| Nous aurions aimé publier un
historique complet de chacun de nos réseaux F.F.L.
Mais, dans de nombreux cas, les principaux protagonistes
ont disparu, soit qu’ils aient été
tués au cours de leur mission, soit qu’ils
soient morts en déportation ou depuis la fin
des hostilités, soit qu’ils se soient établis
à l’étranger et ne puissent plus
être atteints. Les témoignages valables
sont peu nombreux et souvent fragmentaires.
Reconstituer au jour le jour l’activité
d’une unité ne présente généralement
pas de difficultés. Il n’en est pas de
même des réseaux, en fonction même
de leur structure et de leur organisation. Le cloisonnement
idéal voulait que l’agent ne connaisse
que son chef et son subordonné ou l’agent
de liaison. Encore souvent ne se connaissaient-ils que
sous des identités d’emprunt.
Des milliers d’agents n’ont appris qu’après
la libération le nom du réseau dont ils
faisaient partie; des milliers d’autres n’ont
jamais pu retrouver les contacts qu’ils avaient.
De ce fait, pour bon nombre de réseaux, l’effectif
des agents homo-logués est très inférieur
à l’effectif réel. La perte d’un
chef de secteur pouvait faire perdre la trace d’une
centaine d’agents, parfois davantage. Et puis,
moins on écrivait, mieux cela valait et l’inobservance
de cette règle a souvent coûté fort
cher en vies humaines. Il est donc normal, dans ces
conditions, qu’à de rares exceptions près,
les réseaux n’aient pu rassembler les éléments
permettant un exposé détaillé et
cohérent de leur action. Quelques-uns ont bien
voulu mettre à notre disposition la documentation
qu’ils possèdent mais, pour la plupart,
nous devons nous borner à rappeler la date de
leur création, le nombre d’agents homologués
et le chiffre de leurs pertes. En classant par ordre
alphabétique la liste des réseaux F.F.L.
nous trouvons :
AJAX – En juin 1943 notre ami Peretti qui, depuis
janvier 1942 faisait partie du réseau Ali reçut
au cours d’une mission en Angleterre, l’ordre
de créer un nouveau réseau qui eut au
départ 75 agents du réseau Ali. La zone
géographique couverte par Ajax fut considérable
: le sous-réseau Candide opérait en zone
sud et avait des prolongements en Italie, en Espagne,
en Suisse ; le sous-réseau Zadig opérait
en zone nord et dans les pays limitrophes. Leur mission
principale était le contre-espionnage, tandis
que le sous-réseau Micromegas s’occupait
exclusivement des renseignements militaires. Au total
1.189 agents homologués dont 18 furent tués
ou fusillés et 11 moururent en déportation.
AMARANTE – Créé en février
1943 par Vector, ex-agent de C.N.D., n’eut qu’une
brève existence. Vector fut arrêté
en juillet 1944, déporté et porté
disparu. On ne put par la suite identifier que 62 agents.
ANDALOUSIE – Sous réseau de C.N.D. Castille
créé en décembre 1943 par François
Bistos (Franck) comporta au départ une majorité
d’agents récupérés de réseaux
décimés. Son effectif : 682 agents homologués.
Parmi eux : deux tués, huit morts en déportation,
18 déportés et internés.
NESTLÉ-ANDROMÈDE-ATHÉNÉE
– Créé en juillet 1943 par Albert
Kohan (Berthaud) mort en service commandé le
17 décembre 1943. Il fut remplacé par
son adjoint Henri Jacquier-Garnier qui, appelé
à Londres le 9 juillet 1944, confia la direction
du réseau à Maxime Blum à partir
du 13 août 1944. Sur un effectif de 454 agents
homologués, huit furent tués, 43 furent
déportés et parmi ces derniers 22 ne revinrent
pas.
BERTAUX – Créé en mars 1941 par
Fourcaud eut pour chef Pierre Bertaux, professeur agrégé
à la faculté de lettres de Toulouse. Le
réseau fut détruit en décembre
1941 par une série d’arrestations. Sur
31 agents homologués : un tué, un mort
en déportation et 18 déportés.
BRUTUS – Un de nos plus anciens et plus importants
réseaux. Créé en septembre 1940
par Pierre Fourcaud, il totalisa 1.124 agents homologués
dont 64 furent tués ou fusillés et 101
déportés.
CARMEL – fondé par Henri Benoit qui avait
été parachuté le 30 mai 1942. Il
comprenait 114 agents dont trois furent tués
et 20 déportés; parmi ces derniers 13
succombèrent dans les camps.
