L'armée française dans le débarquement de Provence, par le général Saint-Hillier - Marseille

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L'armée française dans le débarquement de Provence, par le général Saint-Hillier
Toulon
Marseille

La libération de Marseille

Le général Wiese, commandant la XIXe armée allemande chargée de la défense du secteur Toulon-Marseille, sait à la veille du débarquement que celui-ci doit avoir lieu le 15 août.

p34hÀ 3 heures, ce jour-là, il apprend que des avions de transport ont décollé du sud de l'Italie avec des troupes aéroportées à bord. Il donne l'ordre d'acheminer sur Brignoles des troupes prélevées sur la 244e division qui défend Marseille pour combattre la «First Airborn Task Force». Hitler et le haut commandement de la Wehrmacht décident, en raison de l'avance rapide des Américains au nord de la Loire, de replier les troupes allemandes du midi de la France, sauf les 31000 hommes qui défendent le secteur de Marseille-Toulon. Cela explique l'avance rapide de la VIIe armée américaine en direction du nord.

La défense de Marseille est confiée le 20 août au général Schaeffer. Ce même jour, l'encerclement de Toulon par l'est commence et les Spahis du régiment de reconnaissance de la 3e DIA sont même parvenus sans rencontrer d'opposition à 30 kilomètres au nord de Toulon. Le général Wiese, commandant le 85e corps d'armée, décide de verrouiller les axes routiers qui aboutissent à Marseille, il dispose de six bataillons d'infanterie, quatre centres de résistance sont créés :

1 - Celui de Carpiagne, défendu par un bataillon (III/394e Grenadiers);

2 - Le centre d'Aubagne, tenu par deux bataillons (I/394e et 461e bataillon de Grenadiers) et deux groupes d'artillerie;

3 - Le centre de Cadolive, occupé par le 2e bataillon du 394e;

4 - Le centre de Septèmes, qui comprend les batteries côtières de Rode, est confié au 338e bataillon renforcé de deux compagnies;

5 - La liaison avec le front de mer est assuré par le 1er bataillon du 932e régiment de Grenadiers.

En outre, un groupe d'artillerie participe à la défense intérieure du dispositif de défense qu'occupe le 1er bataillon du 932e Grenadiers.

La garnison de Marseille, forte de 4 600 hommes, est principalement composée de fusiliers et canonniers marins défendant les casemates du front de mer, du personnel des services (Intendance, Santé, Matériel) et des états-majors du 85e corps d'armée et de la 244e division répartis dans les forts Saint-Jean, Saint-Nicolas et dans le quartier du Prado. Un point d'appui existe sur la colline de Notre-Dame de la Garde.

Le 21 août, les Tabors marocains du général Guillaume se heurtent au centre de résistance d'Aubagne et le CC1 du colonel Sudre au point d'appui de Cadolive. Le deuxième groupe de Tabors du colonel de La Tour, appuyé par le groupe Duvoisin du 69e Régiment d'Artillerie, s'empare d'Aubagne après de durs combats qui dureront tout l'après-midi du 21 et la nuit qui suit. En même temps, le 1er groupe de Tabors du colonel Leblanc enlève Cadolive et le 3e groupe du colonel Massié-Dubiest nettoie la région du camp de Carpiagne. Pendant ce temps, les 2e bataillon (commandant Bié) et 3e bataillon (commandant Finet-Duclos) du 7e régiment de tirailleurs algériens (colonel Chappuis) contournent le centre de résistance d'Aubagne et parviennent à Allauch à 4 kilomètres de Marseille, où une population enthousiaste les accueille.

Le 22 août, une délégation de FFI vient annoncer au général de Monsabert que Marseille s'est soulevée, mais les patriotes marseillais sont peu nombreux et mal armés, ils réclament le secours de nos troupes. À la tombée de la nuit, les bataillons du 7e RTA et les blindés du CC1 atteignent les lisières de Marseille au nord et à l'est sous les acclamations d'une foule déchaînée.

Le 23 août, les tirailleurs et blindés que rien n'arrête défilent sur la Canebière à 10 heures, le général de Monsabert s'installe à l'hôtel de commandement de la région militaire. Les canons allemands commencent à réagir.

Le général Schaeffer se trouve à la poste, défendue par 200 Allemands; le colonel Chappuis obtient de lui, par téléphone, qu'il rencontre le général commandant la 3e DIA. Une trêve est alors convenue, qui dure ce jour-là de 15 à 19 heures, mais les pourparlers ne donnent rien. Tout le 7e RTA, le CC1, les Tabors sont dans la ville, aspirés par la Résistance.

p34bLe 24 août, le III/7e RTA tente de réduire les casemates de Racati et Belle de Mai qui résisteront jusqu'au 26 août.

Le 1er GTM et le 117e RTA luttent au nord contre les casemates de Foresta, Tanto Pose et le Moulin du Diable qui tiendront jusqu'au 27 août. Le 25, l'assaut est donné sur la colline de Notre-Dame de la Garde en subissant quelques salves, et le 3e RTA, qui arrive de Toulon, vient à bout de cette résistance et nettoie complément la région.

La 27 août à 20 heures, l'ordre de «cesser le feu» est donné et, après une suspension d'armes jusqu'au lendemain le général Schaeffer signe la capitulation de la place.

*

Ainsi, en moins de dix jours, l'armée B gagne la bataille de Provence, en avance d'un mois sur les prévisions du haut-commandement allié. Celui-ci dispose des ports de Marseille et Toulon qui, malgré les terribles destructions opérées par les Allemands, recevront dès le 15 septembre les premiers liberty ships chargés de renforts et de logistique.

Le général de Lattre envoie le commandant de Camas à Alger faire hommage de sa victoire au général de Gaulle. Il y croisera le général de Larminat, qui avait demandé le 23 août à être déchargé de sa mission de coordination des actions menées par la 1re DFL et le groupement Magnan.

Le 26 août, Monseigneur Spellmann, archevêque de New York, et l'ambassadeur Robert Murphy rendent visite au général de Lattre ; ils souhaitent se rendre auprès de la division qui a fourni le plus gros effort dans cette bataille. Monseigneur Spellmann, dira, à la 1re DFL, une messe «à l'intention de la France» et priera pour les 920 hommes de la division tombés dans ces combats.

 

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 287, 3e trimestre 1994.

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