Madagascar dans la guerre

Juin 1940 Ă  Madagascar

17 juin - La radio nous apprend que le maréchal Pétain a annoncé qu'il fallait faire cesser le combat, et qu'il a envoyé à Hitler une mission d'officiers généraux pour demander un armistice.

18 juin - La B.B.C. nous apporte un réconfort. Il y a encore un chef français le général de Gaulle, membre du gouvernement, qui, de Londres, reconnaît que la France a perdu une bataille, mais se refuse à reconnaître la guerre perdue. Il appelle les Français à la Résistance.

24 juin - L'armistice est signé. La France métropolitaine, l'Afrique du Nord, l'Empire doivent reconnaître la défaite sans appel, livrer leurs armes, leurs bases, se soumettre à l'ennemi, s'avouer battus. Mais nous sauvons, paraît-il, notre flotte de guerre.

 

Ce qui semblait impensable, il y a quelques jours, est pourtant arrivé. Avec une flotte magnifique, des armées en Afrique du Nord et au Levant, partout des forces intactes, avec un empire aux ressources immenses qui n'a pas combattu, la « Grande France » doit capituler, sans avoir été consultée, ainsi en a décidé son gouvernement.

Tous nos espoirs sont morts ! Seul, de Londres, le général de Gaulle déclare que rien n'est perdu, qu'une force française libre s'organise en Grande-Bretagne, qu'elle continuera le combat.

Dans la métropole, aux trois quarts envahie, où la panique sévit, qu'un gouvernement présidé par un maréchal de France, demande d'arrêter le combat, cela fait mal, très mal. Mais nous pensons qu'il n'y a pas moyen de faire autrement. Nous qui ne sommes pas dans le bain, qui ne savons pas grand'chose de la situation, nous ne pouvons rien dire.

Il nous semble que hors de France, loin des blindés et des avions ennemis, dans l'Empire, nos forces peuvent se regrouper, et avec l'aide de l'Empire britannique qui poursuit la guerre, continuer la lutte et ne pas accepter la défaite.

Une véritable vague de protestations, d'abord contre l'inaction de l'Empire, puis contre la reconnaissance de la défaite sans appel, secoue Madagascar.

Dès le 14 juin, apprenant que le gouvernement est à Bordeaux, la section des Anciens Combattants d'Antalaha, que préside l'un de nos amis, télégraphie au gouverneur général de Coppet :

« Anciens Combattants demandent à être appelés à coopérer à action plus active. Ils mettent à votre disposition leurs personnes et leurs biens ».

Ce télégramme, lu à la radio de Tananarive, déclenche une avalanche de télégrammes semblables.

De tous les coins de l'îIe, les chambres de commerce, les corps constitués, les associations d'Anciens Combattants font connaître au gouverneur leur désir de voir Madagascar continuer la lutte.

Ces télégrammes sont lus au micro de « Radio Tananarive », matin et soir.

Le gouverneur général, devant cette unanimité de la population de la Grande Île, télégraphie à ses collègues, les gouverneurs généraux de l'Empire, que Madagascar poursuivra le combat avec la Grande-Bretagne. Le général Catroux répond de Saigon, le gouverneur Cayla, de Dakar. D'autres réponses arrivent, certaines favorables, d'autres, prudentes.

Lorsque nous apprenons la signature de l'armistice, c'est la consternation et aussi la colère. Et, de toutes parts, parviennent au gouverneur général des télégrammes comme ce second venant d'Antalaha :

« Anciens Combattants d'Antalaha considèrent que le devoir est de continuer la lutte aux côtés de notre alliée, l'Angleterre. Si la France métropolitaine envahie ne peut plus se défendre, vous demandent décider la levée en masse des Français et Malgaches de 18 à 55 ans, la réquisition de tous les étrangers. Mettons nos biens et nos personnes à la disposition de la colonie. Vive la France ! Vive Madagascar ! »

Ce nouveau flot de télégrammes alimente la radio officielle. Tout Madagascar est dans une exaltation patriotique sincère et s'attend à la continuation de la lutte, pendant que le consul d'Angleterre reçoit des demandes d'engagement dans les forces britanniques.