C.N.D. avec CENTURIE – Créé en
septembre 1941 par Gilbert Renault, alias Raymond, alias
Rémy, alias Roulier. Le plus célèbre
et peut-être le plus important de nos réseaux
puisque l’effectif homologué est de 1.375
agents pour C.N.D. et 1.682 pour Centurie. Les pertes,
pour C.N.D. furent : 172 tués, fusillés
ou morts en déportation, et 227 déportés
ou internés. «Confrérie Notre-Dame»
avait pour tâche principale de surveiller les
mouvements de l’ennemi sur la côte Atlantique,
depuis la frontière espagnole jusqu’à
Brest. Plus tard, l’activité du réseau
de Gilbert Renault, chargé de mission par le
général de Gaulle, s’étendit
à toute la zone occupée et même
à la Belgique. C.N.D. fut dévasté
en novembre 1943 après la trahison d’un
de ses agents. Le colonel Verrière, dit «Lecomte»
sut rassembler ses éléments épars
dans une nouvelle organisation qui, prenant la suite
de la première reçut le nom de «Castille»
et fonctionna jusqu’à la libération
de Paris. Dans ses «Mémoires de Guerre»,
le général de Gaulle, a rendu un magnifique
hommage au travail accompli par tous ceux et toutes
celles que «Rémy» avait rassemblés.
Parmi les résultats obtenus, on peut citer le
raid de commando sur Bruneval (février 1942),
premier débarquement allié sur la côte
française depuis la défaite de 1940; l’immobilisation
dans le port de Brest des cuirassés Sharnhost
et Gneisenau, et l’interception du Bismarck due
pour une large part aux informations recueillies par
Hilarion (capitaine de vaisseau Philippon); le transport
en Grande-Bretagne de la carte allemande des défenses
de la côte normande, capturée par les agents
du réseau Centurie et qui servit de base aux
préparatifs du débarquement du 6 juin
1944 la mise à la disposition de plusieurs autres
réseaux du dispositif de liaisons radio-aériennes
et maritimes ; l’envoi à Londres de plus
de 80 courriers. Les «Mémoires d’un
agent secret de la France Libre» ont narré
par le détail une bonne partie de l’activité
magnifique de C.N.D., et pour beaucoup ce livre a été
la révélation de ce qu’était
la vie des réseaux.
COHORS-ASTURIES – Fondé en septembre 1941,
eut 873 agents homologués. Ses pertes s’élevèrent
à 118 morts dont 33 tués et 85 morts en
déportation. En plus, 140 agents déportés,
ou internés revinrent sains et saufs.
ESTIENNE D’ORVES – En juillet 1940, Maurice
Barlier, agent commercial de la maison Amieux, évadé
d’un camp de prisonniers, reçoit d’André
Clément, chef d’exportation d’Amieux,
l’hospitalité dans la maison de ce dernier
appelée «Ty Brao», à Nantes,
et des facilités pour passer en Angleterre avec
l’aide de Setout (directeur d’Amieux).
Le 6 septembre, Maurice Barlier revient d’Angleterre.
Avec le concours de Jean Le Gigan et de Clément,
ils recrutent quelques agents sûrs qui leur obtiennent
des renseignements, sur les forces ennemies. En octobre,
Jean Doornick arrive d’Angleterre et se joint
au petit groupe.
Entre le 17 octobre et le 24 décembre 1940,
trois liaisons Angleterre-France et retour seront réussies
par le bateau de pêche Louis-Jules, faux nom de
la Marie-Louise. Le dernier voyage amène en Bretagne
le commandant d’Estienne d’Orves et le radio
Marty, muni d’un poste émetteur. La première
émission aura lieu le jour de Noël. La liaison
avec Londres étant maintenant établie,
il s’agit de perfectionner l’organisation
et d’affecter à chacun une tâche
bien déter-minée. Le commandant et Jean
Le Gigan s’en chargent. Mme Clément fera
le chiffrage et le déchiffrage des radios qui
seront transmis et reçus par Marty.
Au début de janvier 1941, le commandant d’Estienne
d’Orves installe un nouveau secteur à Paris
où un poste émetteur fonctionnera chez
Jean de Turenne, à Saint-Cloud. Jusqu’alors
tout avait bien marché. Les renseignements transmis
à Londres comprennent l’emplacement des
Q.G. allemands dans les différents châteaux
des environs de Nantes, les emplacements précis
et les plans des dépôts d’essence
et d’huile de toute la région, le terrain
d’aviation de Château-Bougon et son faux
balisage, l’aérodrome de Meucon et son
activité précise, la position des batteries
côtières, les détails complets et
les plans du réseau de distribution d’énergie
électrique de la région Ouest, les sous-marins
allemands se trouvant à l’arsenal de Lorient,
les chalutiers armés de Saint-Nazaire et la base
sous-marine en construction dans ce port.
Une seule ombre au tableau : le comportement de Marty
qui, malgré les remontrances du commandant d’Estienne
d’Orves, continue à avoir des relations
suspectes. Il est décidé de ramener Marty
en Angleterre au prochain voyage. Mais, dans la nuit
du 21 au 22 janvier 1941, c’est la catastrophe.
Le commandant d’Estienne d’Orves, Jean Le
Gigan et sa mère, les époux Clément,
Mme Clément mère sont arrêtés.
