Bir-Hakeim

La plus pure victoire française de la guerre 1940-1945


Le 27 mai 1942, la position de Bir-Hakeim, tenue par la 1re brigade française libre commandée par le général Kœnig, et qui couvre le flanc gauche de la VIIIe armée britannique, est attaquée à l'aube par la division blindée italienne « Ariete ». Après un combat acharné mené jusqu'à l'intérieur de la position, l'ennemi est repoussé, laissant 40 chars sur le terrain.

Du 1er au 10 juin, la position est attaquée méthodiquement et complètement encerclée par des forces allemandes (de la 90e division légère) et italiennes, en supériorité numérique écrasante. Rommel lui-même somme la garnison de se rendre et conduit les attaques. Malgré les bombardements d'artillerie et par avion les plus violents, la 1re brigade repousse toutes les attaques, ne cède pas un pouce de terrain, et inflige à l'ennemi des pertes très élevées.

Le 10 juin, la garnison a épuisé toutes ses ressources en eau, en vivres, en munitions. Elle reçoit du commandant de la VIIIe armée l'ordre de se replier. Au cours de la nuit du 10 au 11, elle se fraie un passage de vive force à travers les lignes ennemies, au milieu des champs de mines, ramenant ses blessés et tout le matériel non mis hors d'usage par les bombardements.

Par sa résistance prolongée au-delà de tout espoir, la 1re brigade française libre permit à la VIIIe armée britannique de se dégager et d'éviter un désastre. Son retentissement mondial fut immense. Elle rendit aux Français, alors sous l'oppression allemande, la foi dans leurs destinées et l'espoir de la victoire.

Voici ce que le général de Gaulle télégraphiait au chef de la 1re brigade au cours du siège :

« Général Kœnig, sachez et dîtes à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil ».


Extrait de la Revue de la France Libre, n° 19, juin 1949.