Le gouverneur général de Coppet, le général Abadie, commandant Supérieur des Forces de Madagascar, font publier et radiodiffuser des proclamations où ils se déclarent prêts à poursuivre la lutte aux côtés de la Grande-Bretagne. Puis, les jours passent et rien ne se produit. L'exaltation tombe peu à peu. Un silence lugubre succède à tant d'enthousiasme. Nous sentons que les chefs se dérobent.

On annonce que les fonctionnaires n'ont pas de craintes à avoir pour leurs appointements, car, quoi qu'il arrive, ils seront payés, 300 millions de billets de banque venant d'arriver par le dernier paquebot ayant pu joindre Madagascar. Ils disparaissent petit à petit, nos espoirs de voir la Grande île refuser la capitulation, parce que la radio de Tananarive nous dit qu'il faut attendre, dans la confiance, les instructions qui ne manqueront pas de venir.

Que s'est-il passé ?

Tout simplement que l'un des plus hauts fonctionnaires de Madagascar, alors que de toutes parts les télégrammes affluaient au gouverneur général pour lui demander de décider la continuation de la lutte, télégraphiait, lui, à Laval, pour le mettre au courant.

En réponse, ce fonctionnaire reçut des directives et des instructions d'agir, avec la certitude qu'il serait couvert.

Fort de cette assurance - et de la protection de Laval - il alla trouver le gouverneur général de Coppet, qui venait d'avoir un entretien avec le commandant d'un navire de guerre britannique alors à Tamatave :

« Si vous maintenez votre intention d'entraîner Madagascar dans la dissidence, je vous ferai arrêter ».

Au lieu de faire mettre immédiatement hors d'état de nuire son subordonné, le gouverneur général tergiversa. Ce fut sa perte et Madagascar manqua ainsi l'occasion historique qu'un Éboué n'aurait pas laissé échapper.

Un télégramme de Laval destitua le gouverneur de Coppet et lui ordonna de passer ses pouvoirs au gouverneur Réallon, secrétaire général, en attendant l'arrivée du gouverneur Cayla, rappelé de Dakar pour lui donner l'occasion de se racheter, car dans les premiers jours qui suivirent l'armistice, il s'était « mouillé » en répondant à de Coppet « qu'il partageait son sentiment pour la poursuite de la lutte ». Depuis, il s'était soumis à Laval. Mais, il avait à se faire pardonner.

Le limogeage du gouverneur général de Coppet, fut suivi d'un retournement de veste du général commandant supérieur. C'était fini. Madagascar entrait officiellement dans l'ère du vichysme, du « Maréchal », de Pierre Laval.

Il n'y avait plus aucun espoir, pour le moment, de maintenir Madagascar dans la guerre. Que ceux qui voulaient combattre encore se débrouillent.

Quelques-uns le purent. Bien peu nombreux.

Les premiers, deux missionnaires du Kénya, qui avaient rejoint Diégo-Suarez au moment de la mobilisation générale, profitant de leur démobilisation s'embarquèrent clandestinement sur un boutre indien, à destination de la côte d'Afrique. L'adjudant Chevallier « emprunta » un beau matin un vieil avion sanitaire un Potez 26 bien fatigué, et réussit à atteindre le Mozambique.

Mais ces « escapades » devenaient de plus en plus difficiles. Une surveillance, un espionnage s'organisaient. La plus importante évasion, la plus minutieusement préparée, fut effectué par l'Elsie, une goëlette d'une quarantaine de tonneaux, qui, en neuf jours et neuf heures, d'une traversée de 1.100 kilomètres, à la voile, amena 11 volontaires au général de Gaulle.

L' « Entente en Action », publication franco-britannique qui paraissait à Londres pendant la guerre, a conté cette aventure sous le titre :

« Les volontaires »
« ils s'échappent de Madagascar »

« Un après-midi d'avril 1941, venant du Sud, une goélette approchait du port de Dar-Es-Salam, dans le Tanganiyka. À son mât avant flottait l'Union Jack et, à son mât arrière, un drapeau tricolore français, orné d'une croix de Lorraine.

