. Reproduit dans le magazine américain Life le 25 mai (9), celui-ci paraît à Brazzaville dans France d’abord le 30 juin (10).

Dans son numéro de janvier 1941, France Forever, organe du comité étasunien de la France Libre, non seulement consacre une page aux programmes de la BBC, mais reproduit aussi un appel d’Ève Curie aux Américains diffusé dans son émission à ondes courtes pour le New York Herald Tribune Forum et explique dans une courte notice en anglais et en français « comment entendre les émissions de France Forever destinées à la France » sur les ondes de la WRUL (« World Radio University Listeners »), station à ondes-courtes polyglotte de Boston, appartenant à la BBC (11) – un papillon collé à côté de l’article précise d’ailleurs les « nouvelles heures d’émission ».

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Avec la presse, la radio et les manifestations publiques, l’édition de livres, de brochures et de tracts constitue un puissant moyen, pour informer, convaincre et susciter des engagements. Au même titre que les services d’information de la France Libre, les délégations, les comités à l’étranger ou des personnalités francophiles, la presse s’est investie dans cet effort.

À Beyrouth, l’orientaliste Jean Gaulmier (1905-1997), nommé par le général de Gaulle à la tête du service d’information et de radiodiffusion de la France Libre au Levant (1941-1943), édite une Anthologie de Gaulle (1942) et un volume de Discours aux Français du général de Gaulle (1943) aux Éditions France-Levant, mais aussi un volume intitulé Péguy et nous, choix de Jean Gaulmier, paru en 1943 dans la collection « Problèmes français ». Par ailleurs, il écrit un recueil de pastiches, À la manière de… 1942, paru au Caire aux Éditions du scribe au début de 1942.

Au Canada, les éditeurs québécois Claude Hurtubise (1914-1999) et Robert Charbonneau (1911-1967), proches du catholicisme progressiste de Jacques Maritain, fondent à la fin de 1940 les Éditions de l’Arbre, qui publient deux cents titres au cours de la guerre et une revue, Nouvelle Relève, en septembre 1941. Une première collection, « Problèmes actuels », donne la parole à des écrivains, philosophes et dirigeants en exil ou résistants engagés dans la lutte antifasciste. Puis ils fondent en 1942 la collection « France Forever », dirigée par Henri Laugier, qui lui donne une inspiration gaulliste, et financée par le comité français libre éponyme avec des fonds et l’Office of War Information et de riches particuliers comme Robert de Rothschild. Cette collection publie douze titres entre 1942 et 1945, essentiellement des ouvrages scientifiques destinés au grand public et des livres liés à l’actualité politique et militaire. À partir de 1943, Henri Laugier étant nommé recteur de l’université d’Alger, ils commencent à traverser l’Atlantique (12).

Toujours au Canada, le service d’information, dirigé par Élisabeth de Miribel, fait paraître à Ottawa, à la fin de 1941 et en 1942, entre autres publications, deux volumes des Tracts clandestins qui circulaient à St-Pierre et Miquelon avant l’occupation des îles par les Forces navales françaises libres du général de Gaulle, le jour de Noël 1941.

En Égypte, La Revue du Caire, section égyptienne de « l’organe de l’association internationale des écrivains de langue française » a été fondée en avril 1938 par Mohammed Zulficar Bey. Réalisée à l’imprimerie de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire, elle est dirigée par Gaston Wiet (1887-1971), directeur du musée d’art arabe du Caire et membre du comité français libre local.

Les Éditions de la Revue du Caire ont publié nombre d’ouvrages de Français Libres. Ainsi, Mon séjour chez les Nazis de Géraud Jouve (1901-1991), délégué du général de Gaulle en Turquie (1940-1942), directeur de Radio-Brazzaville à partir de janvier 1943, ouvrages dont la revue signale la parution en 1941.

