Épisodes érythréens, par le lieutenant-colonel François Reyniers

Épisodes érythréens, par le lieutenant-colonel François Reyniers

Épisodes érythréens, par le lieutenant-colonel François Reyniers

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Éléments engagés en Érythrée (RFL).
Éléments engagés en Érythrée (RFL).

Aussitôt après les combats de l’Engahiat, le lieutenant-colonel Cazaud, rameutant les éléments qui avaient participé à l’attaque, entamait la poursuite. Keren venait d’être pris par les Britanniques. Il fallait exploiter le succès sans tarder.

Il y avait à ce moment sous ses ordres les 2e et 3e compagnies du bataillon de Légion, deux compagnies de la coloniale, la première du Bataillon d’Infanterie de Marine, commandé par le capitaine Savey (qui devait être tué à Bir-Hakeim) ; la deuxième du BM.3, plus des éléments de la compagnie d’accompagnement.

Le lieutenant-colonel Cazaud donna pour objectif à son détachement le confluent de l’Enseba et, partant en flèche avec la Légion formant avant-garde, me laissa le commandement de l’arrière-garde, composée des deux compagnies de la coloniale. Nous devions suivre dès que les hommes auraient pu remplir leurs bidons aux maigres sources qui se trouvaient au pied de l’Engahiat.

Ce bond s’effectua de nuit, dans un pays inconnu. Je dus prendre des guides indigènes que nous faisions marcher le revolver sur la nuque, au cas où ils nous auraient amenés dans quelque traquenard. Un traînard de l’avant-garde, croyant que nous étions l’ennemi, nous tira dessus avant que nous n’arrivions à destination. Cet incident retarda d’environ une demi-heure notre marche, La nuit se passa dans l’oued, sur le sable, où, par un phénomène que j’ai encore mai compris, nous claquions des dents en raison peut-être d’un courant qui, n’apparaissant pas à l’œil nu, semblait être souterrain.

Le second jour, nous devions rejoindre par la montagne la route de Keren à Asmara. Pour cette marche, je pris cette fois le commandement de l’avant-garde, composée de deux compagnies de Légion, marche très dure qui se termina par une petite échauffourée aux abords de la route. Un homme de la pointe d’avant-garde tua sous un des ponceaux du chemin de fer l’un des derniers « askaris » de l’arrière-garde italienne. Il se défendit farouchement.

À ce moment se placent deux incidents caractéristiques, touchant l’un, l’attitude anglaise, l’autre celle des gens du pays.

Le capitaine Amilakvari (qui devait être tué à El-Alamein), étant allé faire liaison à Keren avec les Anglais, ceux-ci se montrèrent stupéfaits de cette marche forcée à travers la montagne. Ils marquèrent leur contentement en nous envoyant aussitôt des citernes et du ravitaillement ; quelques heures plus tard, le général Platt (futur commandant de l’expédition de Madagascar) vint féliciter lui-même les officiers de mon bataillon. Nos pieds gonflés refusant toutes chaussures, je les lui présentai en chaussettes, le long du talus du chemin de fer, près d’un caniveau de 0,90 mètre où nous nous étions réfugiés en raison de la chaleur qui brûlait la belle route goudronnée. Elle avait pourtant fait notre admiration, nous qui n’avions pas vu un objet semblable depuis longtemps.

J’allais également le soir faire liaison à Keren. Je fus reçu par une unité de lanciers qui avait été terriblement éprouvée à la bataille de Keren, mais qui ne voulut pas me laisser partir sans que j’emporte quelques bouteilles de whisky pour les officiers du bataillon. Quelle belle camaraderie, et pour moi, première impression de victoire.

