La Résistance intérieure et sa répression par les Allemands avant le débarquement

La Résistance intérieure et sa répression par les Allemands avant le débarquement

La Résistance intérieure et sa répression par les Allemands avant le débarquement

Dans la perspective du débarquement attendu des forces alliées, les Allemands renforcent leur lutte contre les foyers de résistance. Dans ce cadre, des représailles sanglantes sont menées par les troupes d’occupation contre les populations civiles. Le but est de créer un climat de terreur qui limite les actions de la Résistance préserve les unités allemandes des menaces de l’arrière.

Free France

Paru en anglais à partir du 1er avril 1942, Free France est « un bulletin bimensuel publié par le service de presse et d’information français libre » (« a fortnightly bulletin published by the Free French press and information service »), à New York.

Durant les mois qui précèdent le D-Day, Free France rend compte des actions de la Résistance contre l’occupant et les éléments collaborationnistes, mais aussi de la répression organisée par ces derniers à leur encontre. Une grande partie de ces articles et communiqués sont consacrés au maquis des Glières, dont les combats font l’objet d’une lutte radiophonique entre Philippe Henriot à Radio-Paris et Maurice Schumann à la BBC.

Le 15 janvier 1944 (volume 5, n° 4), le bulletin décrit les efforts de Joseph Darnand, sous-secrétaire d’État au Maintien de l’ordre dans le gouvernement de Pierre Laval, pour réduire le maquis des Glières en Haute-Savoie. Des détachements de gardes mobiles, de miliciens et de soldats allemands viennent renforcer la police. Des exécutions de résistants et d’otages sont signalées.

Coll. Fondation de la France Libre

Le numéro du 15 mars (volume 5, numéro 6) décrit l’échec des autorités de Vichy en Haute-Savoie et la prise en main de la lutte contre les maquisards par les forces allemandes.

Coll. Fondation de la France Libre

Quinze jours plus tard (volume 5, numéro 7), Free France étend son point de vue au-delà de la seule Haute-Savoie ; les différents articles et communiqués évoquent les mesures répressives adoptées par Vichy et l’occupant sur divers points du territoire français.

Coll. Fondation de la France Libre

Dans le numéro du 1er mai (volume 5, numéro 9), la première partie, consacrée au « fighting front in France », revient sur la bataille des Glières. Dans un second temps, le bulletin recense les différentes activités menées par la Résistance contre l’occupant : sabotages, embuscades…

Coll. Fondation de la France Libre

Le numéro du 15 mai (volume 5, numéro 10) traite plus particulièrement de la lutte des forces d’occupation et de Vichy contre la Résistance. Un communiqué des services d’information français en date du 15 avril évoque notamment le massacre d’Ascq (orthographié « Asse »), survenu dans la nuit du 1er au 2 avril 1944.

Coll. Fondation de la France Libre

Dans le numéro du 15 juin (volume 5, numéro 12), le bulletin décrit la lutte qui oppose les forces allemandes aux résistants dans les semaines qui précèdent le débarquement du 6 juin 1944. « 300 Persons Are Massacred in Dordogn » évoque une série d’exécutions et de destructions commises par les Allemands dans le Sud-Ouest. « Jacques Médéric, French Patriot, Dies on the Field of Honor » décrit le suicide, le 21 mars 1944, de Gilbert Védy, alias « Médéric« , délégué de la Résistance à l’Assemblée consultative d’Alger. Arrêté trois jours après son retour en France, il s’empoisonne pour ne pas parler, alors qu’il est interrogé par un commissaire des Brigades spéciales.

Coll. Fondation de la France Libre

Le Courrier australien

Journal australien en langue française et anglaise publié à Sydney depuis 1892, Le Courrier australien devient, à partir de 1940, l’organe des Français Libres installés dans le pays. Cet article, paru le 21 avril 1944, fait l’objet d’une transcription par le quartier général de la 1re division française libre. Le document ci-dessous est issu du fonds André Fauvart (1919-2009), sous-officier au QG de la division.

Le 1er avril 1944, vers 22h45, alors qu’un train en provenance de Baisieux et à destination d’Haubourdin arrive aux abords de la gare d’Ascq, ville du Nord à l’est de Lille, des résistants du réseau Voix du Nord font sauter la voie ferrée, faisant dérailler trois wagons chargés de véhicules. Le train transporte 400 hommes et 60 blindés et véhicules de l’AufklärungsAbteilung, un bataillon blindé de reconnaissance de la 12. SS-Panzer-Division SS hitlerjugend, en provenance de Turnhout (Belgique) et destinée à renforcer la défense côtière en Normandie. En raison de la faible vitesse du train, les dégâts sont minimes.

Furieux, l’Obersturmführer Walter Hauck, commandant de la 2e compagnie de chars de reconnaissance, donne l’ordre de rafler tous les hommes de 17 à 50 ans et de les rassembler sur les lieux du sabotage. De 23h10 à 0h40, 86 hommes sont exécutés, avant qu’un détachement de la Feldgendarmerie de Lille, informée des tirs, ne parvienne à faire cesser le massacre, le 2 avril. Les survivants sont libérés.

Coll. Fondation de la France Libre

Bibliographie
Roe Teiva, « Les Français d’Australie et la France libre (1940-1944) », Outre-mers, tome 95, n°360-361, 2e semestre 2008, pp. 209-222
Témoignage sur le massacre d’Ascq diffusé par l’ORTF le 29 mars 1969

< La forteresse nazie à la veille des grandes offensives de l’été 1944

< Page d’accueil du dossier