On peut signaler également Un témoignage, volume de lettres écrites à sa mère par François Garbit, capitaine au bataillon de marche n° 3 (BM3) et compagnon de la Libération décédé de la fièvre typhoïde en décembre 1941. Recueillies au décès de leur auteur par le Père Hirleman, l’aumônier du BM3, elles ont été confiées par lui au Père Margot, un jésuite, qui en a publié une version expurgée, sous le nom du « capitaine G. » (13) ; La Revue du Caire en annonce la parution dans son numéro de décembre 1942.

Le même mois, cette maison d’édition publie Bir Hakim : Relation des combats qui se sont déroulés du 27 mai au 11 juin 1942, premier récit de la bataille de Bir Hakeim, dû à Jean-Pierre Bénard, le seul journaliste présent dans le camp fortifié pendant le siège.

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La littérature résistante française est demeurée largement méconnue en Grande-Bretagne jusqu’à la fin de 1941. La presse de la France Libre a joué un rôle important dans sa mise en lumière. En septembre 1941, au congrès du PEN Club, André Labarthe, directeur de la revue La France Libre, affirme que « les écrivains français se montrent dignes de leurs traditions, dignes de leur peuple », mentionnant Gide, Mauriac et Malraux.

Le 15 novembre suivant, paraît dans cette revue un article anonyme, « Chronique de France : Défense de l’Esprit français ». Celui-ci veut montrer au lecteur britannique que l’intelligence française est « au premier rang de la lutte libératrice », qu’il y a une renaissance générale de la poésie en France et qu’il faut savoir interpréter le propos des écrivains résistants, qui contournent les contraintes de la censure par l’usage de la litote ou le retour aux classiques.

Le 16 mars 1942, elle publie un article de Denise V. Ayme (14), intitulé « Poètes français d’aujourd’hui » (15), dans lequel sont reproduits des extraits des Poèmes de la France malheureuse de Supervielle, du Crève-Cœur d’Aragon – qui est paru en France en avril 1941 – et de l’Hymne de la liberté de Pierre Emmanuel, ainsi que des vers de Lil Boel et Lanza del Vasto.

Le premier à consacrer un article à Aragon est Raymond Mortimer (1895-1980). Il publie le 11 juillet 1942 dans la revue britannique New Stateman and Nation, dont il est le rédacteur en chef, une critique élogieuse du Crève-Cœur. Ce livre, explique-t-il, lui a été « envoyé par un ami français et amené ici par un autre » – ce qui lui semble pareil à « recevoir un cadeau de la Lune ou des bords de l’Achéron » (16).

Le Crève-Cœur paraît finalement à Londres en décembre 1942. Précédé d’une préface en français par André Labarthe et d’une introduction en anglais par Cyril Connolly (1903-1974), francophile directeur de la revue littéraire britannique Horizon, il est coédité par cette revue en partenariat avec La France Libre chez Curwen Press. C’est le début du succès d’Aragon hors de France. En juin 1943, au cours d’une conférence à Édimbourg, Connolly indique que « 3 000 exemplaires de poèmes de guerre d’Aragon en français » ont déjà été vendus.

Dans les mois qui suivent, le service d’information de la France combattante à Beyrouth édite, dans la collection « Problèmes français », sa propre édition du recueil, avec une introduction de Jean Gaulmier.

Aux Indes britanniques, la revue France-Orient publie trois poèmes d’Aragon tirés du Crève-Cœur en décembre 1942, sous le titre : « Les nouveaux chants » (17). « Richard II quarante » est emprunté au journal France, qui l’a publié dans ses colonnes à la suite de la sortie du recueil en volume. Le commentaire de la revue précise que celui-ci « a été récemment cité par Émile Henriot qui en fait l’éloge dans Le Temps ».

Les deux autres poèmes sont « Le temps des mots croisés » et un extrait des strophes 6 et 7 de « Vingt ans après », précédemment édités dans « Poètes français d’aujourd’hui », un article de Denise V. Ayme publié dans la revue La France Libre le 16 mars 1942 (18).