Le 23 janvier, c’est au tour des époux
Setout et de Chauvet. Tous sont emmenés à
Berlin. Marty ayant fourni tous les renseignements et
le code aux Allemands, ceux-ci continuent à correspondre
avec le 2e bureau du général de Gaulle
(dénommé S.R. à la date du 12 avril
1941, et B.C.R.A., à partir du 7 janvier 1942)
qui décide l’envoi d’un deuxième
radio : Jean-Jacques Leprince. Après une première
tentative qui échoue par suite du compas déréglé
et de la brume, Jean-Jacques Leprince, muni d’un
poste émetteur, s’embarque à Newlyn,
le 14 février.
Le 15 février 1941, au large de Brest, deux
patrouilleurs allemands arraisonnent le bateau et emmènent
à Brest équipage et passagers qui, toutefois,
ont pu détruire le poste et les papiers du bord.
Sur les indications de Marty et parfois sous sa conduite,
les arrestations continuent. Enfin, le 13 mai 1941,
le procès s’ouvre à Paris et le
26 mai, c’est le verdict. Sont condamnés
à mort : le commandant d’Estienne d’Orves,
Maurice Barlier, Jean Doornick, Jean Le Gigan, André
Clément, Mme Clément, Jean-Jacques Leprince,
Follic et Cornet. Les autres s’en tirent avec
des peines de prison.
Le 29 août, 1941, le commandant d’Estienne
d’Orves est fusillé en compagnie de Maurice
Barlier et de Jean Doornick. Les six autres condamnés
à mort verront leur peine commuée en travaux
forcés. Mme Clément mère, âgée
de 83 ans, n’a pas résisté à
la brutalité des interrogatoires; Daniel Dohet
mourra le 24 décembre 1942 et Jean-Jacques Leprince
le 6 juin 1944. Les autres déportés rentreront
vivants.
La publicité donnée par les Allemands
à l’exécution du commandant d’Estienne
d’Orves et de ses amis galvanisa les volontés
et les énergies ; c’est ainsi que ce réseau
des premières heures a magnifiquement rempli
sa mission. L’admirable figure du commandant d’Estienne
d’Orves qui, en un geste sublime de pardon, avait
embrassé le juge allemand qui venait de le condamner
à mort, est tout entière dans le message
écrit qu’il remettait à Le Gigan
quelques instants avant d’être fusillé
:
Nous mourons pour que la France vive.
Nous mourons tranquilles parce que nous avons foi dans
ses destinées, dans ceux qui la défendent,
et dans celui qui est notre chef.
Nous mourons heureux parce que nous avons la certitude
absolue de la victoire.
Fais savoir à ceux qui restent que leur devoir
d’apporter à notre patrie le sacrifice
total de leur personne, de leur intelligence et de leurs
forces pour la relever, pour refaire de notre FRANCE
la plus belle, la plus riche, la plus libre des nations.
Nous mourons, mais la France continue. Notre part est
la moins pénible; ce ne sont plus que quelques
moments désagréables à passer mais
vous qui continuez, vous aurez à lutter toute
votre vie. C’est là votre tâche,
c’est là votre devoir.
Adieu… Haut les cœurs… Vive la FRANCE
!
GALLIA – Créé par Gorce-Franklin
qui fut déposé en France dans la nuit
du 14 au 15 février 1943 par un bombardier bi-moteurs
Hudson en même temps que Jean Fleury, alias Panier,
chef du centre d’antenne «Electre»,
Fernand Gane, alias Jacquot, chargé de la mission
«Phalanx» et Vector, ex-César, de
C.N.D., chargé de la mission «Ecarlate»,
ainsi que Boyer, du réseau Brutus. Sa mission
consistait à :
1°) créer et organiser un réseau;
2°) prendre des contacts, avec les différents
chefs de Résistance existants en vue d’une
étroite coordination.
En avril 1943, après deux mois de travail, Franklin
et Bertal (Albert Cohen, chef régional de «Libération»)
ont réussi à organiser le réseau
Gallia dans les régions suivantes :
– Marseille, chef de (réseau : Mistral).
– Toulon, chef : Auclair.
– Nice-Cannes, avec le commandant Krinsky et le capitaine
Guetta.
– Montpellier, avec le commandant Morel.
– Pyrénées-Orientales, sous les
ordres du commandant Viaud.
Franklin décide de microphotographier la partie
la plus encombrante du courrier, les documents, les
plans et les photos; il charge de ce service Eugène
Petit (Claudius).
Le trafic télégraphique du réseau
était, en majeure partie, assuré par le
service de radio de la délégation de Jean
Moulin.
En mai 1943, Franklin prend contact avec le Comité
directeur des M.U.R. présidé à
l’époque par Henri Frenay. Quelque temps
après, la direction du S.R. des M.U.R. est confiée
à Gemhaling (Henriot). Henriot présente
à Franklin, Pierre Bernheim (Rohan), son adjoint
pour les questions militaires. Ce dernier, sur l’insistance
de Franklin, devait, par la suite faire incorporer la
majorité de ses agents sous l’indicatif
R.P.A., R.P. étant l’indicatif des agents
du réseau Gallia.