« C'était l'Elsie Fusiani, un petit voilier de 40 tonneaux. Il avait à bord 12 Français - neuf hommes, deux femmes et une enfant de sept ans - et un équipage malgache. Ils s'étaient échappés de Madagascar pour rejoindre le général de Gaulle. Tous avaient fait leur service militaire, et six d'entre eux, dont un officier, appartenaient à un régiment de l'armée coloniale française stationnant à Diégo-Suarez (Madagascar).

« Ayant, immédiatement après la capitulation, offert eu vain leurs services au consul britannique, ils décidèrent d'employer le seul moyen qui leur restait : s'échapper de l'île.

« Dans le plus grand secret, ils firent leurs préparatifs, mais ce ne fut que le 11 mars, après des mois de patientes recherches, que l'occasion se présenta d'acheter à un propriétaire grec une petite goélette : l'Elsie Fusiani.

« Quand tout fut prêt pour le voyage, ils se fixèrent rendez-vous dans un endroit isolé dans le Nord-Ouest de Madagascar, où des vivres furent accumulés, cachés dans la brousse. Un capitaine fut désigné et, le 4 avril, l'Elsie Fusiani glissant paresseusement, comme si elle partait pour une promenade le long de la côte, quittait le port de Majunga, tous ses papiers en règle, pour rejoindre, beaucoup plus tard au Nord, les « dissidents » venus de Diégo-Suarez, de nuit.

« Dans une crique écartée, hommes et femmes qui avaient été fidèles au rendez-vous, s'embarquèrent. Dans la journée du 12 avril, le petit bateau, toutes voiles dehors, se dirigea, tout doucement, vers le large.

« Il fit voile vers le Nord-Ouest, le capitaine espérant toucher la côte africaine au cap Delgado, limite du Tanganiyka avec le Mozambique portugais, mais, pour dépister les recherches et éviter les sous-marins opérant de Diégo-Suarez, il fut décidé d'aller plus au Nord, en plein océan Indien.
« Pour tout instrument de navigation, il n'y avait à bord qu'une boussole d'infanterie et un vieux poste récepteur de T.S.F.

« Le bateau fit ainsi un grand détour, passant très au large des Glorieuses et des îles Aldabra et Assomption, puis, vira complètement Ouest, se dirigeant sur la côte d'Afrique, qu'il atteignit en pleine nuit, entrant toutes voiles dehors, au risque de s'éventrer sur les récifs, dans la grande baie de l'île Mafia.

« Dans la journée du lendemain, remontant la côte du Tanganiyka, l'Elsie Fusiani arrivait dans la grande rade de Dar-Es-Salam. Il y avait neuf jours et neuf heures que le voyage avait commencé sur la côte malgache.

« Le capitaine du voilier partit pour l'Angleterre, pour rejoindre les Forces Navales Françaises Libres ; les autres furent dirigés sur l'Égypte, où ils s'enrôlèrent dans des Forces françaises libres. Des deux Françaises, l'une qui était la femme d'un des évadés, se rendit avec son enfant pour rejoindre les F.A.N.Y.; l'autre, qui s'était échappée avec son fiancé, fut infirmière au Moyen-Orient ».

*

tananarive-14-07-43Pendant ce temps, à Madagascar, la réaction s'organisa. Une cour martiale condamna les « dissidents », évadés et complices restés dans l'île, à des peines allant de la mort aux travaux forcés à temps. Deux des « forçats », Français bien connus dans la colonie, furent embarqués sur le sous-marin Compiègne à destination du bagne en Afrique du Nord. Délivrés en mer, par la marine sud-africaine, qui avait intercepté le convoi qui les transportait, ils arrivèrent eux aussi en Afrique du Sud. L'un d'eux, capitaine de réserve d'infanterie coloniale, réclamé par la Mission Française Libre au Kénya, fut affecté aux Forces Françaises Libres en Éthiopie.

