Louis Guégan

Louis Guégan

Louis Guégan (DR).

Louis Francis GUÉGAN
Né le 24 août 1920 à Pluzunet (22)

Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres
Matricule FAFL 31.674
« Disparaît en Bretagne » le 18 juillet 1944 dans le secteur de Saint-Marcel (56)

Chasseur parachutiste au « 4e SAS » (Special Air Service)
« Mort pour la France » à l’âge de 23 ans

LE CONTEXTE AVANT SA DISPARITION

Louis GUÉGAN vit dans la ferme familiale de Kerwern, près du village de Pluzunet, dans le Finistère, lorsque la France entre en guerre en septembre 1939. Mobilisé, il est affecté dans la Marine.

Lors de l’invasion du nord la France par les troupes allemandes en mai 1940, le navire sur lequel se trouve Louis fait naufrage. Heureusement rescapé, il lui est accordé une permission pour rejoindre sa famille en Bretagne.

Après le discours radiophonique du maréchal PÉTAIN le 17 juin 1940 annonçant aux Français avoir demandé à l’ennemi l’arrêt des hostilités, Louis, refusant la défaite de l’armée française, décide de quitter la France avec son jeune frère Marcel pour rejoindre la Grande-Bretagne, seul pays encore en lutte contre l’envahisseur.

Engagement des premiers volontaires (DR)

Le 20 juin 1940, ils embarquent à Perros-Guirec, avec quelques camarades, sur le chalutier Confiance en Dieu à destination de l’Angleterre, qu’ils atteignent le lendemain soir. Louis fait le choix de répondre à l’Appel du général de GAULLE en s’engageant à Londres dans les FFL (Forces Françaises Libres).

Volontaire pour devenir parachutiste, il va suivre la rigoureuse formation imposée par le capitaine BERGÉ et obtient son brevet de parachutiste en avril 1941. Affecté à la 1ère CIA (compagnie d’infanterie de l’air) des FAFL (Forces Aériennes Françaises Libres), son unité est envoyée en Égypte en janvier 1942, combattre auprès des Britanniques les forces italo-germaniques en Libye.

Désormais intégrés dans l’unité britannique des SAS (Special Air Service) du major STIRLING, ces hommes vont suivre un entraînement des plus sévères les préparant à pratiquer tous types de sabotages en intervenant en profondeur à l’intérieur des territoires occupés par l’ennemi en plein désert.

Véhicules du LRDG (DR).

En juin 1942, Louis participe à une importante mission ayant pour objectif la destruction d’avions ennemis sur divers aérodromes occupés par les Allemands et les Italiens dans la région de Benghazi, en Libye. Pour cela, ils vont obtenir le concours des membres du LRDG (Long Range Desert Group), que l’on surnomme « les rats du désert ». L’opération est globalement une réussite. Une dizaine de ses camarades seront malheureusement faits prisonniers. Blessé, Louis est évacué vers l’hôpital d’Héliopolis.

La 1ère CIA de retour en Angleterre en avril 1943, les hommes suivent plusieurs stages commandos au sein des écoles d’entraînement des SAS. Le 1er juillet, Louis est affecté à la 2nde compagnie du 1er bataillon d’infanterie de l’air (BIA). En janvier 1944, le 1er BIA est intégré dans le dispositif de l’armée britannique. Les hommes sont envoyés au camp d’Auchinleck, installé au milieu des montagnes écossaises, pour suivre une formation de commando très poussée. En février, Louis est affecté au « 2e Squadron » du « 4e SAS Bataillon » (4e SAS). Deux mois plus tard, le « 4e SAS » est déclaré « opérationnel ».

En mai 1944, un débarquement en France des troupes alliées se précise, le « 4e SAS » sera de la partie. Un parachutage en Bretagne est imminent et, le 27 mai, il est envoyé au secret au camp de la base RAF de Fairford, situé au centre de l’Angleterre, à partir duquel il embarquera prochainement. Sa mission aura pour objectif de retarder le plus possible les déplacements des troupes allemandes qui voudront rejoindre la zone du débarquement, qui aura lieu en Normandie. Il devra procéder à l’installation de deux bases baptisées « SAMWEST » et « DINGSON », où il regroupera le matériel parachuté les jours suivants. Son action sera d’effectuer tous types de sabotages et de harcèlement pouvant nuire à l’ennemi, mais aussi de prendre contact avec les maquisards bretons pour les équiper en armement et les former à son usage. Le 5 juin, le détachement précurseur embarque pour être parachuté dans la nuit.

