Le 1er RSM est l'héritier de
l'unité du même nom qui s'illustra dans
l'armée d'orient en 1917, en recevant cinq citations
à l'ordre de l'armée. En 1940, stationné
au levant, il sera réparti en deux groupes de
reconnaissance de division d'infanterie (GRDI). Dès
le 30 juin, le capitaine Paul Jourdier rallie avec son
escadron la France Libre et rejoint le Soudan anglo-égyptien.
Un mois plus tard, au camp de Moaskar, il constitue
avec le BIM les Forces françaises libres du Moyen-Orient.
Au début de 1941, les "Calots rouges*"
de Jourdier sont engagés en Erythrée,
avant de regagner la Syrie (mai-août 1941). Devenu
Groupe de reconnaissance de corps d'armée (GRCA),
à trois escadrons (dont deux à cheval),
l'unité s'entraîne en vue de participer
aux opération de Libye.
En décembre 1941, le 3e escadron - le seul équipé
d'automitrailleuses - commandé par le capitaine
de Courcel est mis à la disposition de la Brigade
Kœnig et il sera utilisé dans les opérations
contre les troupes de l'Axe en Libye. En mai 1942, les
deux autres escadrons quittent la Syrie pour l'Egypte,
où il seront affectés à la 2e BFL
(général Cazaud). A l'automne, le 1er
RMSM succède au GRCA ; constitué de quatre
escadrons, il est confié au commandant Jean Rémy
et va former, avec la 1re compagnie de chars du 501e
RCC, deux groupes de reconnaissance sur le modèle
des "colonnes volantes" britanniques (Flying
Columns), sous les ordres des commandants Rémy
et de Kersauzon : le GR 1 est dirigé sur Fayoum,
le GR 2 sur Samaket-Gabalia, au sud du front de la VIIIe
armée.
Le 25 septembre 1942, les deux GR reconstituent le 1er
RMSM (commandant Rémy), qui va être engagé
dans la bataille d'El Alamein, avant d'être rattaché,
successivement, à la 44e DI britannique, à
la 4e DI hindoue, puis à la 4e brigade blindée
britannique. Au début de 1943, le RMSM prend
part à la campagne de Tunisie**, où il
est mis, le 12 mars, à la disposition de la "Force
L" (l'ex-Colonne Leclerc, venue du Tchad). Après
la chute de Tunis, il rejoint la 1re DFL au camp de
Sabratha (Libye), avant de faire mouvement avec la 2e
DFL (future 2e DB) au camp de Temara (Maroc), où
il devient le régiment de reconnaissance de la
2e DB. Il comprend alors, toujours sous les ordres du
colonel Rémy, six escadrons - dont quatre équipés
d'automitrailleuses.
Le jour de Pâques 1944, il embarque pour l'Angleterre,
d'où il partira, le 31 juillet, pour débarquer
à Sainte-Mère-Eglise. Il accompagne ensuite
la division Leclerc et se distingue au Mans, à
Ecouché et à Argentan. Engagé dans
les Vosges et sur le front de l'Atlantique, il traverse
ensuite l'Allemagne et son 3e escadron sera parmi les
premières troupes françaises à
entrer au "Nid d'aigle" de Hitler à
Berchtesgaden. Durant toute la campagne de France, les
spahis auront capturé plus de 26.000 soldats
ennemis et détruit vingt chars, vingt canons,
200 véhicules et même un avion. Il sera
fait Compagnon de la Libération le 7 août
1945.
* La coiffure de l'escadron Jourdier
avait été conçue par la générale
Catroux, marraine de l'unité, et taillée
dans les anciens burnous des spahis.
** Il s'illustrera notamment lors des combats de Médenine,
Bordj Fedjej, Mezzouna, Djebel Garci. |