Gallia fonctionnait régulièrement et
prenait de jour en jour une plus grande extension. Malheureusement,
les premières arres-tations eurent lieu. Ce fut
tout d’abord Auclair, chef du Var. Transféré
à la prison Saint-Pierre, à Marseille,
il réussit à se faire employer dans les
bureaux de la Gestapo, rue Paradis, pour des écritures
et là, continua son travail d’agent secret.
Il arrive à avoir des relations avec l’extérieur
et fait passer à Franklin deux listes. L’une
des pseudonymes et des noms originaux de tous les résistants
arrêtés par la Gestapo; l’autre,
de tous ceux qui, à la suite de ces arrestations
et des révélations qu’elles avaient
suscitées, étaient recherchés.
Ensuite Auclair fut transféré à
Compiègne et, de là, déporté
en Allemagne où il trouva la mort.
En juin 1943, c’est le commandant Krinsky et
le capitaine Guetta qui sont arrêtés à
Cannes. Puis c’est au tour du commandant Viaud
et de son adjoint Pamarola qui sont arrêtés
à Perpignan. La Gestapo prend ensuite M. et Mme
Mayer, ainsi que Mlle Hirth. Franklin, qui habitait
chez ces personnes, arrive au moment où la voiture
de la Gestapo emmène ses amis. Dans la perquisition
effectuée chez les Mayer la Gestapo ne trouve
aucun papier de Gallia mais ramasse les photographies
et les papiers d’identité de Bertal qui
est à ce moment à Londres. Le chef du
réseau Gallia insiste auprès du B.C.R.A.
afin qu’il ne soit pas renvoyé en France.
Bertal reviendra pourtant au mois d’août,
et montera un nouveau réseau : Nestlé.
Franklin rencontre à cette époque le colonel
Gentil qui dirigeait le parc de matériel à
Clermont-Ferrand et en même temps s’occupait
du camouflage d’un important stock d’armes.
Gentil devient son adjoint. Il devait par la suite,
en 1944, prendre la direction du réseau Darius,
c’est-à-dire de Gallia en zone nord. C’est
des conversations entre Franklin et Gentil que naîtra
la structure définitive de Gallia en novembre
1943. Ce réseau comprenait :
A. – Une centrale à Lyon.
B. – Sept centres Régionaux.
C. – Les réseaux sous le contrôle
de Gallia :
1°) Le réseau Reims, qui tombe sous le contrôle
complet de Gallia après accord entre le B.C.R.A.
et la Sûreté belge en août 1943,
et deviendra le réseau Noël.
2°) Le réseau Marguerite.
3°) Le réseau Dupleix formé à
Lyon à partir de juillet 1943, sous la direction
du commandant Dreyfus Marcel (Lafond), assisté
du lieutenant Girin-Hirseh. Dupleix se spécialisera
dans le renseignement policier et aura la possibilité
d’avertir deux fois par jour les réseaux
des projets et des intentions de la police tant allemande
que française.
Gallia fut également chargé d’organiser
des centres d’antenne chargés du trafic
télégraphique. Les principaux furent :
Cactus, à Clermont-Ferrand, chef capitaine Vibrac.
Thuya, à Limoges, chef lieutenant Brissaud René.
Sycomore, dans la région de Toulon, chef Ménestre,
alias Armand. Érable, dans la région de
Toulouse, chef : Canard, alias Henri.
Au moment du déclenchement des opérations,
militaires et de la période insurrectionnelle
précédant la libération du territoire,
ces centres d’antenne devaient éclater
en U.C.R. (Unités de Combat et de Renseignement).
Les U.C.R. devaient couvrir une portion de territoire
facilement accessible à pied ou à bicyclette
et recueillir, pour les transmettre, les informations
de tous les agents de n’importe quel réseau
se trouvant dans la limite de leurs régions.
Fin 1943, El Maleh est arrêté et après
avoir été torturé à Montluc
est achevé par des rafales de mitraillette à
bout portant comme put le constater le Service de sécurité
de Gallia à la morgue où le cadavre avait
été transporté. À la même
époque, Bertaux et Cazenave se tuent en atterrissant
à Londres. Ce sont ensuite, en 1944, les arrestations
du colonel Gentil, mort à Dora, et de son neveu
Paul, également mort en déportation, de
Cantal, de Garnier. Enfin la libération se poursuit.
Le 21 juillet 1944, Franklin monte à Paris mais
ne pourra rejoindre Lyon.
Le 4 août 1944, Gallia connaît l’alerte
la plus dangereuse de son histoire. Sont arrêtés
Bernheim (Rohan), chef de Gallia R.P.A. et sa femme.
