René Dejan

René Dejan

René Dejan (DR).

René François Marie DEJAN
Né le 18 novembre 1922 à Ploërmel (56)

Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres
Matricule FAFL 31.676
« Disparaît en Bretagne » vers le 18 juillet 1944 dans le secteur de Saint-Marcel (56)

Chasseur parachutiste au « 4e SAS » (Special Air Service)
« Mort pour la France » à l’âge de 21 ans

LE CONTEXTE AVANT SA DISPARITION

René DEJAN, après la signature de l’Armistice le 22 juin 1940, refusant la présence de l’envahisseur, décide de quitter la France pour rejoindre la Grande-Bretagne, seul pays encore en lutte contre l’Allemagne. À la fin du mois du mois, il embarque sur un bateau à Saint-Malo et traverse la Manche.

Engagement des premiers volontaires (DR)

À son arrivée en Angleterre, il fait le choix de répondre à l’Appel du général de GAULLE et rejoint Delville Camp, où il signe son contrat d’engagement dans les FFL (Forces Françaises Libres) le 23 septembre.

Volontaire pour devenir parachutiste il va suivre la rigoureuse formation imposée par le capitaine BERGÉ et obtient son brevet de parachutiste en avril 1941. Affecté à la 1ère CIA (Compagnie d’Infanterie de l’Air) des FAFL (Forces Aériennes Françaises Libres), son unité est envoyée en Egypte en janvier 1942, combattre auprès des Britanniques les forces italo-germaniques en Libye.

Désormais intégrés dans l’unité britannique des SAS (Special Air Service) du major STIRLING, ces hommes vont suivre un entraînement des plus sévères les préparant à pratiquer tous types de sabotages en intervenant en profondeur à l’intérieur des territoires occupés par l’ennemi en plein désert.

Véhicules du LRDG (DR).

En juin 1942, René participe à une importante mission ayant pour objectif la destruction d’avions ennemis sur divers aérodromes occupés par les Allemands et les Italiens dans la région de Benghazi, en Libye. Pour cela ils vont obtenir le concours des membres du LRDG (Long Range Desert Group), que l’on surnomme « les rats du désert ». L’opération est globalement une réussite. Une dizaine de ses camarades seront malheureusement faits prisonniers.

La 1ère CIA, de retour en Angleterre en avril 1943, ses hommes suivent plusieurs stages commandos au sein des écoles d’entraînement des SAS. Le 1er juillet, René est affecté à la 2nd compagnie du 1er bataillon d’infanterie de l’air (BIA). En janvier 1944, le 1er BIA est intégré dans le dispositif de l’armée britannique. Les hommes sont envoyés au camp d’Auchinleck, installé au milieu des montagnes écossaises, pour suivre une formation de commando très poussée. En février, René est affecté au 2nd Squadron du « 4 SAS Battalion » (4e SAS). Deux mois plus tard, le « 4e SAS » est déclaré « opérationnel ».

Embarquement à bord de « Short-Stirling Mk IV » (DR).

En mai 1944, un débarquement en France des troupes alliées se précise, le « 4e SAS » sera de la partie. Un parachutage en Bretagne est imminent et, le 27 mai, il est mis au secret au camp de la base RAF de Fairford, située au centre de l’Angleterre, à partir de laquelle il embarquera prochainement. Sa mission aura pour objectif de retarder le plus possible les déplacements des troupes allemandes qui voudront rejoindre la zone du débarquement en Normandie. Il devra procéder à l’installation de deux bases baptisées « SAMWEST » et « DINGSON », où il regroupera le matériel parachuté les jours suivants. Son action sera d’effectuer des sabotages et du harcèlement afin de nuire à l’ennemi, mais aussi de prendre contact avec les maquisards bretons pour les équiper en armement et les former à son usage. Un détachement précurseur embarque le 5 juin pour être parachuté dans la nuit.

René doit attendre le 12 juin pour embarquer. Dans la nuit, treize « Short-Stirling IV » larguent 90 SAS et 250 containers au-dessus de la zone baptisée « Baleine », située près de Plumelec, dans le Morbihan, entre Vannes et Ploërmel. Aussitôt, les hommes rejoignent la base « DINGSON », installée dans la ferme de La Nouette, située près de Saint-Marcel, où ils rejoignent leur chef, le commandant BOURGOIN, parachuté la veille.

Aussitôt, les hommes participent à l’entraînement des maquisards le jour et, la nuit, ils organisent de nombreuses opérations de sabotages pour endommager des voies ferrées, des réseaux électriques et de communications afin de ralentir les déplacements des troupes allemandes vers le front de Normandie.

Le 18 juin, la base « DINGSON » est l’objet d’une importante attaque des Allemands qui ont repéré la présence des parachutistes. Ces derniers évacuent les lieux dans la nuit avant l’encerclement. Dès lors, c’est une véritable chasse aux terroristes qui est lancée sans la moindre pitié par les troupes allemandes, avec le soutien de la Gestapo et de la Milice française de Vichy.

Le 23 juin, René se trouve dans le secteur de la vallée de la Claie.

Il ne le sait pas… aujourd’hui sera son dernier jour de liberté.

SA DISPARITION

Vendredi 23 juin 1944, les Allemands organisent dans la matinée une battue de grande envergure pour dénicher les parachutistes qui sont restés dans le secteur de la vallée de la Claie. Les recherches s’étendent de Plumelec jusqu’à Saint-Marcel.

Paras Français dans le secteur de Saint-Marcel.
Debout à gauche : Jean SERRA et Alphonse GARCIA. Accroupi à gauche Jean BÉGUIN (DR).

René DEJAN et son groupe sont installés dans un fourré à quelques centaines de mètres de la ferme de Talcoëtmeur-d’en-Bas. Leur emplacement est particulièrement bien abrité et camouflé.

Malgré cela, ils sont découverts par l’ennemi. Louis GUÉGAN donne l’ordre à ses hommes de décrocher, tandis qu’il reste avec André GAS pour couvrir leur repli. Pendant qu’ils se camouflent dans les fourrés et se tapissent dans un fossé, les Allemands encerclent le secteur. René, André et quelques autres patriotes se séparent.

René, blessé au pied et au cou, est fait prisonnier et regroupé avec trois autres parachutistes capturés, Jean GARNAVAULT, Pierre THOMAS et Louis GUÉGAN, ces deux derniers grièvement blessés. Ils sont emmenés à Callac puis Sérent et Malestroit, avant d’être conduits à Saint-Marcel pour interrogatoire.

Enfermés dans l’épicerie du bourg qui tient lieu de PC (poste de commandement), ils subissent des tortures et reçoivent des coups pendant plusieurs jours, les Allemands tentant d’obtenir des informations, mais sans résultat. Jean GARNAVAULT sera finalement transféré à la prison de Redon, tandis que Louis GUÉGAN, âgé de 23 ans, Pierre THOMAS, âgé de 23 ans, et René DEJAN, grièvement blessés, laissés sans soins, vont disparaître sans que l’on sache ce qu’ils sont devenus.

Le caporal-chef René DEJAN sera officiellement déclaré « porté disparu » et « présumé décédé » à la date où il a été fait prisonnier le 23 juin. En réalité, il est beaucoup plus probable qu’il soit décédé comme son camarade Louis GUÉGAN vers le 18 juillet 1944.

Il était âgé de 22 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Estimation du lieu de sa disparition dans la région de Saint-Marcel en Morbihan (56).

Pour en savoir davantage sur le parcours de René Dejan, vous pouvez télécharger sa biographie complète au format PDF (prochainement disponible).

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