Sébastien Moga

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Adieu, notre petit chef,
C’est ainsi que nous tous, anciens du BM.2, t’appelions si amicalement. Mais, malgré ta petite taille, tu as été l’un des plus grands parmi nous.
Tu es né le 3 août 1908 et tu nous as quittés le 31 mars 1999. Je ne peux oublier, en pensant à toi avec une grande émotion, ta gentillesse, ton courage, ta serviabilité, ta disponibilité, ta générosité, et ton attention à l’égard de tes prochains. Avant la guerre, tu étais Frère lai à la Mission Saint-Paul de Bangui, en compagnie de notre cher père Michel, notre ancien aumônier du bataillon, lui aussi disparu.
Tu as été un des artisans du ralliement de l’Oubangui-Chari à la France Libre en juillet et août 1940. Tu y as souscrit un engagement le 1er août 1940 dans notre glorieux BM.2 (Bataillon de Marche de l’Oubangui-Chari).
Tu avais été dispensé du service militaire en raison de ta petite taille.
Cependant, tu as participé à toutes les campagnes du BM.2 : l’Érythrée, l’Abyssinie, l’Égypte et la Libye.
Tu t’es particulièrement distingué à Bir-Hakeim, où tu as été grièvement blessé alors que tu étais en mission d’arrière-garde.
Fait prisonnier par les troupes de Rommel, tu es rescapé du torpillage par les Alliés du bateau qui t’emportait vers l’Italie.
Interné au camp d’Altamura, tu t’en évades avec tes tirailleurs pour rejoindre la Suisse. Repris, tu seras emprisonné ; mais, « têtu », tu t’évaderas une nouvelle fois.
Dénoncé, alors que tu allais passer la frontière, tu es déporté en Allemagne, où à deux reprises il t’est ordonné, sous peine de mort, de signer un engagement dans l’armée allemande avec ton grade d’adjudant-chef.
Chaque refus te vaut bastonnade et torture.
Ton état est pitoyable et le médecin allemand t’évite l’exécution à la date prévue ; mais tu es condamné à la mort lente dans un cachot infect. Tu es sauvé par un médecin sud-africain, également prisonnier.
Libéré le 1er avril 1945 par l’armée américaine, évacué le 9 avril, tu es à Paris le 11 et retrouves ton cher bataillon à Royan le 13 pour participer héroïquement à la délivrance de la dernière parcelle de la France occupée.
Le 18 juin 1945, tu es au pied de la tribune officielle pour assister au défilé de la victoire de tes tirailleurs.
Tu étais titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre, de la médaille de la France Libre, de la croix du combattant volontaire de la Résistance, de la médaille des Évadés, etc. Je regrette que, malgré nos demandes répétées, tu n’aies pas été distingué dans l’ordre de la Légion d’honneur.
Repose en paix et, comme on dit en Afrique : « Que la terre te soit légère. » Au nom des quelques survivants du BM.2 : Adieu ! Cher Sébastien, notre petit chef.

Charles Pérez

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 306, 2e trimestre 1999.

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