La patrouille

par William Bechtel


On avait eu beaucoup de mal à habituer les tirailleurs du BM2 à porter des souliers. DÚs le départ du bataillon de Bangui, on les y avait obligés, mais cela vaiat été parfois bien difficile.

Or un jour, à Bir-Hakeim, le sergent B. eut la mission de pousser une reconnaissance du cÎté de la piste F. Il emmena avec lui quelques tirailleurs de sa compagnie, tomba dans une embuscade et dut laisser cinq hommes aux mains des Allemands.

Ceux-ci emmenĂšrent tout le monde vers l'arriĂšre, mais ils durent s'arrĂȘter au coucher du soleil. Pour empĂȘcher les tirailleurs de se sauver, le feldwebel eut alors une idĂ©e lumineuse : Ă  l'instar du gendarme qui enlĂšve les bretelles aux vagabonds pour les empĂȘcher de courir, il retira aux tirailleurs les godillots et les leur confisqua.

Ce fut le seul trophée qu'il put rapporter à ses chefs... Les Noirs, enfin pieds nus, et ravis de l'aubaine, s'éclipsÚrent au cours de la nuit pour regagner Bir-Hakeim dÚs le lendemain matin.

Ils reçurent les félicitations d'usage, un quart d'eau supplémentaire... et une paire de chaussures toutes neuves


Le radar


Le sergent B. du BM2 avait emmené à Bir-Hakeim un perroquet. AussitÎt que celui-ci entendait le ronronnement des avions venant bombarder la position, il donnait l'alarme en gueulant :

« Avions... Avions... »

Puis il fourrait la tĂȘte sous son aile et attendait stoĂŻquement !


Extrait de la Revue de la France Libre, n° 168, juin 1967.