Le second incident a trait à une indigène, femme de quelque employé de chemin de fer, qui profitait de la pente de la voie ferrée pour rouler doucement vers Keren, ses bagages installés sur un chariot de service. Comme je m’approchai, elle me dit en excellent français : « Je sais le français, j’ai été à l’école chez les sœurs du Caire », et à ma question : « Êtes-vous catholique ? » me répondit fièrement : « Non seulement je suis catholique, mais apostolique et romaine. »

De là, après quelques kilomètres à pied, qui nous parurent interminables, car nous étions, officiers et hommes, nourris uniquement de corn-beef et de biscuits depuis un mois, absolument épuisés, nous nous embarquâmes en camion, le soir, en direction de l’oued des Singes, où nous devions retrouver tentes, voitures et phonographe. Nous y étions inspectés deux jours plus tard par le général de Gaulle accompagné du colonel Brosset.

Je pus aller voir mes blessés à quelques kilomètres de là. J’y rencontrai, en particulier, le lieutenant Langlois. Tous avaient un excellent moral. Je vis aussi Mme Buterne, toujours si dévouée.

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 De là, nous partîmes sur Massaouah marche par bonds. La colonne était précédée par un détachement du génie sur camion qui ouvrait la piste au fur et à mesure. Un camion, avec le capitaine Saint Hillier, devait sauter sur une mine, mais la couche de sacs et de ballots placés sur le plancher de la camionnette amortit le choc et diminua les dégâts. Seul un homme eut un doigt coupé. Nous couchâmes le soir en halte gardée (1er avril 1941), et nous repartîmes le lendemain, reçus dans les villages par les chefs indigènes qui nous offraient du café. Nous arrivâmes ainsi à hauteur de la route de Massaouah à Asmara, à quelque 30 kilomètres de la première ville. Là, le colonel Monclar, commandant la colonne, installa son PC et, jugeant imprudent d’engager d’emblée sa brigade sur Massaouah, décida de lancer deux reconnaissances offensives, l’une vers Massaouah, avec la 2e compagnie, l’autre vers Ghinda, avec la 3e. Ces deux unités étant prélevées sur mon bataillon qui formait le gros de la colonne, j’allai inspecter les deux unités et rendis compte au colonel Monclar que la reconnaissance de Ghinda avait pu débusquer une batterie d’artillerie de montagne sur chameaux, lui prendre son fanion, en même temps qu’elle faisait quelques prisonniers et gardait un canon.

La 3e compagnie était cependant accrochée au flanc de la montagne à hauteur d’une destruction importante qui, d’un coup, avait touché trois lacets de la route. Le capitaine de Lamaze (qui devait être tué à Bir-Hakeim) avait estimé dangereux d’engager son unité dans une région boisée où elle aurait risqué de se trouver prise dans une embuscade.

Cette situation connue, le colonel Monclar, constituant une sorte de petit groupement tactique, décida de me confier, en plus de la 3e compagnie, le groupe franc, complété par quelques mitrailleurs et engins que je ne pus d’ailleurs utiliser et il me donna ordre de pousser jusqu’à Ghinda. Il était environ 17 heures. Je partis donc rejoindre la 3e compagnie et décidai de pousser le groupe franc en reconnaissance jusqu’à Ghinda en laissant un échelon de repli, la 3e compagnie, dont une section reconstituée suivrait dès que possible. De ma personne, je m’enfonçai au-delà de la coupure, avec deux groupes de combat du groupe franc. Je fus rapidement rassuré. Au moment même où je m’engageai au-delà de la 3e compagnie, je rencontrai un légionnaire qui avait maraudé en avant et qui me dit que la route était libre.

Nous poursuivîmes donc notre chemin avec dix hommes de chaque côté de la route. Le groupe était commandé par l’aspirant Pernet. Le pays était beau et nous n’avions pas vu depuis longtemps autant d’arbres et des prairies aussi vertes. Des femmes indigènes, rangées comme pour une fête, le long de la route, nous saluaient en « you-you » joyeux. Bientôt nous arrivâmes après avoir essuyé, sur la droite, quelques coups de feu du reste assez dispersés, à une sorte de baraque près de laquelle se trouvait une voiture. Je l’utilisai pour prévenir le maire de Ghinda que l’armée alliée (nous étions 20) arrivait, et qu’il fallait qu’on vînt à notre rencontre.