Ils sont fusillés. Le colonel Lanoyerie est pris
à son domicile ainsi que sa femme. Le lendemain,
c’est au tour du commandant Guillaud et de la
secrétaire du P.C., Mme Frigière. Le colonel
Lanoyerie et le commandant Guillaud seront massacrés
à Saint-Genis-Laval.
C’est le commandant Herbelin qui assure alors
la marche du réseau jusqu’à la fin
des opérations. Gallia eut 1.782 agents homologués
auxquels s’ajoutent 576 agents de Darius et 570
de Reims (ex-Coty R.P.B.). Les pertes atteignirent pour
l’ensemble 161 tués ou morts en déportation
et 150 internés et déportés.
JOHNNY, avec KER – En décembre 1940, Jean
Le Roux quitta la Bretagne pour rejoindre la France
Libre à bord de L’Émigrant dans
les conditions exceptionnelles que nous avons relatées
dans le numéro de juin 1956 de notre revue. Dans
le même numéro paraissait sous le titre
: «Un Héros et un Traître»,
un article décrivant le comportement héroïque
de Marcel Le Roy, radio-émetteur du réseau
Johnny pour lequel Jean Le Roux était revenu
en France en mars 1941. Le réseau Johnny cessa
d’exister en juillet 1942, pratiquement anéanti
par les arrestations. C’est un de nos réseaux
où les pertes furent les plus lourdes puisque
sur 197 agents homologués (dont 57 pour Ker)
53 payèrent de leur vie leur patriotisme et 60
furent déportés ou internés.
JULITTE – Fondé en octobre 1942 ne put
exercer son activité que jusqu’en mars
1943. Sur 24 agents homologués, 22 furent déportés
et parmi eux, six moururent dans les camps.
MISSION BRETT MORTON – Eut 62 agents homologués.
MITHRIDATE – Créé en août
1940 mais rattaché au B.C.R.A. en janvier 1942
seulement. Son activité fut très importante
et, avec son sous-réseau Alouette, Mithridate
totalise 1.987 agents homologués dont 127 moururent
pour la France et 208 furent déportés
ou internés mais rentrèrent vivants.
MARCO POLO avec BEARN – Créé en
novembre 1942 eut 1.420 agents homologués parmi
lesquels 56 morts et 79 déportés.
PHALANX – Créé en mars 1942 eut
pour mission les renseignements politiques et économiques
et fut particuliè-rement actif dans les milieux
syndicalistes. Sur 243 agents, huit furent tués,
sept moururent en déportation et 11 furent déportés
ou internés mais échappèrent à
la mort.
PHRATRIE avec BRICK, CORVETTE, COTRE, GOELETTE, HUNTER,
JONQUE, TARTANE, MASSENA, VEDETTE – L’ensemble
de ces réseaux dont la création remonte
au 1er avril 1942 groupe 2.797 agents homologués.
Nous n’avons pas de détail de leurs pertes
sauf pour Phratrie qui eut 13 morts et 21 déportés;
Brick, cinq déportés; Corvette, 26 morts
et 11 déportés; Cotre, huit morts et 23
déportés; Tartane, Masséna, 15
morts et 21 déportés; Vedette, un mort
et un déporté.
PRAXITELE avec ELEUTHÈRE, MANIPULE, MARATHON,
NAVARRE (pour ce dernier, à l’exclusion
du réseau Navarre du colonel Loustanau-Lacau
et du réseau Navarre du général
Navarre) et THERMOPYLES. La création de ce groupe
de réseaux s’échelonne de février
1942 au début de 1943. Leur effectif global représente
2.496 agents homologués. Leurs pertes : 220 agents
tués ou morts en déportation et 268 déportés
ou internés. L’efficacité de ce
groupe fut remarquable et dans «Mes Camarades
sont morts», le colonel Brouillard expose ce que
fut le réseau Eleuthère auquel il appartenait
et les résultats qu’il obtint.
RONSARD TROENE – Sur un effectif de 175 agents
eut 16 morts en déportation, 16 déportés
rentrèrent vivants et 3 furent internés.
Ce réseau avait été créé
en septembre 1941.
SAINT-JACQUES – Mobilisé au 10e R.A.C.,
le lieutenant Maurice Duclos (alias Saint-Jacques) après
avoir pris part à l’expédition de
Narvik, arrive en Grande-Bretagne le 23 juin 1940 et
se met à la disposition du général
de Gaulle. Sur sa demande, le 2e bureau de la France
Libre l’envoie en mission en territoire occupé.
Maurice Duclos quitte l’Angleterre dans la nuit
du 3 au 4 août 1940 à bord d’une
vedette au large de Saint-Aubin qu’il atteint
dans un dinghy à l’aube du 4 août,
au point précis où le 6 juin 1944, à
7 h 30, le 488 commando des Royal Marines allait établir
la première tête de pont. Saint-Jacques
a pour mission d’obtenir le maximum de renseignements
sur l’activité ennemie en territoire occupé,
de Brest à la Belgique, de constituer des groupes
armés susceptibles de reprendre le combat en
temps voulu, de promouvoir l’édition et
la diffusion de tracts et de journaux clandestins, de
créer des équipes aptes aux sabotages
et aux coups de main.
