Le colonel de Sairigné

colonel-de-sairigneTragique coïncidence. Le jour même où tombait le colonel de Sairigné, arrivait à la Légion le télégramme annonçant sa promotion au grade de commandeur de la Légion d'honneur.

Cette suprême dignité s'ajoute aux nombreuses décorations françaises et étrangères dont il était titulaire.

Neuf palmes surmontaient sa croix de guerre et la croix de la Libération qui lui fût remise par le général de Gaulle après Bir-Hakeim, fût décernée avec la citation suivante :

« Officier de grande valeur, commandant la compagnie lourde du 2e bataillon de Légion étrangère, a joué, à la tête de son unité, un rôle de tout premier plan dans la défense de Bir-Hakeim, notamment avec ses antichars qui ont également contribué à briser l'attaque des chars du 27 mai 1942.

« A commandé à plusieurs reprises des colonnes de harcèlement, au cours desquelles, par son audace réfléchie, son sens du combat et son énergie, il a infligé de lourdes pertes à l'ennemi. A toujours été remarquable par sa belle attitude au feu.

Signé : de Gaulle »

De toutes parts affluèrent vers Mme de Sairigné les témoignages de sympathie émue pour sa douleur, et de profonde admiration pour le héros qui venait de disparaître.

L'amiral d'Argenlieu, grand chancelier de l'ordre de la Libération, envoyait le télégramme de condoléances dont nous extrayons ces lignes :

« Absent de France, viens d'apprendre la mort tragique du colonel de Sairigné.

« J'en éprouve personnellement peine infinie partagée par tous Compagnons Libération...

« Je m'incline devant la dépouille du soldat magnifique qu'était le chef de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère qu'avec vous nous pleurons... »


À Saigon, au cours des obsèques, le général Boyer de Latour prononça l'éloge funèbre du disparu, en présence du haut commissaire de France et de l'état-major général de l'armée.

À Paris, un service funèbre, auquel assistaient de nombreuses personnalités civiles et militaires, fut célébré aux Invalides, le 28 février, par les soins de l'association.


Extrait de la Revue de la France Libre, n° 7, avril 1948.