Premiers combats en Afrique orientale et au Moyen Orient (décembre 1940-mai 1942)

Premiers combats en Afrique orientale et au Moyen Orient (décembre 1940-mai 1942)

Premiers combats en Afrique orientale et au Moyen Orient (décembre 1940-mai 1942)

Le BIM en Libye, la BFO en Erythrée (décembre 1940-avril 1941)

Le 1er BIM est la première unité FFL à combattre l’ennemi : il prend part à l’attaque britannique contre les troupes italiennes de Sidi Barrani (Libye), au début de décembre 1940 ; il participe également à la prise des positions de Sollum, Fort-Capuzzo et Bardia. Ces premières campagnes sont plus symboliques que réellement significatives, mais elles suffisent à renforcer une conviction et une espérance : «Il se trouve, déclare de Gaulle le 8 décembre, que les événements présentent en ce moment une occasion magnifique de faire rentrer la force française non seulement dans la guerre mais encore de plain-pied dans la victoire.»

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Le 21 octobre, de Gaulle a nommé le général de Larminat commandant supérieur des FFL en AEF et au Cameroun et décidé la formation d’une «Brigade française d’Orient» (BFO), sous les ordres du colonel Magrin Vernerey (Monclar). Toutes les forces disponibles seront employées en Erythrée (province nord-est de l’Ethiopie sous domination italienne). Le gros de la BFO s’embarque à Douala (Cameroun) pour le Soudan, où elle retrouvera au début de février le BM 3, venu directement du Tchad. À la mi-janvier, de Gaulle envoie le général Paul Legentilhomme, ex-commandant des troupes françaises de Djibouti, à Khartoum pour prendre le commandement de l’ensemble des FFL en Afrique orientale : elles se composent alors de la 13e demi-brigade de Légion, du BIM, de l’escadron Jourdier, du BM2 et du BM3.

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Le 22 février, le BM3 du commandant Pierre Garbay s’empare du fort italien de Kub-Kub. Dans les premiers jours de mars, la BFO est rassemblée au camp de Chelamet. Le 27 mars, après les combats de l’Engiahat, la BFO entre à Keren ; le 30 mars, de Gaulle la passe en revue à Chelamet. Les 7 et 8 avril, les troupes de Monclar prennent successivement Montecullo, Fort-Umberto et surtout Massaouah, capitale et principale base éthiopienne sur l’océan Indien ; l’amiral italien est obligé de se rendre au chef de la BFO. «Au total, de détachement français avait fait, au combat, plus de 4000 prisonniers et reçu, à Massaoua, la reddition de 10.000 autres.» (Mémoires de guerre)

La 1re DLFL et la campagne de Syrie (mai-août 1941)

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Dès le 11 avril, de Gaulle annonce à Legentilhomme qu’il a décidé de créer une «division française libre» avec toutes les unités présentes au Moyen-Orient, chargée de combattre en Cyrénaïque aux côtés des troupes britanniques. Il est également préoccupé par la situation au Levant (Syrie et Liban), où les Allemands, qui viennent de prendre Athènes, se préparent à prendre pied, avec la complicité des autorités françaises fidèles à Vichy (général Dentz, haut commissaire ; général de Verdilhac, commandant les troupes du Levant). À la fin d’avril, il prépare avec le général Catroux, haut commissaire de la France Libre au Moyen-Orient, l’opération Georges, destinée à rallier les deux territoires et à convaincre l’armée du Levant (35.000 hommes) de rallier la France Libre.

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Le 17 mai, les troupes FFL se rassemblent au camp de Qastina (Palestine) ; de Gaulle les passe en revue le 26 et ordonne la mise sur pied de la 1re «division légère française libre» (1re DLFL). L’intervention franco-anglaise au Levant est déclenchée le 8 juin, quelques jours après la signature des «protocoles de Paris», par lesquels l’amiral Darlan, alors chef du gouvernement de Vichy, concède aux Allemands l’utilisation des bases navales et aériennes françaises du Levant. La 1re DLFL entre à Damas le 21 juin. Les affrontements franco-français sont durs et meurtriers ; leur bilan est mitigé. Certes les deux territoires échappent à Vichy, mais 6.000 hommes seulement rejoignent les FFL ; en outre, le caractère fratricide de la campagne laissera des traces.

La 1re BFL dans le désert libyen

La 1re DLFL est dissoute le 20 août. De Gaulle charge Larminat, adjoint de Catroux, de mettre sur pied deux nouvelles unités («divisions légères» ou «brigades») : l’une destinée à maintenir l’ordre au Levant, l’autre à participer à l’effort de guerre en Libye – l’ensemble de ces unités étant baptisée «Force L» (comme Larminat).

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La 1re brigade française libre (1re BFL), commandée par Larminat, avec Kœnig comme adjoint, fait mouvement vers l’Egypte à la fin décembre 1941 ; le 17 janvier, elle obtient la reddition de la garnison allemande d’Halfaya (frontière égypto-libyenne). Un mois plus tard, elle prend position à Bir Hakeim, à 80 km au sud de Tobrouk. Durant un peu plus de trois mois, 1_1_2_2_e_image_4belle va mener contre les forces ennemies une guerre de course dans le désert libyen, faite de missions de reconnaissance, de patrouilles et de coups de main, qui va lui permettre de s’aguerrir. Au début d’avril, Kœnig en devient officiellement le chef – Larminat étant nommé commandant en chef des Forces françaises dans le Western Desert. Du 27 mai au 11 juin 1942, les hommes de la 1re BFL vont tenir tête victorieusement à l’Afrikakorps de Rommel.

< Premiers ralliements: hommes, unités, territoires (été 1940)

> Suite: La 1re DFL dans la campagne de Tunisie (février-mai 1943)