Arrivé à Paris, Saint-Jacques prend contact
avec quelques amis sûrs. Charles Deguy sera son
adjoint et dirigera le P.C. Marcel Halbout s’occupera
de la Normandie. Lucien Feltesse (alias Jean Boulard)
utilisera ses relations parmi les Anciens Combattants
belges et sera chargé du Nord, Pas-de-Calais,
Somme, et éventuellement la Belgique.
Michel Louet (alias Rivière) aura plus particulièrement
pour mission les renseignements politiques et administratifs
ainsi que la propagande.
Jacques Lurot (alias Donald) le mettra en contact avec
le lieutenant-colonel Félix Brunau (alias Nardan)
qui dirigera la région parisienne, la Seine-et-Oise,
la Seine-Maritime sera chargé plus spécialement
des sabotages et des coups de main.
André Visseaux enfin qui, après avoir
été blessé à Doullens et
fait prisonnier, a pu se faire libérer en prenant
faussement la qualité d’infirmier. André
Visseaux apportera à Saint-Jacques le concours
du commandant Vérines, commandant militaire des
Invalides qui, fort de ses relations dans la Garde républicaine
et la gendarmerie, se chargera de la formation de cadres
pour la reprise éventuelle du combat, et pourra,
grâce à ces mêmes relations, obtenir
des renseignements importants dans pratiquement toute
la zone occupée.
Après avoir ainsi établi les bases de
son réseau et transmis à Londres les premiers
courriers qui y arriveront en septembre 1940, Saint-Jacques
regagne l’Angleterre et atteint Londres le 24
décembre 1940. Il revient en France dans la nuit
du 13 au 14 février 1941 en compagnie du radio
John Mulleman muni d’un poste émetteur.
Mais, parachuté dans la région du Bugue,
il se casse les jambes à l’atterrissage,
est hospitalisé à Périgueux, dénoncé
aux autorités de Vichy qui l’arrêtent.
Il retrouvera la liberté le 13 mars.
Mulleman est monté à Paris et il émettra
successivement de Petit Quevilly et du Vésinet
où le poste est installé chez la sœur
de Saint-Jacques, qui sera ultérieurement arrêtée
avec sa famille, condamnée à mort et subira
avec sa fille Monique quatre ans de déportation.
En Juin 1941, Mulleman, qui s’est fait arrêter
au passage de la ligne de démarcation, accepte
de travailler pour l’ennemi qui, dès lors
sera tenu au courant de tous les messages émis
et reçus et en plus émettra des textes
que lui remettront les services allemands. Mais Mulleman,
se sentant soupçonné déclenche
la catastrophe. Une première vague d’arrestations,
le 8 août 1941, frappe entre autres, Charles Deguy,
Marcel Halbout, Lucien Feltesse.
Deux mois après, nouvelle série d’arrestations
due cette fois à l’agent double André
Folmer, alias Richir, alias Albert. Le P.C. et la centrale
de la rue Washington sont anéantis. Les sous-réseaux
Normandie (Halbout) et Jean Boulard (Feltesse) sont
disloqués, de même que le sous-réseau
Rivière (Louet); ce dernier pourra toutefois
éviter l’arres-tation et gagner l’Afrique
du Nord.
Charles Deguy sera fusillé au Mont Valérien,
le 29 juillet 1942, en même temps que son agent
de liaison Roger Pironneau, âgé de 19 ans.
Le commandant Vérines, arrêté en
octobre 1941, sera fusillé en octobre 1943 mais
son sous-réseau continuera à fonctionner
jusqu’à la libération, sous la direction
de Jacques Daroussin assisté d’Émile
Pinoy et de Charles Deketelaere.
Le sous-réseau Nardan aura une activité
ininterrompue jusqu’à la libération
malgré l’arrestation de son chef, le lieutenant-colonel
Brunau, en 1943 Saint-Jacques pourra échapper
aux recherches de la Gestapo et, le 1er mars 1942, rejoindra
Londres où il sera chargé de la direction
des services «Action».
Le réseau Saint-Jacques a été
le premier à fonctionner en territoire occupé.
En plus des renseignements concernant l’ordre
de bataille allemand, les défenses côtières
de la Mer du Nord et de la région du Havre, l’identification
de nombreux terrains d’aviation et de dépôts
de munitions, il a à son actif entre autres :
la communication à Londres des rapports de la
Commission d’armistice (notamment le fameux rapport
Doyen) et des rapports des préfets de Vichy;
la diffusion de «Pantagruel» et de «Valmy»;
la destruction par la R.A.F. d’objectifs militaires
dans le port de Rouen; le sabotage de plusieurs unités
navales allemandes dans le port du Havre; la destruction
de dépôts d’essence et de matériel,
de centrales électriques, le sabotage de plusieurs
centaines de wagons de matériel destiné
à l’ennemi et la constitution de groupes
armés qui prendront une part active aux combats
de la libération.
