Maurice Jourdan

maurice-jourdanNé à Paris le 8 août 1902, Maurice Jourdan, après des études secondaires puis commerciales, devient directeur d'une exploitation forestière au Gabon. En septembre 1939, bien que réformé définitif, il s'engage dans l'armée et, en 1940, rallie Port-Gentil. Son attitude pro-France Libre, lui vaut d'être interné à Libreville, d'où il s'évade pour se mettre à la disposition du général Leclerc.

Après avoir suivi le cours d'officier au camp d'Ornano à Brazzaville, il participe, avec le régiment de marche du Tchad, à toutes les campagnes du général Leclerc (Fezzan, Tripolitaine, Tunisie, Normandie, Paris, Lorraine, Alsace, Allemagne). Quatre fois cité, il est fait Compagnon de la Libération pour sa brillante conduite à Friesenheim où il est grièvement blessé, et, à l'issue de la campagne d'Alsace, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Revenu au Gabon en 1946, il est tour à tour secrétaire général des Producteurs de bois du Gabon, conseiller territorial du Gabon, puis député et ministre de la Santé Publique gabonnaise jusqu'en 1960.
À son retour en France, il est nommé directeur du Service d'accueil au ministère des Rapatriés puis dirige le Service social d'aide aux travailleurs immigrants originaires d'Afrique noire (relogeant ainsi 5.000 travailleurs noirs dans la région parisienne).

Le 1er novembre 1968, Maurice Jourdan devient secrétaire général adjoint de l'Association des Français Libres, chargé de la liaison avec les 185 sections (métropolitaines, outre-mer et étranger) de l'Association et de la gérance de la Revue de la France Libre.

Sa culture et sa courtoisie, son patriotisme éclairé et ses qualités humaines firent rapidement de lui un précieux collaborateur de l'Association des Français Libres, ses qualités s'épanouissant dans l'exercice de ses fonctions au service de la Revue de la France Libre, dans laquelle il publia de nombreux et captivants articles.

Le jeudi 10 février, dans la cour de l'amphithéâtre de l'hôpital Cochin, les honneurs militaires ont été rendus à Maurice Jourdan en présence des membres du Comité directeur et d'une foule profondément émue et recueillie.

Au premier rang de cette foule, des représentants de nos camarades Chaban-Delmas, Messmer, Duvillard, Vivien, empêchés par l'exercice de leurs fonctions gouvernementales d'assister à la cérémonie, le conseiller de l'ambassade du Gabon, de très nombreux compagnons et des présidents de sections venus de toutes les régions de France saluer une dernière fois leur ami.

Devant le cercueil drapé du pavillon tricolore, notre président évoqua avec une intense émotion la carrière de l'homme, du pionnier et du patriote que fut Maurice Jourdan.

En exaltant ensuite la dévotion avec laquelle notre camarade servit l'Association, l'amiral La Haye souligna les qualités de l'homme d'action et de l'homme de coeur dont le souvenir restera gravé en la mémoire de tous les Français Libres.

À l'issue de cette cérémonie militaire, les obsèques religieuses furent célébrées en l'église Saint-Jacques du Haut-Pas, par le R.P. Starcky, Compagnon de la Libération, qui, dans son homélie, rappela les qualités humaines exceptionnelles d'un homme dont il avait eu le privilège de mesurer le courage et la foi en sa mission.


Extrait de la Revue de la France Libre, n° 194, janvier-février 1972.