Jacques Leclercq

Jacques Leclercq

Jacques Leclercq (DR).

Jacques Philippe LECLERCQ
né le 21 juin 1924 à Paris

Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres
Matricule FAFL 30.917
« Disparaît » le 2 janvier 1945 au sud-est de Metz (57)

Pilote au « 347 Squadron Tunisie »
« Mort pour la France » à l’âge de 20 ans

1- LE CONTEXTE AVANT SA DISPARITION

Jacques LECLERCQ, âgé de 17 ans, est arrivé en Angleterre en décembre 1941 pour répondre à l’Appel du général de GAULLE. Il demande à servir dans l’aviation et signe son engagement dans les FAFL (Forces Aériennes Françaises Libres).

Candidat élève-pilote, il débute la formation de la RAF (Royal Air Force) avec succès et la termine au Canada pour obtenir son brevet.

De retour en Angleterre en 1943, afin de devenir pilote de bombardier Jacques va devoir doit faire neuf mois d’entraînement supplémentaires. En juin 1944, il est affecté au groupe de bombardement Tunisie nouvellement créé sur la base RAF de Elvington, située près de la ville de York, au nord-est de l’Angleterre.

Avec le Groupe Guyenne, ce sont les deux seules unités françaises de bombardement à être équipées de bombardier quadrimoteur « Halifax ».

Equipage du capitaine VAUCHE du groupe Tunisie (DR).

Le groupe de bombardement Tunisie est codé par la RAF du Bomber-Command : « 347 Squadron », et « GB I/25 » pour l’état-major Air de la France combattante. Il devient opérationnel à partir du mois de juillet et participe à de nombreuses missions de bombardement au-dessus de l’Allemagne.

En décembre 1944, voilà maintenant six mois que le sergent Jacques LECLERCQ est affecté au groupe Tunisie en qualité de pilote.

Il fait partie de l’équipage du lieutenant COTTARD navigateur. Avec lui l’adjudant Antoine ADAOUST bombardier, le sergent Henri AUBIET mitrailleur-arrière, le sergent-chef Antoine MOREL radio, le sergent Guy DUFAURE mécanicien et son ami le sergent Francis USAI mitrailleur-supérieur.

En cette fin d’année 1944 l’équipage du lieutenant COTTARD totalise à son actif 21 missions de bombardement et 6 missions de transport de carburant.

Le 2 janvier 1945, Jacques doit participer à une nouvelle mission.

Il ne le sait pas… ce sera la dernière.

2- SA DERNIERE MISSION

Mardi 2 janvier 1945, le sergent Jacques LECLERCQ est désigné pour effectuer une nouvelle mission de bombardement de nuit au-dessus de l’Allemagne ayant pour objectif les usines chimiques IG FARDEN installées à Ludwigshafen-Oppau dans la vallée du Rhin à 80km au sud de Francfort.

Jacques et ses équipiers vont effectuer leur 22e mission de bombardement. Ce raid organisé par le Bomber-Command va comporter 389 bombardiers, dont neuf Halifax du groupe Guyenne et douze Halifax du groupe Tunisie.

L’objectif est distant de 1000 km, la durée du vol est estimée à sept heures.

Il est 14h36 lorsque le premier avion du groupe Tunisie décolle de la base d’Elvington.

Il est 15h09 lorsque Jacques, en cinquième position, décolle aux commandes de son bombardier « Halifax- MZ984 / L8-G ». Le douzième et dernier Halifax du groupe Tunisie décolle à 15h16.

Au cours de la première heure de vol deux avions rencontrent des problèmes mécaniques sur un de leurs moteurs et font demi-tour. Il s’agit de l’équipage du lieutenant GONTHIER du groupe Guyenne et de l’équipage du capitaine LAFAYE du groupe Tunisie.

Halifax des groupes lourds français (DR).

La météo devient maussade, le temps couvert.

Il est 18h38 lorsque le premier bombardier atteint l’objectif. Ceux qui le suivent sont espacés d’environ 1 minute chacun. Les avions sont repérés par les projecteurs de défense anti-aérienne et pris à partie par l’artillerie de la « Flack », deux appareils seulement seront touchés sans pour autant être empêchés de rentrer à leur base. Le bombardement est un succès. Les bombardiers prennent le chemin du retour.

Il est 21h12 à la Station RAF d’Elvington lorsque le premier Halifax du groupe TUNISIE se pose. Le dernier atterrit à 22h02.

Un seul HALIFAX est porté manquant et n’a pas participé au bombardement, c’est celui du lieutenant COTTARD piloté par le sergent Jacques LECLERCQ.

Alors que l’avion volait à une altitude estimée à 3000 m à l’approche de la frontière belge, celui-ci a été pris à partie par erreur par les tirs de la DCA des troupes américaines installées dans le secteur. Une aile et un moteur ont pris feu. Les dégâts ont été suffisamment graves pour que l’ordre d’évacuation soit donné. Dans ce cas de figure la procédure pour le pilote est de maintenir, dans la mesure du possible, l’avion dans une position de vol stable pour permettre aux autres membres de l’équipage de sauter en parachute. C’est ce que Jacques LECLERCQ a réussi à faire pendant que ses équipiers ont évacué l’avion.

Le bombardier, perdant de plus en plus d’attitude, finit par s’écraser au sud-est de la ville de Metz, avec 5 tonnes de bombes à bord, sur un terrain de labour de la commune de Sorbey au lieu-dit « La petite fin ». Le crash a déclenché l’incendie complet de l’appareil et l’explosion d’une partie des bombes.

Le surlendemain, les villageois ont entendu l’explosion de deux bombes, probablement due à l’intervention de démineurs américains envoyés sur place. Personne n’a aperçu le parachute du pilote. Tout laisse à penser qu’il est resté prisonnier de son avion jusqu’au dernier instant. Aucune trace du corps du pilote, carbonisé ou déchiqueté, n’a pu être retrouvée. Cependant des villageois attesteront avoir entendus la nuit suivante du crash des cris venant d’un bois alentour… ceux du pilote ?

Les autres membres de l’équipage ont pu évacuer l’avion et sauter en parachute. Ils ont été récupérés et six jours plus tard, le 9 janvier, ils étaient de retour en Angleterre. Sauf le sergent mitrailleur Francis USAI sérieusement blessé d’une fracture de la jambe à l’issu du saut qui devra séjourner quelques temps au « 57th US Evacuation Hospital » avant de retourner deux mois plus tard en Angleterre et être soigné dans les Hôpitaux de la RAF pendant encore plusieurs mois.

Le « Halifax – MZ984 / L8-G » sera le seul appareil perdu ce jour-là parmi les 389 bombardiers participant à ce raid.

Le sergent Jacques LECLERCQ sera officiellement « porté disparu ».

Il totalisait 28 missions de guerre. Âgé de 20 ans, il était le plus jeune membre de l’équipage.

Son corps ne sera jamais retrouvé.

Position du crash à 15 km au sud-est de Metz au lieu-dit « La petite fin » sur la commune du village de Sorbey (57).

Pour en savoir davantage sur le parcours de Jacques Leclercq, vous pouvez télécharger sa biographie complète au format PDF.