Embarquement à bord de « Short-Stirling Mk IV » (DR).

Louis devra attendre le 10 pour être parachuté avec une quarantaine de parachutistes de la « 2nde compagnie » sous les ordres du lieutenant LEBLOND au lieu-dit Kerprigent, près de Locarn, situé à 10 km au nord-est de Carhaix-Plouguer, dans les Côtes-d’Armor.

Aussitôt, les hommes rejoignent la base « SAMWEST », installée dans la forêt de Duault, près de Saint-Servais. Ils vont participer à l’entraînement des maquisards le jour et, la nuit, ils effectuent de nombreuses opérations de sabotages pour endommager des voies ferrées, des réseaux électriques et de communications afin de ralentir les déplacements des troupes allemandes vers le front de Normandie.

Au matin du 12 juin, les choses se compliquent à la base « SAMWEST ». Découverte au hasard d’une patrouille allemande, elle est attaquée. Quatre parachutistes trouvent la mort. Avant qu’elle ne soit entièrement encerclée, l’ordre de dispersion est donné par le lieutenant LEBLOND, chacun devant rejoindre la base « DINGSON », qui se trouve à une centaine de kilomètres au sud-est.

Le 23 juin, Louis GUÉGAN, après avoir pu rejoindre « DINGSON », se trouve désormais dans le secteur de Plumelec, entre Vannes et Ploërmel.

Il ne le sait pas… aujourd’hui sera son dernier jour de liberté.

SA DISPARITION

Paras Français dans le secteur de Saint-Marcel.
Debout à gauche : Jean SERRA et Alphonse GARCIA. Accroupi à gauche Jean BÉGUIN (DR).

Vendredi 23 juin 1944, les Allemands organisent dans la matinée une battue de grande envergure pour dénicher les parachutistes qui sont restés dans le secteur de la vallée de la Claie. Les recherches s’étendent de Plumelec jusqu’à Saint-Marcel.

Les Allemands commencent à encercler le secteur où Louis GUÉGAN et son groupe sont installés, à quelques centaines de mètres de la ferme de Talcoëtmeur-d’en-Bas. Abrités dans un fourré et bien camouflés, ils sont finalement découverts par l’ennemi. Louis donne l’ordre à ses hommes de décrocher, tandis qu’il reste avec André GAS pour couvrir leur repli.

Louis se retrouve grièvement blessé au bras et fait prisonnier. Il est ensuite regroupé avec trois autres parachutistes capturés : Jean GARNAVAULT, Pierre THOMAS et René DEJAN. Ces deux derniers sont également grièvement blessés, le premier au bras puis au visage, le second au pied et au cou. Ils sont emmenés à Callac puis Sérent et Malestroit, avant d’être conduits à Saint-Marcel pour interrogatoire.

Enfermés dans l’épicerie du bourg, qui tient lieu de PC (poste de commandement), ils subissent des tortures et reçoivent des coups pendant plusieurs jours, les Allemands tentant d’obtenir des informations, mais sans résultat. Jean GARNAVAULT sera finalement transféré à la prison de Redon, tandis que Louis GUÉGAN, Pierre THOMAS ,âgé de 23 ans, et René DEJAN, âgé de 21 ans, grièvement blessés, laissés sans soins, vont disparaitre sans que l’on sache ce qu’ils sont devenus.

Le caporal-chef Louis GUÉGAN sera officiellement déclaré « porté disparu » et « présumé décédé » en date du 18 juillet 1944.

Il était âgé de 23 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Estimation du lieu de sa disparition dans la région de Saint-Marcel en Morbihan (56).

Pour en savoir davantage sur le parcours de Louis Guégan, vous pouvez télécharger sa biographie complète au format PDF (prochainement disponible).

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