Les arrestations de 1941 ne permettront l’identification
après les hostilités que de 682 agents
dont 331 seulement avec une précision suffisante
pour permettre leur homologation. Les pertes atteindront
60 tués et 74 déportés et internés.
Les traîtres ont payé : John Mulleman
a été fusillé au fort de Montrouge
en 1946 et André Folmer est emprisonné
à vie.
SAMSON – Fondé en avril 1943 recruta 942
agents. Ses pertes furent quatre tués, 18 morts
en déportation et quatre déportés
rentrés.
WILDE HAUET (MUSÉE DE L’HOMME) –
Début d’activité : août 1940.
Effectif : 606 agents. Pertes : 22 tués, 48 morts
en déportation, 65 déportés rentrés.
Une place à part doit être réservée
à la mission ANTOINE, mise en place en 1941 et
qui a donné naissance aux réseaux Ali-Tir
et Brutus.
ALI, affecté aux renseignements eut pour chefs,
successi-vement Wybot (pseudo Ronald), d’avril
à octobre 1941; Mangin (pseudo Pierre), d’octobre
1941 à février 1942; Andlauer (pseudo
Antoine) de février à décembre
1942 tandis que TIR, branche Action du réseau
eut pour chefs Tupet (pseudo Thome), de novembre 1941
à avril 1942 et Tavian (pseudo Collin) d’avril
à décembre 1942. ALI-TIR mit sur pied
d’autres réseaux qui finalement furent
mis en rapport avec Londres. Ce furent : Roques Philippe
(alias Rondeau) et Augure; Thermopyle (alias Groland),
remplacé après son arrestation par Pignaniol;
Fabre, rattaché à Phalanx (alias Garnier)
et Christian Pineau; Peretti, réseau Ajax; Bornier,
dit Bouche, réseau Sal; Raimondi, réseau
Rud Corse; Jean Charron, dit Rocher, réseau Dur.
Dès août 1941, ALI-TIR eut des relations
par radio avec le B.C.R.A. et entre novembre 1941 et
novembre 1942 eut à son actif neuf opérations
aériennes dont trois parachutages d’hommes
et de matériel et six atterrissages comportant
des réceptions et des départs d’agents.
Sur un effectif de 75 agents, quatre furent tués,
cinq furent déportés et un mourut en déportation.
Il faut également mentionner la DÉLÉGATION
GÉNÉRALE, placée sur les ordres
de Jean Moulin, alias Rex, alias Max, qui était
en France occupée la représentation civile
du général de Gaulle auprès des
mouvements de Résistance. La délégation
générale, à laquelle fut rattachée
l’Action P.T.T., comprit 366 agents.
Viennent ensuite nos réseaux Action dont les
résultats remarquables contribuèrent puissamment
à la victoire Il faudrait un livre entier pour
exposer le bilan de leur activité. Leurs pertes,
dont nous n’avons pas les chiffres détaillés,
furent exceptionnellement élevées en raison
même de la nature de leur mission. Citons avec
leurs effectifs homologués :
ACTION VENGEANCE : 1.451 agents. Chef : lieutenantcolonel
Vie-Dupont.
ACTION R.1 : 896 agents. Chef : lieutenant-colonel
Rivière.
ACTION R.2 : 1.354 agents. Chef : lieutenant-colonel
Picard.
ACTION R.3 : 743 agents.
ACTION RA : 484 agents. Chefs successifs : Leistenschneider,
Schlumberger, Sarda de Caumont.
ACTION R.5 : 263 agents. Chef : Dechelette.
ACTION R.6 : 388 agents. Chefs successifs : Paul Schmidt,
Alain de Beaufort, Léger.
ACTION A : 1.017 agents.
ACTION B : 104 agents.
ACTION C : 21 agents.
ACTION D plus CDP 3 : 2.210 agents.
ACTION M : 366 agents.
ACTION P : 319 agents.
ACTION PLAN TORTUE : 323 agents.
Différentes missions de sabotages mises sur
pied par le B.C.R.A., en juin 1943, sont également
reconnues F.F.L. Ce sont le PLAN GRENOUILLE, le PLAN
VERT, le PLAN VIOLET et le PLAN TORTUE. Chacune de ces
missions avait une tâche bien définie et
groupait le plus souvent des agents disséminés
dans divers réseaux.
Enfin, nos réseaux d’évasion chargés
de détecter, de prendre en charge et de convoyer
hors d’atteinte de l’ennemi les prisonniers
évadés, les aviateurs abattus, les agents
traqués par la Gestapo.