Un quart d’heure après environ, débouchait dans une voiture découverte le commissaire du gouvernement de Ghinda, un peu tremblant, accompagné d’un capucin suisse chargé de nous demander, au nom de la charité chrétienne, de ne faire aucun mal à la population. Escorté d’un légionnaire placé sur le marchepied, je montai dans la voiture après avoir fait en sorte qu’un pick-up vienne chercher de Ghinda le reste du groupe franc et, par la suite, la section de renfort de la 3e compagnie.

Tout en rejoignant Ghinda, charmante petite ville d’estivage juchée dans la montagne, je déclarai à mon gouverneur que j’étais prêt à y faire régner l’ordre, mais que je le considérais comme mon otage au cas où, du côté italien, tout ne se déroulerait pas selon mes désirs.

Je commençai à faire avec lui le tour de la ville, reconnaissant successivement deux emplacements où je trouvai réunis des militaires italiens que je fis prisonniers, après les avoir comptés. Dans les premières maisons étaient groupés des sous-officiers et soldats de toutes armes, marins et aviateurs compris ; au second emplacement, près de la gare où j’arrivai seul avec le gouverneur, je lui fis remarquer que le nombre de prisonniers était supérieur à celui qu’il m’avait annoncé et qu’il avait voulu me tromper. Là se trouvait une douzaine d’officier italiens, en tenues soignées, que je fis ranger après avoir pris parmi eux un interprète sachant le français. Je leur fis savoir – triste souvenir des méthodes allemandes en France – que j’estimais qu’ils s’étaient bien battus, réflexion qui sembla leur faire vivement plaisir, que je ne les traitais en ennemis que parce qu’ils étaient les amis des Allemands, et rendais le plus ancien responsable de toute évasion de ses camarades. Un capitaine me demanda s’ils pourraient garder leurs armes ; je lui dis que non, car les Allemands, à ma place, ne l’auraient pas permis. Ils me rendirent alors leurs armes. Aucun ne devait, par la suite, chercher à s’enfuir. J’étais à ce moment seul et sans armes. Je dois dire que c’est un des bons moments de mon existence.

Je reconnus ensuite le reste de la petite ville, et plaçai à la mairie la section de la 3e compagnie qui était venue entretemps renforcer la garnison. Je rentrai alors chez le gouverneur et je m’invitai à dîner et à coucher, plaçant un poste de garde à la porte. Hors la section de la mairie qui jouait le rôle de petite réserve, deux postes de cinq hommes gardaient les prisonniers. Le dîner fut bon et même précédé d’un apéritif que mon otage s’empressa de me servir. Je me couchai. Vers 10 heures, le capitaine de Lamaze vint me trouver pour prendre liaison. Je remerciai Lamaze de sa visite et lui donnai rendez-vous pour le lendemain au petit déjeuner.

Après le désert, la montée vers Cub-Cub et Keren (RFL).
Après le désert, la montée vers Cub-Cub et Keren (RFL).

Le lendemain, les différents postes ayant été mis en ordre, l’évacuation des prisonniers ayant commencé, je décidai avec le capitaine de Lamaze de tenter de faire liaison avec Asmara, que nous savions occupée par les Anglais. Dans cette intention, nous prîmes un pick-up sur lequel fut mis en batterie un fusil mitrailleur. Nous y fîmes monter un policier italien, qui devait nous servir à la fois d’otage et de guide, et nous commençâmes à gravir les pentes de la magnifique route qui monte vers Asmara, située à plus de 2 000 mètres d’altitude, une des plus hautes capitales du monde.

