Jacques Hazard

Jacques Hazard

Jacques Hazard (DR).

Jacques Victor Adolphe HAZARD
né le 11 octobre 1920 à Château-Thierry (02)

Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres
Matricule FAFL 30.251
« Disparaît en océan Atlantique nord » le 20 juin 1942 au large de la Bretagne

Pilote au « 10 Squadron » de la RAAF
Compagnon de la Libération
« Mort pour la France » à l’âge de 21 ans

1- LE CONTEXTE AVANT SA DISPARITION

Jacques HAZARD, passionné d’aviation, obtient son brevet de pilote de tourisme à l’âge de 17 ans.

Lorsque la France entre en guerre en septembre 1939, Jacques décide de s’engager dans l’Armée de l’Air. Après avoir obtenu son breveté pilote militaire, il se trouve affecté en Algérie sur la base aérienne de Tafraoui au moment de l’annonce en France de la signature de l’armistice le 22 juin 1940.

Refusant la défaite de l’armée Française, Jacques et trois compagnons, Yves MAHÉ, Georges FIFRE et Maurice SEGUINEAU décident de rejoindre la Grande-Bretagne pour continuer le combat. Ils réussissent à subtiliser un avion « Caudron Simoun » présent sur le terrain et atteignent Gibraltar, territoire britannique le 2 juillet 1940.

À son arrivée en Angleterre, Jacques HAZARD fait le choix de répondre à l’Appel du général de GAULLE et s’engage dans les FAFL (Forces Aériennes Françaises Libres).

En février 1941, il est détaché dans l’aéronautique navale de la RNA (Royal Air Navy). En juillet, il est muté au « 10 Squadron » de la RAAF (Royal Australian Air Force) du Coastal-Command (défense maritime).

Le « 10 Squadron » est installé sur la base aéronautique navale de Mount-Batten en face du port de Plymouth. Ses principales missions sont le sauvetage d’équipages tombés en mer, l’escorte de convois maritimes, ainsi que l’attaque de sous-marins et de navire ennemis.

« Short-Sunderland RB-A » du « 10 Squadron » (DR).

Jacques HAZARD, breveté pilote d’hydravions sur « Short-Sunderland », est capable d’assurer des patrouilles maritimes de plus de dix heures sans escorte aérienne. Cet avion est équipé de quatorze mitrailleuses pour se défendre en cas d’attaque et peuvent transporter près d’une tonne de bombe.

Seul français du Squadron, Jacques se fait rapidement remarquer par ses compétences, ce qui lui vaut la reconnaissance de son commandant qui lui confie le poste de « 1er pilote ».

Le « 10 Squadron » participe à ce que l’on appelle désormais la Bataille de l’Atlantique, en opérant dans l’espace maritime du Golfe de Gascogne et de l’océan Atlantique nord pour chasser les sous-marins « U-Boat ». Depuis plusieurs mois les sous-marins allemands infligent de lourdes pertes aux convois de navires marchands dans ces zones.

Le 20 juin 1942, le sous-lieutenant Jacques HAZARD est désigné pour une mission de sauvetage d’un équipage tombé en mer.

Il ne le sait pas… ce sera sa dernière mission.

2- SA DERNIERE MISSION

Samedi 20 juin 1942, « ALERTE » au « 10 Squadron » pour une opération de sauvetage en mer au large de la Bretagne.

La mission consiste à localiser et secourir le canot de sauvetage de l’équipage du « Vickers-Wellington Mk VIII » tombé en mer ce matin à 6h47, appartenant au « 172 Squadron » du Coastal Command.

Pour cette opération de sauvetage d’autres avions sont engagés appartenant aux 172, 51, 502, et 58 Squadron ainsi qu’une vedette rapide de « l’Air Sea Rescue Service ».

Le sous-lieutenant Jacques HAZARD est désigné pour effectuer cette mission en qualité de 1er pilote. Il fait partie de l’équipage de l’hydravion « Short-Sunderland Mk III (W3999) RB-Y ». A son bord : 3 pilotes, 1 navigateur, 2 radio/mitrailleurs, 2 mécanicien/mitrailleurs, 1 mécanicien, 1 armurier. A part Jacques, ce sont tous des australiens.