En ce qui concerne Les Yeux d’Elsa, recueil paru en Suisse à la mi-mars 1942, le quotidien France reprend en juillet trois poèmes, parmi lesquels « Plus belle que les larmes ». Puis le 5 septembre, Raymond Mortimer lui consacre un nouvel article dans sa revue, dans lequel il juge ces poèmes « plus souvent inspirés par la France que par l’Elsa du titre ». Horizon et La France Libre en assurent finalement l’édition intégrale, en août 1943.

Dans cette entreprise, il n’est pas jusqu’au général de Gaulle lui-même qui n’ait puissamment contribué à la diffusion de la poésie d’Aragon. Le 30 octobre 1943, dans un discours prononcé à Alger à l’occasion du 60e anniversaire de l’Alliance française en hommage aux intellectuels, aux scientifiques et aux artistes luttant pour la liberté, et retransmis par Radio-Alger, le général de Gaulle récite trois vers de « Plus belle que les larmes » :

« Qu’importe que je meure avant que se dessine Le visage sacré s’il doit renaître un jour ?… Ma patrie est la faim la misère et l’amour ».

Sylvain Cornil-Frerrot

Bibliographie

Carlos Arnulphy, « Le Comité de la France Libre de Hong-Kong », Revue de la France Libre, n° 209, janvier-février 1975.
John Bennett, Aragon, Londres et la France Libre : Réception de l’œuvre en Grande-Bretagne, 1940-1946, L’Harmattan, 1998.
John Bennett, « Aragon et l’Angleterre pendant la Deuxième Guerre mondiale », dans Aragon, Elsa Triolet et les cultures étrangères : colloque de Glasgow, avril 1992, Presses universitaires franc-comtoises, 2000, p. 25-51.
François Broche, Georges Caïtucoli, Jean-François Muracciole (dir.), Dictionnaire de la France Libre, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010.
Paul Chevillard, « À propos de France Quand Même, Comité Français Libre de Chine », Revue de la France Libre, n° 37, avril 1951.
Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France Libre, Gallimard, 1996.
Jean Hauser, « Les Comités de la France Libre à l’étranger », Revue de la France Libre, n° 156 bis, juin 1965.
Christian Malis, « Après le Blitzkrieg : le réveil de la pensée militaire française (juin 1940-mars 1942), Le rôle de la revue La France Libre », dans Hervé Coutau-Bégarie (dir.), Les Médias et la guerre, Paris, Economica, 2005, p. 716-739.
René Pontet, « France Quand Même, Comité Français Libre de Chine », Revue de la France Libre, n° 35, février 1951.
Richard de Rochemont, « France Forever », Revue de la France Libre, n° 209, janvier-février 1975.
Marthe Simard et le RP Carrière, « Les Comités France Libre de l’Étranger », Revue de la France Libre, n° 29, juin 1950.
Henri Vignes, « La Marseillaise du Caire », Revue de la France Libre, n° 220, juillet-septembre 1977.
Revue de la France Libre, n° 126 : « Les Comités de l’Étranger (1940-44) », juin 1960.
 
