Louis Delanchy

Louis Delanchy

Louis Delanchy (DR).

Louis Émile Léon DELANCHY
Né le 21 avril 1924 à Hirson (02)

Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres
Matricule FAFL 30.812
« Disparaît en mer du Nord » le 6 décembre 1942 au large des Pays-Bas

Radio-mitrailleur au « 107 Squadron » de la RAF
« Mort pour la France » à l’âge de 18 ans

LE CONTEXTE AVANT SA DISPARITION

Louis DELANCHY, lorsque la France entre en guerre en septembre 1939, est collégien à Soissons. C’est un jeune adolescent de 15 ans passionné d’aviation, de radiophonie et de radiocommunication. Face à l’invasion des troupes allemandes, il part en exode avec sa famille se réfugier en Seine-et-Marne.

Après la signature de l’Armistice en juin 1940 mettant fin aux combats, Louis, malgré son jeune âge, n’a qu’une idée en tête : répondre à l’Appel du général de GAULLE. Il part seul à vélo jusqu’à Marseille où il ne trouve pas le moyen d’embarquer, avant de faire demi-tour et de retourner dans sa famille.

En avril 1941, il renouvelle la tentative avec deux jeunes de sa connaissance. Ils partent de Paris et après une traversée dangereuse de la ligne de démarcation, réussissent à franchir les Pyrénées. Malheureusement Louis est arrêté par la « Guardia civil » et emprisonné à Barcelone puis incarcéré au camp de Miranda de Ebro.

Paquebot HHMTS Pasteur (DR).

Libéré trois mois plus tard grâce au Consul britannique à Madrid, il est dirigé vers Gibraltar où il embarque à bord du paquebot Pasteur à destination de la Grande-Bretagne.

Arrivé en Ecosse, Louis est dirigé vers Londres où aussitôt il demande à être incorporé dans les Forces Française Libres. Il n’hésite pas à se vieillir d’une année afin de s’engager dans les FAFL (Forces Aériennes Française Libres).

Sa connaissance du morse et de l’anglais lui ouvrent les portes des écoles de Radio de la RAF (Royal Air Force), la « Signal School » de Cranwell et l’Ecole de mitrailleur à Evanton. Il en ressort breveté radio-mitrailleur « WO/AG » et est promu au grade d’aspirant en avril 1942 pour avoir été major de sa promotion.

En août 1942, il poursuit sa formation dans une école d’entrainement opérationnelle au n°17 OTU d’Upwood (Operational Training Unit) formant les équipages de bombardiers. Louis fait équipe avec deux autres aviateurs FAFL, Clément PINEAU (†) et Léon WAINSTEIN.

Armement d’un « Boston Mk.III » (DR).

Le 11 novembre 1942, ils sont tous les trois affectés au « 107 Squadron » de la RAF installé à la base RAF de Massingham située à 40 km au nord-ouest de Norwich. Les vols d’entraînements débutent sur des bombardiers « Boston Mk.III ».

Le 3 décembre, Louis, alors qu’il est en permission et qu’il a fait le choix de rester sur la base, est désigné personnellement par le Wing-Commander DUTTON pour faire partie de son équipage en vue de la prochaine opération qui s’annonce de grande envergure. Les mauvaises conditions météorologiques vont obliger le report de la mission de quelques jours.

Le 6 décembre 1942, c’est le grand jour !… Louis va participer à sa première mission de guerre.

Il ne le sait pas… ce sera la dernière.

SA DERNIERE MISSION

Dimanche 6 décembre 1942, c’est le lancement de l’Opération « OYSTER » qui consiste à bombarder de jour l’Usine Philips de Eindhoven aux Pays-Bas – une usine des plus importantes, avec ses 15.000 ouvriers, produisant des composants pour les appareils de détection radar de l’armée allemande.

Près de cent bombardiers et quatre cents avions de chasse sont engagés dans cette opération. Douze bombardiers du « 107 Squadron » vont y participer.

Il est 11h22 lorsque les douze « Boston Mk.III » du « 107 Squadron » décollent du terrain de Massingham.

Bombardiers « Douglas-Boston » en formation (DR)

Louis fait partie de l’équipage du Wing/Commander P.H. DUTTON qui conduit la formation, il est au poste de mitrailleur-inférieur. Avec eux le Flight /Lieutenant N.H. SHEPHERD navigateur et le Flight /Lieutenant R.W. Mac CARTHY radio-mitrailleur. Leur avion est le « Douglas-Boston Mk III » immatriculé « AH 740-OM-A ».

Après avoir franchi la mer du Nord au raz des vagues, le Boston « AH 740-OM-A » largue ses quatre bombes de 500kg sur l’objectif.

Sur le chemin du retour, le bombardier de Louis est attaqué par la chasse allemande et touché par les tirs d’un « Focke-Wulf Fw-190 ». Quelques instants plus tard, sans que l’équipage n’ait pu évacuer l’appareil, le « Boston Mk.III » s’abime en mer à 12h59 au large des côtes néerlandaises à 6km à l’ouest de Katwijk-aan-Zee. Aucune trace du bombardier ne sera repérée.

Deux autres Boston du « 107 Squadron » ne reviendront pas de cette mission. Malgré les treize appareils détruits et les 41 aviateurs morts au cours de ce raid, l’opération reste un succès, l’usine Philips va se retrouver à l’arrêt pendant plus de six mois.

L’ensemble de l’équipage du bombardier Boston « AM-A » sera officiellement déclaré « porté disparu ».

Peter Hiley DUTTON était âgé de 29 ans, Norman Henry SHEPHERD 28 ans et Robert William Mc CARTHY 24 ans. Louis DELANCHY était âgé de 18 ans, il allait d’être promu au grade de sous-lieutenant, c’était sa première mission de guerre.

Leurs corps ne seront jamais retrouvés.

Estimation du lieu de la disparition à 6km au large de Katwijk-aan-Zee au Pays-Bas.

Pour en savoir davantage sur le parcours de Louis Delanchy, vous pouvez télécharger sa biographie complète au format PDF (prochainement disponible).

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