Raymond Cabard

Raymond Cabard

Raymond CABARD, alias Fraichin (DR).

Raymond Paul CABARD
Né le 10 décembre 1913 à Paris

Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres
Matricule FAFL 30.570
« Disparaît en France » présumé décédé le 15 janvier 1943

Agent secret chargé de mission au « BCRA »
« Mort pour la France » à l’âge de 29 ans

LE CONTEXTE AVANT SA DISPARITION

Raymond CABARD s’engage à l’âge de 16 ans dans la Marine pour une durée de cinq ans. En 1936, il termine sa période militaire avec le grade de quartier-maître 1ère classe en qualité de fusilier marin.

De retour à la vie civile, il exerce le métier de représentant de commerce. Il se marie et devient la même année père d’une petite fille. En 1937, il se réengage dans la Marine pour une durée de cinq ans.

Après l’entrée en guerre de la France en septembre 1939, le parcours de Raymond CABARD n’a pas pu être retracé. Il est tout à fait possible qu’après l’invasion des troupes allemandes en mai 1940, ayant entraîné l’encerclement de la poche de Dunkerque, le navire sur lequel il était affecté ait participé à l’évacuation des troupes françaises au mois de juin vers la Grande-Bretagne.

Engagement des premiers volontaires (DR)

Après la signature de l’armistice franco-allemand le 22 juin 1940, Raymond se trouve en Angleterre. Il fait le choix de répondre à l’Appel du Général de GAULLE en s’engageant à Londres dans les FFL (Forces Françaises Libres) à compter du 3 juillet.

Candidat parachutiste, il suit la rigoureuse formation imposée par le capitaine BERGÉ et obtient parmi les tous premiers son brevet de parachutiste en décembre 1940, puis le mois suivant son brevet de « saboteur ». Affecté dès sa création à la 1ère compagnie d’infanterie de l’air (CIA) des FAFL (Forces Aériennes Françaises Libres), Raymond suit une préparation au combat rapproché et à l’exécution de coups de main nécessaires à des actions en profondeur à l’intérieur de territoires occupés.

Bombardier « Armstrong Whitley » de la RAF (DR).

En avril 1941, il est sélectionné pour une mission au nom de code « Joséphine B ». L’objectif sera la destruction d’une usine électrique en territoire occupé située à Pessac, près de Bordeaux. Le 11 mai 1941, la petite équipe, composée de trois hommes, l’adjudant Jean FORMAN, alias « BEAUDOIN », chef de mission, et les sergents André VARNIER et Raymond CABARD, alias « FRAICHIN », embarque dans la nuit à bord d’un bombardier « Whitley ». Ils sont largués dans les Landes, près de Mimizan, avec des containers chargés d’explosifs.

Après une première tentative, l’équipe réussit le 7 juin son opération de sabotage et la destruction des transformateurs électriques de l’usine qui alimentaient la base sous-marine allemande de Bordeaux-Bacalan.

L’opération est un succès mais, sans ordre pour le futur, il est décidé que chacun devra trouver un moyen pour rejoindre l’Angleterre. Raymond, alors qu’il tente de franchir les Pyrénées pour rejoindre l’Espagne, est arrêté par la police française et interrogé pendant une semaine, puis relâché.

Il rejoint ensuite Paris, se met en contact avec un réseau de résistance et participe en 1942 à des missions de repérage de zones de parachutage en liaison avec le BCRA de Londres (Bureau Central de Renseignements et d’Action, services secrets de la France Libre). Au cours de l’été, il est autorisé à rejoindre quelque temps sa famille près de Cherbourg.

En octobre 1942, Raymond est rappelé à Paris.

Il ne le sait pas… dans quelques semaines il prendra un chemin qui le conduira vers une issue fatale.

SA DISPARITION

Le 25 octobre 1942, Raymond, de retour du Cotentin, arrive à Paris chez Mme VILETTE, la tante de « BEAUDOIN » (capitaine FORMAN), pour reprendre contact. Entre-temps, l’agent Louis BOURDAT a été arrêté et exécuté le 15 juillet. La Gestapo recherche partout LE GALL qui passe en « zone libre ».

Port de Marseille (DR).

Raymond, se sentant menacé, recherché par la Gestapo, décide de quitter Paris pour rejoindre la « zone libre ». Après être passé par Aix-en-Provence, où il a tenté en vain de prendre contact avec un réseau de résistance, il rejoint Marseille.

Le 16 novembre 1942, désespéré de pouvoir s’en sortir, moralement désemparé, se sentant de plus en plus traqué et craignant de se faire dénoncer, Raymond préfère se constituer prisonnier en se présentant au bureau de la police maritime. Reconnu comme « déserteur » pour avoir rejoint en 1940 les Forces Françaises Libres, il est emprisonné en attendant de comparaître devant un conseil de guerre.

Le 15 janvier 1943, Raymond CABARD est déféré devant le tribunal militaire de Toulon qui le condamne à cinq ans de travaux forcés.

À partir de cette date, son parcours reste très incertain. Il aurait été transféré à la prison du fort du Hâ, à Bordeaux, puis interné à la prison de Poitiers, avant de rejoindre celle de Compiègne. Son épouse aurait reçu en juin 1944 un courrier de sa part provenant de la prison de Poitiers.

Le sergent-chef Raymond CABARD, alias FRAICHIN, sera officiellement déclaré « porté disparu » et présumé décédé à compter du 15 janvier 1943, date de sa dernière apparition.

Il était âgé de 29 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Estimation des lieux possibles de sa disparition.

Pour en savoir davantage sur le parcours de Raymond Cabard, vous pouvez télécharger sa biographie complète au format PDF (prochainement disponible).

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