L'autre partit avec une mission spéciale dans une île britannique de l'océan Indien. Avec l'aide de techniciens, il mit en route un poste de radio clandestin « Madagascar Libre ». Pendant des mois, seul, il fit tous les soirs des émissions en français et en malgache dont l'efficacité amena la publication à Madagascar d'un arrêté interdisant de les écouter. Deux Européens furent d'ailleurs condamnés à des peines de prison, qu'ils purgèrent pour avoir passé outre.

Ces condamnations entrèrent dans le cadre de la répression judiciaire et policière qui sévit à partir de ce moment-là. Dans cette oeuvre de coercitition, les gouverneurs Cayla et Annet furent aidés par des hauts fonctionnaires déjà signalés, et le directeur de la Sûreté Nationale.

Tout d'abord, il y eut l'internement administratif à Antsirabe d'un administrateur, ancien chef de cabinet du gouverneur de Coppet, d'un avocat français et d'un journaliste malgache, tous deux communistes notoires.

Puis, sous le prétexte de « propos tendancieux, visant à affecter le moral de la population et de l'armée », ce fut la chasse aux Gaullistes. Voici quelques exemples de condamnations facilement contrôlables :

- Six mois de prison ferme, pour avoir crié : Vive de Gaulle !

- Un an de prison ferme, à un monsieur, âgé de 60 ans, qui devant un général d'aviation en mission avait souhaité que des navires de guerre, échappés de Toulon, « soient partis rejoindre de Gaulle, comme c'est leur devoir » - ceci, après dénonciation par le général vichyste.

Le fils de cet ami récolta lui :

- Trois mois de prison ferme, avec une amende pour avoir « parlé des avions anglais qu'on risquait de voir un jour dans le ciel de Tananarive ».

Naturellement, tout ce monde est incarcéré.

Autres cas typiques :

À Moronvada, un inspecteur de l'enseignement dit au cercle ce qu'il pense du maréchal. Il est révoqué et fait six mois de prison.

À Tuléar, un ingénieur des travaux publics porte deux gaules à pêche sur l'épaule, en chantant : « deux gaules, deux gaules... » : six mois de prison et révocation.

À Majunga, le tribunal acquitte des Français coupables d'avoir observé une minute de silence en mémoire des étudiants qui, à Paris, ont été fusillés par les Allemands. Le procureur général fait appel à minima et le président de la Cour distribue à Tananarive, six mois de prison à chaque délinquant, et les fonctionnaires du groupe sont révoqués.

Naturellement, les décrets-lois du maréchal, concernant les juifs et les francs-maçons furent impitoyablement appliqués par les gouverneurs Cayla et Annet. Un grand nombre de fonctionnaires furent donc démissionnés d'office avec trois mois d'indemnité pour tout « potage », sans considération d'états de service, d'âge ou de situation de famille.

L'action de « reprise en mains » se poursuivit également sous couleur de répression de la spéculation et de la hausse illicite. Une fois de plus les motifs les plus légitimes servirent aux plus basses vengeances ; certes, certains commerçants furent coupables et méritaient des sanctions. Mais, nous pouvons citer des cas où le jugement fut rendu en considération, non de nature du délit, mais des opinions professées par l'accusé :

Voici un cas typique :

1) Un pharmacien de Fianarantsoa (G.L.) est acquitté en première instance, ayant été poursuivi pour avoir vendu un franc de trop le tube d'aspirine. Une expertise de sa comptabilité a été en sa faveur. Cependant, sur « appel à minima », il récolte un an de prison et 3.000 francs d'amende. Dame, il est réputé comme « dissident » !

2) Un pharmacien de Tananarive passe en appel parce qu'en première instance il a été condamné pour avoir augmenté un produit. À l'ahurissement général, il est acquitté par le président surnommé « le pourvoyeur des prisons ». Ceux, toutefois, qui savent que le fils du dit magistrat est au même moment « stagiaire » dans la dite pharmacie, ont la clef de l'énigme qui établit la valeur de ce magistrat sans vergogne.