Après avoir traversé un petit village, où, après avoir récupéré des armes, nous fîmes quelques prisonniers, nous arrivâmes à quelque 30 kilomètres d’Asmara, à une coupure de la route où travaillait un bataillon du génie hindou. Notre voiture, que faisait surtout remarquer le policier italien, fut saluée par les balles du petit poste anglais chargé d’assurer la protection des travailleurs anglais ; mais, nous nous fîmes rapidement reconnaître et je pus prendre liaison avec l’officier qui commandait le chantier. Très étonné de nous voir arriver, il envoya sur-le-champ par radio, devant moi, au PC de la 5e division, la nouvelle que les Français Libres avaient fait liaison avec lui et qu’ainsi la route d’Asmara à Massaouah était libre.

Je leur donnai d’ailleurs un faux renseignement. Je pensai que la coupure que j’avais franchie la veille et qui m’avait paru formidable ne serait pas réparée avant deux jours. En réalité, grâce à l’activité du lieutenant Demaison, qui fît travailler sur-le-champ une centaine de prisonniers italiens, elle devait être utilisable beaucoup plus rapidement et sans que les Anglais aient à y mettre la main.

Cette liaison permit quelques heures plus tard à la 5e division de dévaler vers Massaouah. Le général commandant cette unité enleva de ce fait à notre brigadier, le général Briggs, son commandement sur nous. C’est la raison de la rapidité avec laquelle s’engagea la bataille de Massaouah, mais aussi du mécontentement que devait manifester plus tard à notre égard le général Briggs.

La route vers Asmara étant reconnue, il restait à dégager la voie ferrée qui, d’après ce qui nous avait été dit, était minée entre Asmara et Massaouah. Elle pouvait servir par la suite de « pénétrante » pour amener du matériel et des hommes à proximité de la ligne de bataille.

Or, j’avais la chance d’avoir près de moi le lieutenant Dewey (qui devait être tué à Bir-Hakeim). Homme simple et courageux, officier de réserve ayant fait l’autre guerre, Dewey était en temps de paix chargé de l’exploitation aux chemins de fer. Il me suffit donc de prendre à la gare une automotrice de la Croix-Rouge sur laquelle nous embarquâmes, faute de trouver un autre moyen (et contrairement, il faut le dire, aux conventions de Genève), un groupe de combat. Nous nous fîmes accompagner d’un employé des chemins de fer italiens et d’un policier. Nous partîmes ainsi en direction d’Asmara. Nous nous arrêtâmes avant les ouvrages d’art, les traversant à pied, tandis que sous les tunnels nous descendions de voiture, suivis de la micheline qui éclairait la voie avec ses phares. Nous ne devions d’ailleurs trouver qu’un champ de mines hâtivement placé et mal camouflé ; des engins non encore installés avaient été laissés sous le remblai.

Arrivés dans une gorge étroite, à quelques kilomètres d’Asmara, nous trouvâmes enfin la voie bouchée par des locomotives que les Italiens avaient lancées les unes contre les autres. Notre mission était terminée de ce côté. Je rejoignis Ghinda avec Dewey. Là, devant m’occuper de mon détachement et désirant faire liaison avec le colonel Monclar, je confiai à Dewey le soin de déminer la voie jusqu’aux approches de Massaouah. Il devait remplir parfaitement cette mission, relevant un beaucoup plus grand nombre de mines que le matin. Il fut « cité » pour ce travail.

Je rapporterai enfin, avant de laisser Ghinda, un incident assez significatif. Le lendemain de notre arrivée dans cette petite ville, mon hôte me dit qu’il avait chez lui, en séjour permanent, Son Excellence l’ancien gouverneur d’Érythrée. Je pensai que, bien que vainqueur, il était convenable que je fasse une visite à ce personnage. Très malade, il me reçut dans un fauteuil, près de son lit ; la visite fut rapide et courtoise, sans plus.

Aussi, quel ne fut pas mon étonnement lorsque le jour suivant, le commissaire du gouvernement de Ghinda me demanda, un peu gêné, si je consentirais à faire une seconde visite à S. E. qui en avait exprimé le désir. J’y souscrivis.