BORDEAUX-LOUPIAC créé par notre ami Jean-Claude
Camors qui, arrivé à Londres en mai 1942,
fut envoyé en mission en France le 1er février
1943. Hélas, Camors était abattu à
Rennes, le 11 octobre 1943. Joseph Cheurez le remplaçait
à la tête du réseau mais tombait
lui-même, le 24 mars 1944. Sur 382 agents, 28
furent fusillés ou moururent en déportation.
BOURGOGNE, BRANDY, PERNOD, KUMEL. Le réseau Bourgogne
fut créé par Georges Broussine qui, évadé
de France, le 11 mars 1942, y était revenu le
19 février 1943 et avait été parachuté
à Sorigny, près de Tours. Brandy, dont,
la centrale était à Lyon, eut successivement
pour chefs : Christian Martell, du 1er mai 1942, date
de création du réseau, au 14 juillet 1942,
puis Maurice Montet, du 14 juillet 1942 au 23 juin 1943.
Les effectifs furent de 354 agents pour Bourgogne, 72
pour Brandy, 22 pour Pernod et 128 pour Kumel, dirigé
par Patrick Hovelacque.
Les réseaux «action»
F.F.L.
Nous devons à l’amabilité de notre
camarade Krug-Basse, les précisions ci-dessous
qui complètent utilement les indications fragmentaires
que nous avons publiées dans notre numéro
de juin dernier.
Il convient de rendre justice aux chefs de régions
dont les noms n’ont pas été mentionnés.
C’est en effet seulement en 1944 que sont apparues
les dénominations régionales. En 1942
et 1943, le réseau «Action» comprenait,
en zone nord, le B.O.A. (Bureau des Opérations
Aériennes) et, en zone sud, la S.A.P. dirigée
par le colonel Charles-Henri Rivière dit «Marquis
». Le B.O.A. était divisé en blocs;
nord, est, ouest, centre. La coordination de ces blocs
était assurée par le «coordinateur
national B.O.A.» qui était, de plus, chef
d’opé-rations d’un de ces blocs.
Ce coordinateur assurait aussi la liaison avec le délégué
du général de Gaulle : Jean Moulin, en
zone sud; M. Serreules, dit «Sophie», en
zone nord. Ce coordinateur était, en juillet
1943, Bel, de son vrai nom le commandant Pichard Michel.
Il dirigeait les opérations du bloc est (devenu
en 1944, Action C - D - P3). Le bloc centre avait pour
chef Phil ou Solda, soit le capitaine Dampierre, tué
en mission clandestine en Indochine en 1944. Le bloc
ouest fut dirigé d’abord par Kim ou Paul,
c’est-à-dire le commandant Schmidt, remonté
de zone sud; puis par Galilée, soit le commandant
des Perruches récemment décédé.
Le bloc nord avait à sa tête : Gramme ou
Rod ou Henry, soit le commandant Pierre Deshayes. L’agent
Bel, qui avait commencé dans la Résistance
comme agent de Rémy (colonel Gilbert Renault)
au renseignement, fit plusieurs missions clandestines
avec lui et arriva en zone occupée au début
de 1943, chargé d’organiser le B.O.A. avec
quelques camarades dont Pal qui fut tué à
Marseille, à la libération. Le chef du
sabotage était Lime, soit Robert Cordier, compagnon
de la Libération. Les deux adjoints de Bel, aussi
appelé «Grauss» puis «Génératrice»
étaient Faraday (François Delimal qui,
arrêté, se suicida pour ne pas parler)
et Jérôme (René Collin, mort héroïquement
en déportation). La région D fut confiée
à Doyen qui fut arrêté peu de temps
après son arrivée. Il fut remplacé
par le capitaine Jouvenet dit «Excellence».
Plusieurs de ces chefs de-vinrent DMR ou DMD au débarquement.
Les réseaux «Action» recevaient
des parachutages de matériel en vue des sabotages
à effectuer sur les voies ferrées dans
le cadre du «Plan Vert». Comme on le sait,
ces sabotages ont grandement facilité les opérations
de débarquement. Le «Plan Tortue»
dont l’objectif était la désorganisation
des transports routiers de l’ennemi, eut parmi
ses chefs en 1944, le DMR (région P1) «Artilleur»,
commandant Palaud, qui fut arrêté en mars
1944, ainsi que Shelley, ou Wing Commander Yeo Thomas
dont l’épopée a été
retracée dans le livre célèbre
«Le Lapin Blanc» et qui était chargé
des opérations de parachutage par la R.A.F.
Le commandant Deshayes (région AB), le commandant
Clouet des Perruches (M), le commandant Pichard (C D,
P3 coordinateur national B.O.A.), le commandant Palaud
(Plan Tortue) sont tous compagnons de la Libération,
ainsi que François Delimal. Ils furent, avec
Paul Schmidt, les chefs les plus anciens et les créateurs
du B.O.A. Le contenu de cet article est
issu de l'ouvrage en 7 volumes "La
mémoire des Français libres. Hommes &
Combats" édité par la Fondation de
la France Libre. |