In memoriam Jacques Mouhot

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Jacques Mouhot (RFL).

Jacques Mouhot est décédé le 11 décembre 1985. Les Parachutistes Français Libres du Special Air Service sont en deuil. Ils viennent de perdre l’un des plus prestigieux d’entre eux, l’un de ceux dont le parcours était exemplaire.
Engagé en 1940 dans la bataille de France, fait prisonnier, il découvre au camp où il est transféré le renoncement de tous ces hommes en uniforme qui sont parqués là sans avoir livré bataille.
Ce fils d’officier de carrière pour qui capituler n’avait pas de signification s’évade à la première occasion et n’a plus qu’un seul objectif : rejoindre ceux qui refusent la défaite et poursuivent le combat.
Par l’Algérie, le Maroc, il arrive à Tanger. Il veut aller à Gibraltar, tout près et si loin. Il découvre dans la rade un caboteur battant pavillon anglais. Dans la nuit, il le rejoint à la nage. Monte à bord. Se cache dans les cordages, Au matin, l’équipage le découvre… et l’adopte. Deux semaines après, il est en Angleterre, il a rejoint les Forces Françaises Libres.
Il s’engage aussitôt dans la petite unité de parachutistes que le capitaine Bergé, de retour d’une mission parachutée en France, a été chargé de créer par le général de Gaulle. Après son stage de saut, il est dirigé avec ses camarades sur la Syrie d’abord, sur le camp de Kabret ensuite, où les Anglais ont un centre d’entraînement. C’est là que la troupe de Bergé va être incorporée à la prestigieuse brigade du « Special Air Service » de David Stirling réputée pour ses raids meurtriers sur les arrières ennemis en Libye et en Cyrénaïque.
En juin 1942, le capitaine Bergé choisit Mouhot avec Sibard et Léostic pour la première mission. En compagnie du capitaine Lord Jellicoe et du lieutenant grec Petrakis, un sous-marin les dépose en Crète avec l’ordre de saboter les avions allemands basés sur l’aérodrome de Héraklion.
En une nuit, cette petite équipe détruira 20 bombardiers et un chasseur des soutes à bombes, des véhicules et un atelier de réparation. C’est Mouhot qui silencieusement a placé les bombes à retardement sur chaque avion. Fantastique succès.
La traque est déclenchée mais ils ont pu profiter du total affolement, sur le terrain, dès les premières explosions. Hélas, quelques jours plus tard, alors que les quatre Français attendent le retour de Jellicoe et Petrakis partis en reconnaissance pour repérer le lieu où un sous-marin doit venir les reprendre, ils se découvrent encerclés, trahis par le ravitailleur de Petrakis. Ils se battent sans espoir contre 50. Léostic, ce petit Breton qui venait d’avoir seulement 17 ans, sera abattu. Ses trois compagnons de combat faits prisonniers, pour interrogatoire, seront condamnés à mort après de dures séances de questions. Curieusement, ils apprennent un matin que le Führer les a graciés eu égard à la belle conduite des Français Libres à Bir-Hakeim… Sans doute y avait-il plutôt là une intervention de Rommel.
Jacques est envoyé en Allemagne. Il va connaître la vie des camps. Mais l’évasion il connaît, les Allemands vont s’en apercevoir.
Trois fois il s’évadera. Trois fois il sera repris. À la quatrième, ils ne le verront plus. Parce que regagner sa liberté signifiait pour lui retrouver le combat, il va réussir un an après avoir posé ses bombes sur les appareils allemands de Héraklion à rejoindre ses camarades SAS en Angleterre.
Extraordinaire périple passant par quatre évasions, la traversée de la Hollande, la Belgique, la France, l’Espagne pour atteindre une fois encore Gibraltar. Il ne lui reste plus qu’à reprendre le dur entraînement en vue du débarquement.
Le 7 juin 1944, dans le cadre de l’opération Overlord, il est parachuté en Bretagne pour rejoindre les SAS qui, depuis le 5, veille du jour « J », sont entrés en action pour y bloquer les forces allemandes qui s’y trouvent.
Pendant plus d’un mois, il va mener une formidable partie de cache-cache avec l’ennemi, Frapper, disparaître, frapper à nouveau. Parti avec ses deux compagnons de Libye, Martin et Dejean, il en sera séparé pour les besoins de l’action. Il échappera ainsi à la mort héroïque que tous deux ont connue à Kerihuel et pourra découvrir le sourire d’Alexis, le petit garçon que sa jeune épouse anglaise lui a donné.
Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un extraordinaire combattant qui quitte sa famille SAS. C’est aussi un ami merveilleux dont la modestie, la gentillesse, la sensibilité étaient proverbiales. Dans son regard toujours un peu amusé s’exprimait une généreuse fraternité qui va gravement nous manquer.
Ses camarades du Special Air Service, devant son cercueil, ont pleuré le soldat exceptionnel et l’ami irremplaçable.

Georges Caïtucoli
Président de l’Amicale des Parachutistes Français Libres du Special Air Service

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 253, 1er trimestre 1986.

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