Il est 11h00 lorsque l’hydravion « Sunderland ‘’Y’’ » décolle de la base aéronautique navale de Mount-Batten dans la baie de Plymouth. Il est accompagné du « Whitley (Z9442) ‘’G’’ » appartenant au « 58 Squadron ».

Arrivé sur zone après environ une heure et demie de vol, les recherches commencent dans le secteur situé au large de la Bretagne à 230km au sud-sud-ouest des îles Scilly, là où a été repéré à 11h25 un canot de sauvetage avec six hommes à bord par le « Whitley V Z9225 » du « 51 Squadron ».

Il est 17h44 lorsque le « Whitley ‘’G’’ » signale la présence du canot pneumatique et donne sa position à la vedette de « l’Air Sea Rescue Service ».

À 18h45 le canot pneumatique est perdu de vue. À 18h54 on repère à nouveau sa position.

Hydravion « Short-Sunderland » (DR).

À 19h20 le « Sunderland ‘’Y’’ » survole le canot pneumatique en permanence afin d’indiquer sa position à la vedette rapide.

À 20h14 le « Sunderland ‘’Y’’ » et le « Whitley ‘’G’’ » quittent la position laissant le canot aux mains de la vedette arrivée sur zone.

Quelque minutes plus tard le « Sunderland ‘’Y’’ » signale avoir repéré sur son radar un avion ennemi en approche. Il est 20h30 lorsque soudain il est la cible de l’attaque d’un hydravion allemand « Heinkel He115 » (ou un « Arado Ar-196A »). Le combat est engagé, des tirs ont lieu de part et d’autre. L’avion ennemi, plus léger et plus maniable, fait feu de ses mitrailleuses.

Le Sergent McHUGH, mitrailleur arrière du « Whitley ‘’G’’ », est blessé à la tête.

Le « Sunderland ‘’Y’’ » est touché à plusieurs reprises. De la fumée s’échappe de son moteur intérieur droit. L’appareil perd de plus en plus d’altitude et le pilote est contraint d’effectuer un amerrissage. La manœuvre est une réussite, l’hydravion posé sur l’eau s’immobilise. Malheureusement quelques secondes plus tard il explose et disparaît totalement.

L’équipage de l’avion « Whitley ‘’G’’ » qui l’accompagne, témoin de la scène, ne peut rien faire pour le secourir. Lui-même pris à partie par l’hydravion allemand, ne pouvant rester davantage dans la zone, s’empresse de se cacher dans les nuages. Suivant les consignes données il retourne en Angleterre à la Station RAF de St-Eval, où il se pose à 22h15.

Les onze membres de l’équipage du « Sunderland RB-Y » seront officiellement déclarés « portés disparus ».

Jacques HAZARD 1er pilote, Cosmo CHATAWAY 2nd pilote était âgé de 21 ans, Maurice L. JUDELL pilote chef de bord était âgé de 24 ans, Bruce N. GILBERT navigateur était âgé de 28 ans, Phillip M. BENISON 1er mécanicien était âgé de 30 ans, Thomas DORNEY mécanicien était âgé de 27 ans, Edward J. TAYLOR 1er opérateur radio/mitrailleur était âgé de 28 ans, John V. Mc LEAN 2nd opérateur radio/mitrailleur était âgé de 22 ans, Robert George WILLIS mécanicien était âgé de 23 ans, William L. WINTERFLOOD mitrailleur était âgé de 21 ans, Francis W. TIPPING armurier était âgé de 36 ans.

Aucun des corps ne sera jamais retrouvé.

Le sous-lieutenant Jacques HAZARD disparaît le 20 juin 1942, présumé décédé en date du 21 juin.

Il était âgé de 21 ans. Il totalisait 1060h de vol et 59 missions de guerre.

Estimation du lieu de la disparition du « Sunderland RB-Y » au large de la Bretagne.

Concernant les survivants de l’équipage du « Vickers-Wellington » du « 172 Squadron », tous ont pu être secourus.

Pour en savoir davantage sur le parcours de Jacques Hazard, vous pouvez télécharger sa biographie complète au format PDF.