Il me dit alors qu’il avait connu Lyautey à Paris, qu’il écoutait la BBC et trouvait qu’elle parlait juste. Enfin, sur le point de mourir, il n’avait plus de raison de cacher qu’il nous comprenait ; aveu qui, en avril 1941, avait, dans la bouche de cet homme distingué, une force qui me toucha.

Entre temps, j’avais organisé notre installation à Ghinda, et envoyé par camions réquisitionnés les prisonniers sur le PC, en commençant par les officiers. Ma mission terminée, je rejoignis le colonel Monclar, qui m’expédia sur Massaouah. Je pris alors le commandement des éléments installés sur les crêtes, face à la place.

-3-

Peu de temps après mon arrivée, le général Heath, d’ailleurs copieusement arrosé par l’artillerie ennemie, vint reconnaître le terrain, espérant que les Italiens allaient demander à se rendre. Il crut même voir un drapeau blanc sur la ville et, de son côté, agita un fanion blanc, pour répondre à la demande italienne. Il n’en était rien, mais il envoya tout de même des plénipotentiaires qui furent reçus par le commandant de la place de Massaouah.

Inspection du général de Gaulle après la prise de Keren (RFL).
Inspection du général de Gaulle après la prise de Keren (RFL).

Il s’ensuivit une trêve d’environ vingt-quatre heures, au bout de laquelle revint un officier de marine italien que je reçus comme commandant des avant-postes. Les Anglais ayant profité de la trêve pour amener un grand nombre de chars, je crus bon, suivant l’ancien usage, de lui faire bander les yeux, avant de l’amener moi-même au PC de la division anglaise.

Il y rendit compte que Mussolini consulté avait déclaré que la place devait se battre jusqu’au dernier homme. Il remonta dans sa voiture avec moi, les yeux à nouveau bandés et me déclara (il avait été traité un peu durement par les Anglais) qu’il m’était reconnaissant de ma courtoisie et espérait que nous nous retrouverions un jour, dans de meilleures circonstances. Cette scène où l’on voit l’italien appuyé contre mon épaule a fait l’objet d’une Actualité qui est passée au Caire, en Syrie et sans doute ailleurs. La cocarde tricolore du casque français frappait beaucoup le public des cinémas, qui le laissait voir.

Si cette trêve permit au parlementaire aveugle d’entendre tout de même le roulement des chars qui venaient se masser près de la ligne de départ, elle eut, par contre, l’avantage considérable de nous donner l’occasion de reconnaître, pendant ces vingt-quatre heures, l’emplacement exact des fortifications de campagne de l’ennemi. Les Italiens, croyant la guerre finie, montaient sur les parapets des tranchées et nous permettaient de repérer très exactement leurs positions.

Ce fut le travail du capitaine Amilakvari, qui avait eu le premier l’idée d’exploiter cette circonstance, et du major anglais commandant le groupe d’appui d’artillerie. Ainsi s’explique, pour une part, le rôle brillant que devait jouer à Massaouah le bataillon de Légion.

Intermède pittoresque entre les actions plus sérieuses de Keren et de Massaouah, l’affaire de Ghinda hâtait la bataille, tandis que la trêve, voulue par les Anglais et acceptée par les Italiens, était pour ces derniers, comme il arrive souvent dans les négociations de paix, un marché de dupes.

 Lieutenant-colonel François Reyniers

Érythrée : province d’Éthiopie, 118 000 km ; 2 125 000 habitants, chef-lieu Asmara (colonie italienne en 1890). Fin 1940, les Britanniques décident, en vue de libérer la route de Suez, de démanteler l’Afrique orientale italienne.

Depuis le Soudan, deux divisions, commandées par Platt et renforcées par la Brigade d’Orient des Forces Françaises Libres, envahissent l’Érythrée ; après la bataille de Keren (28 mars 1941), elles enlèvent Asmara et Massaouah, puis se portent à la rencontre des forces de Cunningham, engagées en Somalie et en Abyssinie. (Grand Larousse encyclopédique).

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 306,2e trimestre 1999