 
1) Le 19 juin, un deuxième appel n’est pas prononcé. Le Général intervient encore sur les ondes de la BBC les 22, 23, 24, 26 juin, ainsi que les 2, 13 et 23 juillet. Pour plus de détails, lire Jean-Louis Crémieux-Brilhac, L’Appel du 18 juin, Armand Colin, 2010.
2) Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France Libre. De l’appel du 18 juin à la Libération, Gallimard, 1996, p. 49.
3) Un premier tirage est réalisé par Achille-Olivier Fallek, un imprimeur artisan installé 24, Seawell Road. Peu après, l’imprimeur J. Wainer Ldt-London WCI la réimprime à 10 000 exemplaires. Un troisième tirage porte « imprimé en Grande-Bretagne par Harrison & Sons LDT ».
4) Journaliste et diplomate de tradition réformée, Pierre Comert (11 octobre 1880, Montpellier – 16 mars 1964, Paris) est diplômé de l’École normale supérieure et agrégé d’allemand. Professeur au lycée de Bourges en 1904-1905, il remporte le prix du Tour du monde de l’université de Paris, qui lui permet de voyager aux États-Unis, en Chine et au Japon en 1905-1906. Conférencier à l’université de Göttingen en 1907-1908, il est correspondant du Temps à Vienne de 1908 à 1910 et à Berlin de 1908 à 1914. Pendant la Première Guerre mondiale, il fait partie du bureau de presse du ministère des Affaires étrangères de 1916 à 1918 et dirige la mission à Londres de 1917 à 1918. Il dirige le service d’information de la Société des nations (SDN) entre 1919 et 1933 puis le bureau de presse du Quai d’Orsay de mars 1933 à novembre 1938, avant d’être limogé par le ministre Georges Bonnet pour ses positions antimunichoises qui le nomme sous-directeur de la section américaine (1938-1940). Passé à Londres en juin 1940, il soutient l’action militaire du général de Gaulle, mais s’oppose à ses vues politiques.
5) Journaliste de profession, François Quilici (1905-1977) a fait carrière au service diplomatique de l’Agence Havas, dont il est devenu rédacteur en chef en 1939. En parallèle, il a écrit dans des journaux (L’Écho de Paris, L’Ami du peuple) et périodiques (L’Europe nouvelle). Antimunichois, il sert dans l’armée pendant la campagne de France, obtenant le grade de sous-lieutenant, avant de passer à Londres en 1940. Membre de l’entourage de l’amiral Muselier, il passe à l’état-major du général de Gaulle, avant la rupture entre les deux hommes.
6) Ce journaliste avait précédemment collaboré à L’Étoile de l’A.E.F., journal hebdomadaire publié à Brazzaville de 1828 à 1932 puis à Brazzaville et Léopoldville de 1933 à 1939. Plusieurs numéros de cette publication sont disponibles en ligne sur Gallica.
7) Henri Vignes, « La Marseillaise du Caire« , Revue de la France Libre, n° 220, juillet-septembre 1977.
8) Sur Charles Grosbois, on peut lire la notice qui lui est consacrée dans Hommes et destins : dictionnaire biographique d’outre-mer, ouvrage publié par l’Académie des sciences d’outre-mer en 1977.
9) « They die for France », Life, n° 21, 25 mai 1942, p. 12, 14 et 16.
10) « Vingt-sept sont allés à la mort en chantant la Marseillaise », France d’abord, Brazzaville, n° 28, 30 juin 1942, p. 14.
11) Sur cette radio, lire Robert J. Clements, « Foreign Language Broadcasting of Radio Boston », The Modern Language Journal, vol. 27, n° 3, mars 1943, p. 175-179.
12) Philippe Roy, Le Livre français au Québec (1939-1972), Éditions Publibook, collection « Éditions Publibook Université », 2008, p. 82-87.
13) En 1941, François Garbit avait déjà fait paraître à Tel-Aviv une plaquette intitulée Horrificques Chroniques de l’Ost du Pays de Tchad en la guerre de Érythrée contées par Messire François Barberousse, grand rêveur de songes-creux et abstracteur de quinte-essence, récit à la manière de François Rabelais des premiers combats des Forces françaises libres lors de la campagne d’Érythrée, en février-avril 1941.
14) Pseudonyme de la romancière et traductrice Denise Van Moppès (1902-1968).
15) Denise V. Ayme, « Poètes français d’aujourd’hui », La France Libre, vol. III, n° 17, 16 mars 1942, p. 423-428.
16) Raymond Mortimer, « Ici la voix de la France », New Stateman, 11 juillet 1942.
17) « Les nouveaux chants », France-Orient, vol. II, n° 20, décembre 1942, p. 132-142.
18) Denise V. Ayme, « Poètes français d’aujourd’hui », La France Libre, vol. III, n° 17, 16 mars 1942, p. 423-428.
 
 

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