Nous terminerons ce chapitre par la condamnation d'une jeune fille, commerçante à Tananarive, et qui avait le tort d'être fiancée avec l'ancien directeur du Cabinet mis en résidence à Antsirabe. Et puis, celle d'un représentant de fabrique, M. A., âgé de 62 ans, grand malade, suivant un traitement très sévère. Il fut condamné à trois ans de prison ferme et 50.000 francs d'amende. Or, on venait d'inaugurer la chambre spéciale de commerce, dont les jugements étaient exécutoires et sans appel.

M. A. fut incarcéré. Une nuit il faillit mourir. Malgré tous les appels, les gardiens refusèrent d'ouvrir la cellule et ses co-détenus en furent réduits à lui faire du thé dans une vieille boîte de conserve en brûlant des vieux papiers.

Pendant ce temps, la vague de propagande en faveur du maréchal se déchaînait avec une débauche de slogans, réunions, conférences, affiches, journaux scolaires, etc., etc. Nous n'entrerons pas dans les détails, qui sont trop connus. Soit par conviction personnelle, soit par crainte et veulerie, soit par indifférence, les gens se rangèrent derrière les pouvoirs publics, ou se résignèrent. Mais, il n'y eut plus d'action directe. Quelques-uns continuèrent d'écouter la B.B.C., ou bien les émissions provenant de Nairobi, de l'île Maurice, ou de « Madagascar Libre ».

Certains (très peu) restèrent en contact par phonie clandestine avec les « dissidents » ayant quitté l'île, et ce fut tout.

Mais Madagascar, menaçant d'être transformée en base pour les sous-marins japonais et allemands, et devenant ainsi une menace terrible pour les convois alliés qui empruntaient le canal du Mozambique, pour rejoindre et ravitailler l'Égypte, il fut décidé par les Britanniques d'en précipiter la libération et d'en chasser tout l'appareil de Vichy.

C'est ainsi qu'une expédition débarqua à Diégo-Suarez le 5 mai 1942.

Le gouverneur Annet donna l'ordre de se battre.

On pensait qu'il se contenterait d'un « baroud d'honneur ». Hélas, non ! Malgré les morts et les blessés, inutilement sacrifiés, ce gouverneur général continua la lutte. Aussi les Britanniques durent-ils poursuivre l'opération. Ils occupèrent successivement Tamatave et Majunga, d'où deux colonnes motorisées s'élancèrent vers Tananarive. Elles rencontrèrent une résistance assez ferme, bien que sporadique et vouée à un échec certain.

Le gouverneur général Annet abandonna Tananarive, se dirigeant vers le sud avec ses troupes, on ne sait pour quelle action insensée. Il mobilisa tous les Européens pour « résister à l'envahisseur » malgré toutes les interventions, tous les appels à la radio, où on lui démontrait l'inanité de son attitude criminelle. Cette attitude, il la couronna en mobilisant l'avocat communiste Albertini, interné à Antsirabe. Et cet homme, qui espérait chaque jour être délivré par les Britanniques, dut aller se battre contre eux, ses amis, à la tête de sa section de mitrailleuse, en faisant ce que M. Annet appela son devoir de Français.

Annet fut, en fin de compte, forcé de se rendre « aux Anglais ». Prisonnier en Afrique du Sud, il vint, à la Libération, échouer devant la Haute Cour de Justice de Versailles, tout comme le gouverneur général Cayla.

Le temps avait passé, le vent était à l'apaisement...

Tous furent condamnés à l'indignité nationale. Les morts inutiles et les résistants de Madagascar ne furent jamais vengés de leurs sacrifices.

Les Anglais, qui avaient été accusés d'avoir occupé l'île Rouge pour compenser leurs pertes territoriales d'Extrême-Orient, remirent solennellement Madagascar à la France Combattante, qui y délégua le général Legentilhomme.

La Grande Île entra ainsi dans l'orbe des Alliés et de nombreux volontaires partirent rejoindre les Forces françaises libres, avec lesquelles ils combattirent jusqu'à la victoire finale.


H.G. et F.C.

 

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 99, juin 1957.